La guignolée

Auteur : Anne-Marie Montgomery

Chaque année, juste avant Noël, quelqu’un vient cogner à la porte : c’est la guignolée, une tradition qui remonte de loin, une collecte de denrées et de fonds qui permet aux plus pauvres de participer pleinement aux Fêtes.

C’est une façon tout à fait québécoise de vivre l’entraide en communauté.

L’entraide a joué un rôle important dans l’histoire de notre pays.

Je me suis levée avant l’aube samedi dernier, alors que le monde était silencieux et sombre. J’ai descendu l’escalier sans faire de bruit pour ouvrir les rideaux du salon. À la lueur du lampadaire, je voyais la neige tomber doucement au sol. Le gratte-neige n’avais pas déblayé la route : tout était recouvert d’une douce couette blanche.

« Quelle belle journée pour une promenade! », me suis-je dit. Et c’est alors qu’une petite voix intérieure m’a chuchoté : « Pourquoi tarder? Vas-y! » Et donc, je me suis habillée chaudement pour ensuite m’aventurer dans la pénombre de l’aube.

Tranquillité

Un silence inhabituel m’a accueilli. L’air semblait si pur et frais, nouvellement nettoyé comme il l’était par la descente des flocons. Tandis que je me promenais ici et là dans le quartier, le jour s’est levé, transformant les tons bleuâtres de la neige en une douce blancheur. C’était pour moi l’un de ces moments de bien-être intense qui me remplissent d’une joie transcendante. Mon cœur semblait exploser de reconnaissance envers celui qui avait créé un monde si merveilleux. C’était comme si une nouvelle dimension de la beauté de Dieu se présentait à moi.

Avez-vous déjà vécu un tel moment de transcendance, de sorte que vous aviez l’impression d’entrevoir Dieu alors que vous contempliez sa création en vous émerveillant de sa beauté? En ce moment, avez-vous désiré voir cette conscience de Dieu se transformer en une contemplation de plus en plus profonde de sa personne?

C’est le cas pour moi, et ce, depuis ma tendre enfance.

Qu'en est-il pour vous?

À lire aussi : Éveil à la présence de Dieu

Dans le contexte rural, cela se vivait quotidiennement. Il y avait en premier lieu l’entraide en famille : les tantes, les oncles, les frères et les sœurs, solidaires, veillant les uns sur les autres. Ensuite, il y avait l’entraide réciproque entre voisins. En dernier lieu, si les deux premiers modes ne suffisaient pas, il y avait l’aide paroissiale.

Aujourd’hui, surtout en contexte urbain, une telle entraide spontanée se fait plus rare et plus complexe.

Parfois, nous vivons loin de notre famille.
Parfois, nous ne connaissons pas nos voisins.
Parfois, nous ne faisons partie d’aucune communauté.
Parfois, nous nous retrouvons seuls, isolés.

Mais même en milieu urbain, de multiples occasions de participer à la vie en communauté se présentent à nous. Même si nous ne connaissons personne qui a besoin d’aide, nous pouvons offrir des denrées aux banques alimentaires, des vêtements d’hiver aux sans-abri, des fonds aux maisons d’hébergement. Nous pouvons rendre visite aux gens dans les hôpitaux et les foyers d’accueil. Nous pouvons nous offrir comme bénévoles à ces organismes qui œuvrent si souvent dans l’ombre le reste de l’année. Nous pouvons travailler en groupe pour organiser des activités de collectes de fonds, comme les médias le font chaque année avec leur grande guignolée.

Nous sommes héritiers d’une longue et belle tradition d’entraide…

Continuons la tradition… Découvrons de nouvelles façons de la vivre… Nous en sortons tous gagnants!

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