Sans erreur (Un dialogue avec Dieu)

Auteur: Marie-Josée Fortin

—     Oh Seigneur, je voudrais te remercier pour les chants que j’ai entendus ce soir. C’était merveilleux! Je voudrais tellement avoir une voix comme cette chanteuse; je pourrais te louer tout le temps!

—     J’aime bien ta voix comme elle est.

—     Oh! … c’est vrai? Mais on dirait un croassement de grenouille lorsque j’essaie de chanter.

—     J’aime aussi le chant des grenouilles, je les ai créées après tout.

—     Mais si j’avais un don pour le chant, ce serait si facile de chanter pour toi. Ou si j’avais le don d’enseignement, je pourrais encourager les gens à te suivre!

—     J’ai déjà des gens qui font cela pour moi. Et si je t’avais offert ces dons, tu ne serais plus tout à fait toi-même. Tu serais différente.

—     Mais ce ne serait pas une mauvaise chose si j’étais encore mieux!

—     Pourtant, tout a été orchestré pour que tu sois qui tu es. Ton arrière-grand-père a perdu son emploi pour qu’il déménage et que tes grands-parents se rencontrent. Ta mère a décidé de faire des études d’infirmière et cela lui a permis de soigner celui qui est devenu ton père. Et lors de ta conception, tout avait été décidé : la couleur de tes yeux, la tache de naissance sous ton gros orteil, et tous les autres détails qui font la merveilleuse créature que tu es.

—     Mais pourquoi m’avoir créé avec tous ces défauts? Je n’ai aucun talent précis pour faire quoi que ce soit. N’est-ce pas injuste que certaines personnes semblent avoir reçu des dons si merveilleux? Et ils peuvent même te servir avec ces dons… Pourquoi pas moi? Est-ce que je n’en valais pas la peine?

—     Alors même que je créais la terre et les cieux, je te connaissais et je voulais que tu sois ainsi. N’oublie pas que je suis Dieu, JE NE FAIS PAS D’ERREUR! Tu es exactement comme je l’avais prévu. Même ton insécurité est un cadeau de ma part.

—     Mon insécurité est un don? Quelle sorte de don?

—     C’est un cadeau qui a provoqué cette conversation. Si je t’avais donné le don du chant ou de l’enseignement, tu ne serais pas venu vers moi pour me les demander.

—     Et c’est ce que tu voulais?

—     Ce que je désire, c’est que tu me connaisses et que tu me cherches. Je désire t’aimer et que tu te saches aimée. Ce que j’ai offert aux autres est entre eux et moi, et ce que je t’ai offert est entre toi et moi. Tout ce qui te serait ajouté ou retranché diminuerait mon œuvre. Je t’ai offert tout ce qui est nécessaire pour me servir et venir vers moi. Je t’aime telle que tu es… et je serai là pour te le rappeler aussi souvent que ce sera nécessaire.

« C’est toi qui as formé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables. » Psaume 139.13-14a

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