La chenille et le papillon

Auteur : Anne-Marie Montgomery

Cela m’avait tellement surprise! Je n’en revenais pas!

J’étais tout jeune enfant. Les arbres de la région étaient infestés de chenilles cet été-là. Il y en avait partout. Et elles me faisaient peur, car elles avaient tendance à me tomber sur la tête lorsque je me promenais en forêt. C’était loin d’être plaisant! Comme je m’en plaignais, ma mère m’a dit, tout calmement : « Attends. Bientôt, ces chenilles deviendront de jolis papillons. »

Des papillons? Comment était-ce possible? Comment ces bestioles rampantes dégoûtantes pouvaient-elles devenir de si belles créatures délicates?

Avouons-le! Nous pourrions tenir une chenille entre nos mains pendant des heures en lui commandant de prendre son envol, et cela n’arriverait jamais. Une chenille ne peut pas voler. Elle ne peut que ramper.

soleil couchantVoilà près d'un mois que je n'ai rien écrit sur ce blogue, car j'ai eu deux réactions allergiques assez sévères ce dernier mois, et le repos s'imposait. Nous avons vécu un Noël et un Jour de l'An tranquille, en famille, à la maison. Pas de voyage, peu d'activités. J'étais épuisée.

Aujourd'hui, j'ai l'impression que je commence une grippe... C'est encourageant, hein?

Je me rends compte que lorsque mon corps souffre beaucoup, j'ai de la difficulté à me concentrer, à lire et à prier. Comment servir Dieu alors que je me trouve dans cet état?

C'est la question que je me posais ce matin, en priant Colossiens 1.9-11 :

Aussi, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous aussi, nous ne cessons de prier Dieu pour vous. Nous lui demandons qu'il vous fasse connaître pleinement sa volonté, en vous donnant, par le Saint-Esprit, une entière sagesse et un parfait discernement. Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d'œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu. Dieu vous fortifiera pleinement à la mesure de sa puissance glorieuse, pour que vous puissiez tout supporter et persévérer jusqu'au bout --- et cela avec joie.



Il y a un peu plus d'une semaine, nous lisions Colossiens dans notre groupe maison, à voix haute, ensemble, d'un trait. Lorsque nous sommes arrivés au dernier verset de cette lettre, les larmes me sont venues aux yeux.

Moi, Paul, je vous adresse mes salutations en les écrivant de ma propre main. Ne m'oubliez pas alors que je suis en prison. Que la grâce de Dieu soit avec vous.



Cette lettre qui encourage et fortifie les chrétiens depuis près de 2000 ans, Paul l'a écrite alors qu'il était en prison. Alors qu'il souffrait. Alors qu'il se trouvait limité dans son corps, enchaîné. Paul a persisté à marcher avec Dieu, peu importe les circonstances de sa vie. Il a prié; il a écrit. Il a aimé une église qu'il n'avait jamais visité.

Il a fait ce qu'il pouvait faire, compte tenu de ses limitations.

Faire ce que je peux faire, compte tenu de mes limitations : c'est ce que Dieu m'enseigne dans ces périodes de faiblesse et de maladie. Parfois, j'ai l'impression que c'est très peu... mais est-ce vraiment le cas?

Peut-être Paul pensait-il que prier et écrire en prison, c'était aussi très peu? Peut-être désirait-il sortir de prison pour reprendre ses voyages missionnaires, son « vrai travail »? Ou peut-être avait-il compris que toutes ses circonstances étaient dirigées par Dieu et que Dieu pouvait l'utiliser autant dans cette situation limitée que lorsqu'il se trouvait en pleine liberté?

Aujourd'hui, nous savons que ce qu'il a écrit en prison a eu un impact plus vaste que tout ce qu'il a accompli en personne pendant ses voyages. Dieu savait ce qu'il faisait en le laissant en prison.

Dieu sait ce qu'il fait en me laissant passer par ces moments de faiblesse.

L'important, pour moi, aujourd'hui, c'est de faire ce que Dieu veut, qu'il s'agisse de peu ou de beaucoup.

L'important, c'est de tout supporter, et de persévérer jusqu'au bout... avec joie.

L'important, c'est de comprendre que parfois, la bonne oeuvre que Dieu a préparée pour moi, c'est le repos, en sa présence, à l'écoute de sa voix...

Mais ma maman avait raison. Bientôt, nos champs se trouvèrent remplis de jolis papillons… et les chenilles devenaient de moins en moins nombreuses. Elles passaient par une métamorphose extrême!

Jésus nous dit que nous pouvons vivre une métamorphose même plus frappante, une métamorphose qu’il décrit comme une nouvelle naissance (Jean 3.1-21).

Des centaines d’années avant sa venue, un prophète juif avait décrit la transformation radicale que Dieu promettait d’opérer en nous :

« Je répandrai sur vous une eau pure,

Afin que vous deveniez purs,

Je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles.

Je vous donnerai un cœur nouveau

Et je mettrai en vous un esprit nouveau,

J’enlèverai de votre être votre cœur dur comme la pierre

Et je vous donnerai un cœur de chair.

Je mettrai en vous mon propre Esprit

Et je ferai de vous des gens qui vivent selon mes lois

Et qui obéissent à mes commandements pour les appliquer. » (Ézékiel 36.25-27)

Si souvent, les commandements de Dieu nous semblent impossibles à suivre. Qui d’entre nous peut dire qu’il a toujours aimé Dieu de tout son être et son voisin comme lui-même? Qui d’entre nous peut dire qu’il n’a jamais entretenu de pensée impure, qu’il a toujours aimé ses ennemis, qu’il n’a fait que le bien envers ceux qui le haïssent?

Avouons-le : ce que Dieu nous demande de faire nous semble impossible — tout aussi impossible que de demander à une chenille de voler! Peut-être voulons-nous le faire… peut-être essayons-nous de le faire… pour découvrir que cela est au-dessus de nos capacités. Nous manquons le but.

Quelqu’un a dit ceci à ce sujet : « Il est tout à fait impossible pour nous de vivre selon les commandements de Dieu. Un seul peut le faire : Jésus-Christ. Mais la Bonne Nouvelle, c’est qu’il veut et il peut le faire en nous. »

Lorsque nous lisons le Nouveau Testament, nous découvrons que Jésus ne nous invite pas à vivre une religion morte fondée sur l’effort humain. Il nous invite plutôt à entrer en relation vivante avec lui, à vivre une union mystique avec lui en accueillant son Esprit en nous. Jésus est venu accomplir la prophétie d’Ézékiel. Il est venu nous purifier et nous laver. Il est venu transformer notre cœur endurci en cœur tendre. Il est venu mettre son Esprit en nous, pour que nous puissions vivre selon ses commandements.

Il est venu faire de nous de nouvelles créatures.

Paul décrit cette métamorphose radicale ainsi : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »(Galates 2.20) Ailleurs, il dit que Christ en nous peut faire au-delà de tout ce que nous pouvons penser ou même imaginer, par sa puissance qui agit en nous (Éphésiens 3.20).

La religion dit ceci : « Chenille, prend ton envol! »

Mais Jésus dit ceci : « Chenille, laisse-moi te transformer en papillon, pour que tu puisses prendre ton envol! »

Et cela fait toute la différence…

À lire aussi : La plénitude de l’Esprit

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