La guignolée

Auteur : Anne-Marie Montgomery

Chaque année, juste avant Noël, quelqu’un vient cogner à la porte : c’est la guignolée, une tradition qui remonte de loin, une collecte de denrées et de fonds qui permet aux plus pauvres de participer pleinement aux Fêtes.

C’est une façon tout à fait québécoise de vivre l’entraide en communauté.

L’entraide a joué un rôle important dans l’histoire de notre pays.

soleil couchantVoilà près d'un mois que je n'ai rien écrit sur ce blogue, car j'ai eu deux réactions allergiques assez sévères ce dernier mois, et le repos s'imposait. Nous avons vécu un Noël et un Jour de l'An tranquille, en famille, à la maison. Pas de voyage, peu d'activités. J'étais épuisée.

Aujourd'hui, j'ai l'impression que je commence une grippe... C'est encourageant, hein?

Je me rends compte que lorsque mon corps souffre beaucoup, j'ai de la difficulté à me concentrer, à lire et à prier. Comment servir Dieu alors que je me trouve dans cet état?

C'est la question que je me posais ce matin, en priant Colossiens 1.9-11 :

Aussi, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous aussi, nous ne cessons de prier Dieu pour vous. Nous lui demandons qu'il vous fasse connaître pleinement sa volonté, en vous donnant, par le Saint-Esprit, une entière sagesse et un parfait discernement. Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d'œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu. Dieu vous fortifiera pleinement à la mesure de sa puissance glorieuse, pour que vous puissiez tout supporter et persévérer jusqu'au bout --- et cela avec joie.



Il y a un peu plus d'une semaine, nous lisions Colossiens dans notre groupe maison, à voix haute, ensemble, d'un trait. Lorsque nous sommes arrivés au dernier verset de cette lettre, les larmes me sont venues aux yeux.

Moi, Paul, je vous adresse mes salutations en les écrivant de ma propre main. Ne m'oubliez pas alors que je suis en prison. Que la grâce de Dieu soit avec vous.



Cette lettre qui encourage et fortifie les chrétiens depuis près de 2000 ans, Paul l'a écrite alors qu'il était en prison. Alors qu'il souffrait. Alors qu'il se trouvait limité dans son corps, enchaîné. Paul a persisté à marcher avec Dieu, peu importe les circonstances de sa vie. Il a prié; il a écrit. Il a aimé une église qu'il n'avait jamais visité.

Il a fait ce qu'il pouvait faire, compte tenu de ses limitations.

Faire ce que je peux faire, compte tenu de mes limitations : c'est ce que Dieu m'enseigne dans ces périodes de faiblesse et de maladie. Parfois, j'ai l'impression que c'est très peu... mais est-ce vraiment le cas?

Peut-être Paul pensait-il que prier et écrire en prison, c'était aussi très peu? Peut-être désirait-il sortir de prison pour reprendre ses voyages missionnaires, son « vrai travail »? Ou peut-être avait-il compris que toutes ses circonstances étaient dirigées par Dieu et que Dieu pouvait l'utiliser autant dans cette situation limitée que lorsqu'il se trouvait en pleine liberté?

Aujourd'hui, nous savons que ce qu'il a écrit en prison a eu un impact plus vaste que tout ce qu'il a accompli en personne pendant ses voyages. Dieu savait ce qu'il faisait en le laissant en prison.

Dieu sait ce qu'il fait en me laissant passer par ces moments de faiblesse.

L'important, pour moi, aujourd'hui, c'est de faire ce que Dieu veut, qu'il s'agisse de peu ou de beaucoup.

L'important, c'est de tout supporter, et de persévérer jusqu'au bout... avec joie.

L'important, c'est de comprendre que parfois, la bonne oeuvre que Dieu a préparée pour moi, c'est le repos, en sa présence, à l'écoute de sa voix...

Dans le contexte rural, cela se vivait quotidiennement. Il y avait en premier lieu l’entraide en famille : les tantes, les oncles, les frères et les sœurs, solidaires, veillant les uns sur les autres. Ensuite, il y avait l’entraide réciproque entre voisins. En dernier lieu, si les deux premiers modes ne suffisaient pas, il y avait l’aide paroissiale.

Aujourd’hui, surtout en contexte urbain, une telle entraide spontanée se fait plus rare et plus complexe.

Parfois, nous vivons loin de notre famille.
Parfois, nous ne connaissons pas nos voisins.
Parfois, nous ne faisons partie d’aucune communauté.
Parfois, nous nous retrouvons seuls, isolés.

Mais même en milieu urbain, de multiples occasions de participer à la vie en communauté se présentent à nous. Même si nous ne connaissons personne qui a besoin d’aide, nous pouvons offrir des denrées aux banques alimentaires, des vêtements d’hiver aux sans-abri, des fonds aux maisons d’hébergement. Nous pouvons rendre visite aux gens dans les hôpitaux et les foyers d’accueil. Nous pouvons nous offrir comme bénévoles à ces organismes qui œuvrent si souvent dans l’ombre le reste de l’année. Nous pouvons travailler en groupe pour organiser des activités de collectes de fonds, comme les médias le font chaque année avec leur grande guignolée.

Nous sommes héritiers d’une longue et belle tradition d’entraide…

Continuons la tradition… Découvrons de nouvelles façons de la vivre… Nous en sortons tous gagnants!

Print


Tags: , , ,

Courriel Imprimer

Aucun commentaire

Afficher vos commentaires

Invitation au dialogue

Publicité pour le livre Publicité pour des clips sur Jésus

Visitez Âme Avide sur facebook!

Sondage

Croyez-vous aux récits de la naissance de Jésus trouvés dans la Bible?

  • Oui (57%, 228 Votes)
  • Non (28%, 111 Votes)
  • En partie (8%, 33 Votes)
  • Je ne sais pas (7%, 28 Votes)

Total des votes: 400

Loading ... Loading ...