Agression passée : d’où me viennent ces sentiments?

Auteur: Barbara Wilson

Il se peut que vous meniez une lutte depuis des années contre des émotions que vous n’arriviez pas à comprendre ou à expliquer. L’agression sexuelle d’un enfant peut influencer ses sentiments comme adulte. Voici quelques effets possibles :

Se voir comme responsable de sa victimisation : lorsqu’un enfant subit un traumatisme, il a tendance à croire qu’il en est responsable parce qu’il se trouve à un stade de développement égocentrique. Il est très important que l’enfant vienne à comprendre qu’il n’est nullement responsable de sa victimisation. Cependant, l’agression sexuelle réduit la victime au silence. L’enfant agressé vit une honte qui demeure silencieuse et secrète. Il vient alors à croire que sa voix, son opinion et sa personne ne comptent pas.

Impuissance : L’enfant victime d’agression se sent impuissant. Cela peut nuire à son image de soi. Ce sentiment d’impuissance peut persister jusqu’au stade adulte, et cela peut rendre la personne apte à devenir victime de nouveau. Le sentiment d’impuissance lié à l’agression sexuelle peut donner l’impression à la victime qu’elle n’est pas maître de son propre corps. Elle peut même croire que tout le monde a droit à son corps. Cela peut produire un manque de soin pour sa sécurité physique qui peut se traduire par une sexualité déréglée ou une victimisation répétée.

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Le deuil et la méfiance : L’enfant agressé ne se sent pas en sécurité parce que les adultes qui en avaient la charge ne l’ont pas protégé. La méfiance provoquée par cette trahison affecte profondément le développement de l’enfant. Le monde devient pour lui un endroit menaçant sur lequel il n’exerce aucun pouvoir. Souvent, un tel enfant vient à croire qu’il ne mérite pas mieux que le traitement traumatisant qu’il subit.

La stigmatisation : L’enfant agressé se sent stigmatisé.  Il se sent aliéné et honteux — mis à part, différent des autres. Il peut ressentir le besoin continu d’être accepté des autres pour être bien dans sa peau. L’agression le laisse avec des sentiments d’impuissance, de honte, de méfiance, de culpabilité, de colère et de deuil.

Érotisation : À cause de l’agression qu’il a vécue, l’enfant peut croire que sa valeur vient surtout du fait qu’il est un être sexuel. Il cherchera alors à faire subir à lui-même ou aux autres ce qu’on lui aurait fait subir.

Comportement destructif : L’enfant agressé peut souffrir d’un trouble de contrôle des impulsions, en manifestant divers comportements destructifs à son égard et à l’égard des autres. Cela peut inclure l’agression, des accès de colère, des troubles alimentaires, l’automutilation, des dépendances chimiques et la toxicomanie.

Manque d’attachement : L’attachement est nécessaire à la survie. Il est donc compréhensible qu’une incapacité à s’attacher menace la vie et le bien-être d’un enfant. L’enfant victime d’agression sexuelle a de la difficulté à établir et à approfondir ses relations. Il a de la difficulté à se fier aux autres, à établir des limites saines et à s’affirmer. Il est crucial qu’un enfant agressé se sente en sécurité dans un contexte sûr qui lui permet de vivre des relations saines.

L’agression sexuelle affecte nos facultés intellectuelles de quatre façons :

Une pensée double : L’agression impose à l’enfant deux pensées contradictoires et simultanées. Pour que l’enfant survivre à l’agression, il a besoin d’absoudre de tout méfait les adultes qui prennent soin de lui pour qu’il puisse continuer à se sentir aimé et en sécurité. D’un côté, il se dit qu’il ne peut s’échapper de la situation, et de l’autre, il se dit que tout ira mieux demain. Sa pensée est divisée de telle sorte que deux pensées contradictoires peuvent lui paraître toutes aussi vraies l’une que l’autre.

La dissociation : L’enfant survie à l’agression en faisant appel au reniement, à la répression ou à la dissociation. La fragmentation et la dépersonnalisation le protègent d’émotions écrasantes liées à l’agression.

Une perte de mémoire : L’enfant peut refouler ses souvenirs de l’agression en les stockant dans l’hémisphère droit de son cerveau, de telle sorte qu’il ne peut pas s’en souvenir ou ne peut pas décrire l’agression verbalement.

Le mensonge et la vérité : L’agression sexuelle affecte notre pensée en nous faisant croire des mensonges. Pour en guérir, nous devons démasquer ces mensonges à la lumière de la vérité de Dieu.

L’agression sexuelle endommage l’esprit, et surtout la capacité à exercer la foi. Il est très difficile de trouver des réponses satisfaisantes à des questions telles que : « Comment un Dieu d’amour peut-il permettre une telle atrocité? » Le doute est alors semé dans l’esprit de la victime, qui peut venir à croire que Dieu n’existe pas, ou que s’il existe, il n’est pas assez puissant pour vaincre le mal. Soit il n’est pas un Dieu d’amour, soit il n’aime pas la victime.

L’agression sexuelle brime l’espoir. Souvent, la victime d’agression sexuelle vit sans espoir aux autres, en elle-même  ou en l’avenir. Vivre sans espoir, c’est vivre dans un désespoir sombre et solitaire.

Trouvez-vous que cette liste vous décrit? Si oui, vous n’êtes pas seul et vous n’êtes pas fou. Vos sentiments sont réels. L’agression sexuelle d’un enfant est un traumatisme important qui affecte l’être entier : le corps, les émotions, la pensée et l’esprit. Mais il y a une bonne nouvelle. Il est possible de guérir des mensonges et des effets nuisibles de l’agression pour vivre libre de toute honte et de tout tourment qui a persisté jusqu’à aujourd’hui.

Cet article fait partie d’une série d’articles sur l’agression sexuelle:

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