L’anxiété en héritage

Auteur: Nathalie Peatier

J’ai reçu l’anxiété en héritage. Ma mère vivait dans une crainte perpétuelle. Elle ne s’inquiétait pas tant pour elle que pour ses enfants. Quand j’étais jeune, cela m’amusait, m’exaspérait et me pesait tour à tour. Je ne me doutais pas alors qu’un jour je devrais lutter contre ce fléau. Avec les années, l’insouciance de ma jeunesse s’est émoussée. La vie ne s’est pas déroulée comme je le pensais. Comme tout le monde, j’ai eu mon lot d’épreuves, de déceptions et de surmenage.

Bref, je me suis réveillée un matin (enfin, je ne sais pas si le mot « réveillé » est bien choisi étant donné que j’enchaînais les nuits blanches) sans autre choix possible que d’avaler un petit cocktail d’anxiolytiques et d’antidépresseurs. J’avais toujours refusé cette solution, mais il était désormais question de vie ou de mort : au vu de mes résultats cardiaques (sans parler du reste), le médecin me prédisait un infarctus plus ou moins proche.

Le soulagement vint enfin et je commençais à apprécier ce « bouclier » chimique qui me permettait d’aborder la vie de manière plus sereine.

Et ma foi dans tout ça? Eh bien, elle était cahotante. Dieu me paraissait bien loin et sa bonté, encore plus. Je ne culpabilisais cependant pas d’avoir recours aux médicaments : j’avais conscience d’avoir pendant des années porté une charge de travail et de stress émotionnel bien au-delà de ce dont j’étais capable. Tout comme on ne peut s’attendre à ce qu’une personne normale porte un poids de trois cents kilos en permanence sans aide extérieure, je comprenais bien que j’avais besoin d’aide pour porter la charge émotionnelle qui m’écrasait.

Le bon côté de cette descente aux enfers est que cela m’a forcé à faire des choix de vie : j’ai fait du ménage dans mon emploi du temps, j’ai choisi une autre voie professionnelle, j’ai appris à dire « non », j’ai éliminé des relations toxiques.
Par la grâce de Dieu, et grâce à la prière d’amis chrétiens, j’ai vécu un renouveau de ma foi et retrouvé la joie. Peu après, j’ai décidé d’arrêter mon traitement (sevrage à ne faire que sous suivi médical!). Cela a été difficile par moment, mais portée par ma foi et mon enthousiasme, je m’en suis plutôt bien sortie. J’étais heureuse d’être débarrassée de ce traitement médicamenteux et des effets secondaires désagréables. Je pensais avoir fait le plus dur. Je me trompais.

Bien que j’ai changé beaucoup de choses, j’ai petit à petit réalisé que ma vie n’était pas non plus devenue un long fleuve tranquille. Je me suis battue. Je me suis accrochée à Jésus-Christ, que j’avais redécouvert, et j’ai compris petit à petit certaines vérités : un jour que je priais qu’il me donne sa paix, j’ai réalisé qu’il me l’avait donné depuis très longtemps : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point » me disait-il dans Jean 14 : 27. Sa paix était là, disponible. C’était moi qui ne m’en saisissais pas et qui, au lieu de lutter pour ça, continuais à pleurnicher pour qu’il me donne ce qu’il m’avait déjà donné, comme un bagnard dont on aurait fait sauter le cadenas qui ferme ses chaînes, mais qui pense toujours être prisonnier.

Mes prières ont dû changer : j’ai demandé pardon, j’ai remercié Dieu pour ce cadeau et je lui ai demandé de m’aider à m’en saisir. Il a fallu persévérer, me battre contre mon penchant naturel, mais ma vie s’en est trouvée transformée, car il a répondu. J’ai pris conscience cependant de ma vulnérabilité. Étant ce que je suis, je ne pouvais vivre sans lui, sans sa parole, sans ses promesses, sans ses bénédictions. Il est la source de vie. Je l’avais entendu dire depuis longtemps, mais cette vérité prenait soudain tout son sens pour moi. Je la vivais dans mon corps et dans mon âme. Je prends soin désormais de lire la Bible et de passer du temps dans la prière, non parce que je le dois, mais parce que je ne peux vivre sans Jésus. Tout comme je prends soin de nourrir mon corps à chaque repas, je prends soin de nourrir mon esprit au quotidien.

Alors oui, comme beaucoup, j’ai reçu l’anxiété en héritage, mais ce n’est pas une fatalité. Ce cadeau empoisonné a été pour moi l’occasion de voir Dieu à l’œuvre dans ma vie et de grandir dans sa connaissance. C’est une bataille à mener qui en vaut la peine.

« Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose, faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.  Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. »

Lecture conseillée : « Libérés de nos peurs » de Neil Anderson et Rich Miller.

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