La joie et la peine, en communauté

Auteur : Anne-Marie Montgomery

gifthealthCe dimanche, à l’église, nous avons appris la naissance du premier-né d’un des couples de notre communauté. Nous nous sommes tous extasiés devant la photo affichée sur l’écran pendant les annonces. Quelle joie de voir enfin cet enfant pour lequel nous avons prié!

Nous célébrons toujours l’arrivée d’un enfant dans notre assemblée. Vers la fin de la grossesse, nous avons un shower de bébé pour aider les parents à accueillir cette nouvelle vie. Cette semaine, certains membres de notre communauté iront visiter les nouveaux parents. Ils leur apporteront des repas. Ils offriront de faire le ménage et de prendre le bébé pendant un temps pour que les parents puissent aller se reposer.

C’est ça la vie en communauté : nous nous réjouissons ensemble, nous nous entraidons, nous nous visitons.

soleil couchantVoilà près d'un mois que je n'ai rien écrit sur ce blogue, car j'ai eu deux réactions allergiques assez sévères ce dernier mois, et le repos s'imposait. Nous avons vécu un Noël et un Jour de l'An tranquille, en famille, à la maison. Pas de voyage, peu d'activités. J'étais épuisée.

Aujourd'hui, j'ai l'impression que je commence une grippe... C'est encourageant, hein?

Je me rends compte que lorsque mon corps souffre beaucoup, j'ai de la difficulté à me concentrer, à lire et à prier. Comment servir Dieu alors que je me trouve dans cet état?

C'est la question que je me posais ce matin, en priant Colossiens 1.9-11 :

Aussi, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous aussi, nous ne cessons de prier Dieu pour vous. Nous lui demandons qu'il vous fasse connaître pleinement sa volonté, en vous donnant, par le Saint-Esprit, une entière sagesse et un parfait discernement. Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d'œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu. Dieu vous fortifiera pleinement à la mesure de sa puissance glorieuse, pour que vous puissiez tout supporter et persévérer jusqu'au bout --- et cela avec joie.



Il y a un peu plus d'une semaine, nous lisions Colossiens dans notre groupe maison, à voix haute, ensemble, d'un trait. Lorsque nous sommes arrivés au dernier verset de cette lettre, les larmes me sont venues aux yeux.

Moi, Paul, je vous adresse mes salutations en les écrivant de ma propre main. Ne m'oubliez pas alors que je suis en prison. Que la grâce de Dieu soit avec vous.



Cette lettre qui encourage et fortifie les chrétiens depuis près de 2000 ans, Paul l'a écrite alors qu'il était en prison. Alors qu'il souffrait. Alors qu'il se trouvait limité dans son corps, enchaîné. Paul a persisté à marcher avec Dieu, peu importe les circonstances de sa vie. Il a prié; il a écrit. Il a aimé une église qu'il n'avait jamais visité.

Il a fait ce qu'il pouvait faire, compte tenu de ses limitations.

Faire ce que je peux faire, compte tenu de mes limitations : c'est ce que Dieu m'enseigne dans ces périodes de faiblesse et de maladie. Parfois, j'ai l'impression que c'est très peu... mais est-ce vraiment le cas?

Peut-être Paul pensait-il que prier et écrire en prison, c'était aussi très peu? Peut-être désirait-il sortir de prison pour reprendre ses voyages missionnaires, son « vrai travail »? Ou peut-être avait-il compris que toutes ses circonstances étaient dirigées par Dieu et que Dieu pouvait l'utiliser autant dans cette situation limitée que lorsqu'il se trouvait en pleine liberté?

Aujourd'hui, nous savons que ce qu'il a écrit en prison a eu un impact plus vaste que tout ce qu'il a accompli en personne pendant ses voyages. Dieu savait ce qu'il faisait en le laissant en prison.

Dieu sait ce qu'il fait en me laissant passer par ces moments de faiblesse.

L'important, pour moi, aujourd'hui, c'est de faire ce que Dieu veut, qu'il s'agisse de peu ou de beaucoup.

L'important, c'est de tout supporter, et de persévérer jusqu'au bout... avec joie.

L'important, c'est de comprendre que parfois, la bonne oeuvre que Dieu a préparée pour moi, c'est le repos, en sa présence, à l'écoute de sa voix...

Mais ce même dimanche matin, nous avons aussi appris le décès d’un des membres de notre communauté. Sa longue lutte contre le cancer était terminée. Il y avait un mois, il jouait encore de la batterie pour le groupe de louange, malgré sa faiblesse et sa douleur. Et voilà qu’il était parti.

Nous pleurons tous son départ. Nous prions pour sa famille. Cette semaine, certains d’entre nous iront visiter la famille, plats en main. Nous irons au salon funéraire pour accompagner la famille et la consoler. Samedi, nous serons là en masse pour la célébration de sa vie, pour ensuite partager ensemble un repas préparé par des femmes de l’assemblée.

C’est ça la vie en communauté : nous pleurons ensemble, nous nous entraidons, nous nous visitons.

Jésus ne nous appelle pas à vivre une spiritualité en solitaire. Il nous appelle plutôt à vivre avec lui et pour lui au sein d’une grande famille, afin que nous puissions avoir de multiples occasions d’aimer et d’être aimés. Je suis si reconnaissante de ce fait, surtout en ces moments de grande joie et de grande peine.

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