Un soir, à l’urgence

Auteur : Anne-Marie Montgomery

Ma fille s’était blessée en faisant du vélo de montagne et craignait une fracture au pied. Nous nous sommes donc rendues à l’urgence après ses cours pour vérifier si tel était le cas. Cela n’a pris que sept heures pour voir un médecin, qui a rassuré ma fille en lui disant qu’il ne s’agissait que d’une foulure.

Cela faisait plus de deux ans depuis notre dernière visite à l’urgence. J’avais oublié à quel point cet endroit est un lieu de souffrance. Pendant nos quelques heures d’attente, nous avons vu une femme souffrir d’une fausse couche, plusieurs personnes blessées par divers accidents, d’autres qui souffraient de crises cardiaques ou de troubles respiratoires, et même une jeune ado en menottes accompagnée de trois policiers et de deux ambulanciers.

Chacune de ces personnes souffrait d’une façon importante. Ce que j’ai trouvé de plus pénible dans tout cela, c’était de constater combien d’entre elles souffraient seules…

« T’as pas honte?! »

Cette phrase condamnatrice ne nous a-t-elle pas tous flagellés à un moment ou autre? Ne luttons-nous pas tous contre la honte, ce sentiment désagréable de ne pas être à la hauteur des attentes d’autrui, ou même de nos propres attentes à notre sujet?

La honte se trouverait-elle à la racine de tout manque d’estime de soi?

Tant de choses peuvent devenir sources de honte : un acte destructif que nous regrettons profondément; notre victimisation aux mains des autres; une maladie quelconque; un échec cuisant; une faiblesse ou un manquement dont nous aimerions tant nous trouver délivrés…

Il me semble que la honte prend de plus en plus d'ampleur dans notre société depuis qu’Internet existe. Aujourd’hui, n’importe qui peut afficher nos moindres défauts et méfaits en ligne, aux yeux du monde entier. Et cela peut avoir des effets dévastateurs.

Nous n’avons qu’à songer à toutes ses personnes qui se suicident parce que quelqu’un a affiché en ligne une photo ou un vidéoclip qui leur faisait honte, au point qu’elles ont préféré mettre un terme à leur vie plutôt que de vivre, marginalisées.

« T’as pas honte? » N’est-ce pas le message subliminal de toute annonce publicitaire? « T’as pas honte de faire de l’embonpoint? T’as pas honte de tes vêtements, de tes dents, de tes cheveux, de ta peau, de ta forme physique? T’as pas honte de ta voiture, de ta maison, de tes meubles? T’as pas honte? »

Oui, notre société nous motive par la honte, et ce, constamment. Et cela peut nous anéantir.

Est-ce possible d'être délivrés de cette honte qui nous hante?

La semaine dernière, j’ai regardé un film qui m’a invité à réfléchir à cette question. Il s’agit du film Magdalène, l’histoire de Jésus telle que racontée par Marie de Magdala. Nous y découvrons comment Jésus l’a délivreé de la honte, et comment il peut nous en délivrer aussi. Je vous invite donc à prendre le temps de regarder ce film , en notant surtout la compassion et l'amour étonnants de Jésus pour les personnes les plus marginalisées et seules de son époque…

En voici un clip :

 


Est-ce là la solution à la honte? L’expérience d’une compassion et d’un amour parfaits que nous manifestons alors à notre tour?

Qu’en dites vous?

Voir aussi une étude en ligne:

Libérés de la honte

 

Cela m’a rappelé que chaque personne que je rencontre a son histoire unique. Cela m’a sensibilisé au fait que trop de personnes dans ma ville, mon quartier, ma rue même, souffrent seules… et que cela ne devrait pas être ainsi.

Le lendemain matin, en travaillant à l’ordi, je suis tombée par hasard sur ce court-métrage qui illustre brillamment l’isolement dans lequel trop d’entre nous vivent notre souffrance:

Au cours de la soirée à l’hôpital, ma fille et moi avons pris le temps de sourire à nos voisins solitaires dans la salle d’attente et de dire bonjour. Cela nous a permis d’en rencontrer deux en particulier, d’entendre leur histoire, et je l’espère, de rendre leur temps d’attente moins pénible.Et si nous faisions plus souvent ce petit effort? Si, en souriant aux gens que nous croisons sur la rue, dans les salles d’attente, et ailleurs, nous disions un petit bonjour? Jusqu’où cela pourrait-il nous amener?

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