À chaque jour suffit sa peine

Auteur : Anne-Marie Montgomery

soleil couchantVoilà près d’un mois que je n’ai rien écrit sur ce blogue, car j’ai eu deux réactions allergiques assez sévères ce dernier mois, et le repos s’imposait. Nous avons vécu un Noël et un Jour de l’An tranquille, en famille, à la maison. Pas de voyage, peu d’activités. J’étais épuisée.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que je commence une grippe… C’est encourageant, hein?

Je me rends compte que lorsque mon corps souffre beaucoup, j’ai de la difficulté à me concentrer, à lire et à prier. Comment servir Dieu alors que je me trouve dans cet état?

C’est la question que je me posais ce matin, en priant Colossiens 1.9-11 :


« T’as pas honte?! »


Cette phrase condamnatrice ne nous a-t-elle pas tous flagellés à un moment ou autre? Ne luttons-nous pas tous contre la honte, ce sentiment désagréable de ne pas être à la hauteur des attentes d’autrui, ou même de nos propres attentes à notre sujet?


La honte se trouverait-elle à la racine de tout manque d’estime de soi?


Tant de choses peuvent devenir sources de honte : un acte destructif que nous regrettons profondément; notre victimisation aux mains des autres; une maladie quelconque; un échec cuisant; une faiblesse ou un manquement dont nous aimerions tant nous trouver délivrés…


Il me semble que la honte prend de plus en plus d’ampleur dans notre société depuis qu’Internet existe. Aujourd’hui, n’importe qui peut afficher nos moindres défauts et méfaits en ligne, aux yeux du monde entier. Et cela peut avoir des effets dévastateurs.


Nous n’avons qu’à songer à toutes ses personnes qui se suicident parce que quelqu’un a affiché en ligne une photo ou un vidéoclip qui leur faisait honte, au point qu’elles ont préféré mettre un terme à leur vie plutôt que de vivre, marginalisées.


« T’as pas honte? » N’est-ce pas le message subliminal de toute annonce publicitaire? « T’as pas honte de faire de l’embonpoint? T’as pas honte de tes vêtements, de tes dents, de tes cheveux, de ta peau, de ta forme physique? T’as pas honte de ta voiture, de ta maison, de tes meubles? T’as pas honte? »


Oui, notre société nous motive par la honte, et ce, constamment. Et cela peut nous anéantir.


Est-ce possible d’être délivrés de cette honte qui nous hante?


La semaine dernière, j’ai regardé un film qui m’a invité à réfléchir à cette question. Il s’agit du film Magdalène, l’histoire de Jésus telle que racontée par Marie de Magdala. Nous y découvrons comment Jésus l’a délivrée de la honte, et comment il peut nous en délivrer aussi. Je vous invite donc à prendre le temps de regarder ce film, en notant surtout la compassion et l’amour étonnants de Jésus pour les personnes les plus marginalisées et seules de son époque…


En voici un clip :


 


Est-ce là la solution à la honte? L’expérience d’une compassion et d’un amour parfaits que nous manifestons alors à notre tour?

Qu’en dites vous?

Voir aussi une étude en ligne:

Libérés de la honte

 

Aussi, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous aussi, nous ne cessons de prier Dieu pour vous. Nous lui demandons qu’il vous fasse connaître pleinement sa volonté, en vous donnant, par le Saint-Esprit, une entière sagesse et un parfait discernement. Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d’œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu. Dieu vous fortifiera pleinement à la mesure de sa puissance glorieuse, pour que vous puissiez tout supporter et persévérer jusqu’au bout — et cela avec joie.

Il y a un peu plus d’une semaine, nous lisions Colossiens dans notre groupe maison, à voix haute, ensemble, d’un trait. Lorsque nous sommes arrivés au dernier verset de cette lettre, les larmes me sont venues aux yeux.

Moi, Paul, je vous adresse mes salutations en les écrivant de ma propre main. Ne m’oubliez pas alors que je suis en prison. Que la grâce de Dieu soit avec vous.

Cette lettre qui encourage et fortifie les chrétiens depuis près de 2000 ans, Paul l’a écrite alors qu’il était en prison. Alors qu’il souffrait. Alors qu’il se trouvait limité dans son corps, enchaîné. Paul a persisté à marcher avec Dieu, peu importe les circonstances de sa vie. Il a prié; il a écrit. Il a aimé une église qu’il n’avait jamais visité.

Il a fait ce qu’il pouvait faire, compte tenu de ses limitations.

Faire ce que je peux faire, compte tenu de mes limitations : c’est ce que Dieu m’enseigne dans ces périodes de faiblesse et de maladie. Parfois, j’ai l’impression que c’est très peu… mais est-ce vraiment le cas?

Peut-être Paul pensait-il que prier et écrire en prison, c’était aussi très peu? Peut-être désirait-il sortir de prison pour reprendre ses voyages missionnaires, son « vrai travail »? Ou peut-être avait-il compris que toutes ses circonstances étaient dirigées par Dieu et que Dieu pouvait l’utiliser autant dans cette situation limitée que lorsqu’il se trouvait en pleine liberté?

Aujourd’hui, nous savons que ce qu’il a écrit en prison a eu un impact plus vaste que tout ce qu’il a accompli en personne pendant ses voyages. Dieu savait ce qu’il faisait en le laissant en prison.

Dieu sait ce qu’il fait en me laissant passer par ces moments de faiblesse.

L’important, pour moi, aujourd’hui, c’est de faire ce que Dieu veut, qu’il s’agisse de peu ou de beaucoup.

L’important, c’est de tout supporter, et de persévérer jusqu’au bout… avec joie.

L’important, c’est de comprendre que parfois, la bonne oeuvre que Dieu a préparée pour moi, c’est le repos, en sa présence, à l’écoute de sa voix…

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