Le mal des mots

Auteur : Anne-Marie Montgomery

« La chose la plus importante en communication, c’est d’entendre ce qui n’est pas dit. »  Peter Drucker

Avez-vous déjà noté à quel point la communication peut s’avérer complexe?

Cette semaine, en réfléchissant à une petite discussion que j’ai eue sur Facebook avec deux personnes athées, j’ai constaté à quel point il m’est facile de mal communiquer.

Nous avions commencé à parler tout simplement, par bribes, de vérité, de foi, et de Dieu. Tranquillement, au fil des messages, j’ai constaté que nous donnions des définitions très différentes à ces termes, et que plus nous nous parlions, moins nous nous comprenions. Très rapidement, la conversation a cessé d’être un dialogue pour devenir plutôt une série de monologues.

soleil couchantVoilà près d'un mois que je n'ai rien écrit sur ce blogue, car j'ai eu deux réactions allergiques assez sévères ce dernier mois, et le repos s'imposait. Nous avons vécu un Noël et un Jour de l'An tranquille, en famille, à la maison. Pas de voyage, peu d'activités. J'étais épuisée.

Aujourd'hui, j'ai l'impression que je commence une grippe... C'est encourageant, hein?

Je me rends compte que lorsque mon corps souffre beaucoup, j'ai de la difficulté à me concentrer, à lire et à prier. Comment servir Dieu alors que je me trouve dans cet état?

C'est la question que je me posais ce matin, en priant Colossiens 1.9-11 :

Aussi, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous aussi, nous ne cessons de prier Dieu pour vous. Nous lui demandons qu'il vous fasse connaître pleinement sa volonté, en vous donnant, par le Saint-Esprit, une entière sagesse et un parfait discernement. Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d'œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu. Dieu vous fortifiera pleinement à la mesure de sa puissance glorieuse, pour que vous puissiez tout supporter et persévérer jusqu'au bout --- et cela avec joie.



Il y a un peu plus d'une semaine, nous lisions Colossiens dans notre groupe maison, à voix haute, ensemble, d'un trait. Lorsque nous sommes arrivés au dernier verset de cette lettre, les larmes me sont venues aux yeux.

Moi, Paul, je vous adresse mes salutations en les écrivant de ma propre main. Ne m'oubliez pas alors que je suis en prison. Que la grâce de Dieu soit avec vous.



Cette lettre qui encourage et fortifie les chrétiens depuis près de 2000 ans, Paul l'a écrite alors qu'il était en prison. Alors qu'il souffrait. Alors qu'il se trouvait limité dans son corps, enchaîné. Paul a persisté à marcher avec Dieu, peu importe les circonstances de sa vie. Il a prié; il a écrit. Il a aimé une église qu'il n'avait jamais visité.

Il a fait ce qu'il pouvait faire, compte tenu de ses limitations.

Faire ce que je peux faire, compte tenu de mes limitations : c'est ce que Dieu m'enseigne dans ces périodes de faiblesse et de maladie. Parfois, j'ai l'impression que c'est très peu... mais est-ce vraiment le cas?

Peut-être Paul pensait-il que prier et écrire en prison, c'était aussi très peu? Peut-être désirait-il sortir de prison pour reprendre ses voyages missionnaires, son « vrai travail »? Ou peut-être avait-il compris que toutes ses circonstances étaient dirigées par Dieu et que Dieu pouvait l'utiliser autant dans cette situation limitée que lorsqu'il se trouvait en pleine liberté?

Aujourd'hui, nous savons que ce qu'il a écrit en prison a eu un impact plus vaste que tout ce qu'il a accompli en personne pendant ses voyages. Dieu savait ce qu'il faisait en le laissant en prison.

Dieu sait ce qu'il fait en me laissant passer par ces moments de faiblesse.

L'important, pour moi, aujourd'hui, c'est de faire ce que Dieu veut, qu'il s'agisse de peu ou de beaucoup.

L'important, c'est de tout supporter, et de persévérer jusqu'au bout... avec joie.

L'important, c'est de comprendre que parfois, la bonne oeuvre que Dieu a préparée pour moi, c'est le repos, en sa présence, à l'écoute de sa voix...

Je ne réfléchis pas toujours au fait que le sens que j’accorde à un mot peut différer beaucoup du sens qu’une autre personne lui accorde.

Prenons le mot Dieu comme exemple. Pour moi, Dieu est un être infini et éternel qui nous aime et qui s’est révélé clairement à nous par la création, notre conscience, sa Parole, son Fils et son Esprit. Il est le Dieu qui vient habiter en nous, qui vient unir sa vie à la nôtre pour que nous puissions le connaître vraiment, comme un enfant connaît son Père. Il existe.

Mais pour ces deux athées, Dieu était un être fictif créé par des hommes qui cherchaient à dominer les autres. Dieu, ce n’était que des dogmes, des lois et des rites tout humains. Dieu n’existait pas.

Donc, lorsque je parlais de Dieu, cela évoquait chez eux une idée très différente de celle que je voulais communiquer. Et cela provoquait aussi des sentiments que je ne voulais point provoquer.

J’ai constaté, trop tard, que bien que nous parlions tous français, lorsque cela venait à Dieu, nous n’avions aucun langage commun.

Cela m’a rappelé un principe de communication que j’avais négligé pendant cette discussion : je n’avais pas pris le temps de découvrir le sens qu’ils accordaient aux mots que j’utilisais.

J’aimerais revoir cette discussion avec eux, prendre le temps de découvrir à fond leur pensée et leur présenter beaucoup plus clairement la mienne. J’espère que ce sera possible, car, à mon avis, il n’y a pas de dialogue plus important qu’un vrai dialogue sur la vérité, la foi et Dieu.

À lire : Apprendre à communiquer

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