Le vol de la mésange

Auteur: Marie-Josée Fortin

Avez-vous déjà vu une mésange voler? C’est un petit oiseau blanc et gris avec des bandes noires de chaque côté de la tête qui vole comme un acrobate. La mésange ne vole pas en ligne droite; elle semble se promener dans les airs sans le moindre effort en faisant tous les zigzags possibles. Elle semble ignorer que la distance la plus courte entre deux points est une ligne droite.

Parfois je regarde une mésange voler avec envie, car je souffre de troubles de santé qui me ralentissent beaucoup. Certaines journées, le moindre déplacement est pénible et je compte mes pas. Marcher en faisant des zigzags est un luxe que je ne me permets pas souvent.

Lors de ces journées, je m’interroge parfois sur l’utilité de la maladie. Bon, d’accord, j’apprends beaucoup sur la compassion envers les autres, la patience, l’humilité et la dépendance. J’appelle ça un « état d’apprentissage ». Mais parfois, je trouve que j’en ai assez appris. Je me demande ce que Dieu peut bien avoir à me dire de plus après toutes ces années. Et lorsque ça fait trop mal de pleurer, on se demande à quoi ça sert tout ça. Après tout, qui veut devenir un spécialiste de ce genre de choses? Est-ce que je ne pourrais pas apprendre autre chose?

Et pourtant, au milieu de ce nuage noir, le Seigneur se tient tout près, tout, tout près. Parfois, il envoie un petit rayon de soleil pour percer la brume pour me dire à nouveau qu’il dirige tout. Parfois, il attend que mon corps se repose un peu pour me rappeler que rien n’est inutile. Et toujours, il est patient avec moi lorsque je refuse d’accepter sa volonté pour une millième fois et que je bouille d’indignation en criant à l’injustice.

Lorsque je baisse les bras de découragement, c’est à ce moment que je peux mieux voir que je n’ai pas à être forte. C’est Dieu qui est ma force et qui m’en convainc petit à petit. C’est comme cela qu’il sait que j’apprends; ma souffrance devient par lui ma force et ma santé devient « un état d’apprentissage ».

Est-ce que j’y changerais quelque chose? Bien des journées je répondrais que oui. Mais quand je pense à sa patience pour moi, sa constance pour m’aider à me relever, j’hésite. Et lorsque je vois Dieu me soutenir de tant de façons, je réponds non. Je choisis d’accepter l’apprentissage et de croire que Dieu sait ce qui est le meilleur chemin pour moi, aussi difficile soit-il. « Oui, je lui demande de vous rendre forts par son Esprit, tellement sa gloire est grande. Ainsi, vous pourrez être des chrétiens solides » (Éphésiens 3.16).

Aujourd’hui, je choisis d’accepter à nouveau l’état de ma santé. Il faudra peut-être tout recommencer demain, mais je compte sur la puissance de Dieu pour y arriver.

Et un jour, au Ciel, on verra quelqu’un se promener en faisant tous les zigzags imaginables! Si vous m’y voyez zigzaguer, venez me dire bonjour! Cela me fera plaisir de vous rencontrer.

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