Question : Je regrette mon avortement

Que faire de mon sentiment de culpabilité et de honte?

Réponse de l’un de nos mentors : J’aimerais premièrement te dire que tu n’es pas seule à te sentir ainsi. Certaines études montrent que toutes les femmes qui ont subi un avortement en souffrent tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre : « Immédiatement après l’avortement, elles sont généralement soulagées d’avoir trouvé une “solution” à la crise qu’elles viennent de traverser. Mais peu à peu, le soulagement fait place aux troubles. Ces troubles sont insidieux : perte de l’estime de soi, culpabilité, troubles de l’appétit, anxiété, insomnies, cauchemars sur leur bébé qui les hait ou qui les appelle au secours, dépression parfois, capacité moindre à aimer, à se soucier des autres, une sorte de détachement qui commence à un niveau inconscient […] Le refus de reconnaître ses troubles psychologiques peut durer des dizaines d’années avant que la femme n’en prenne conscience. Par ailleurs, la société, le corps médical interdisent l’expression de cette souffrance. Les femmes savent inconsciemment qu’elles n’ont pas à en parler, que leur douleur est socialement inacceptable[i].»

Pourquoi ces troubles se manifestent-ils après un avortement?

Aussitôt que nous découvrons que nous sommes enceintes, nous nous disons : « Je vais avoir un bébé! » Parfois, la joie accompagne cette constatation. Mais parfois, c’est plutôt un sentiment de crainte ou d’anxiété qui nous envahit à cette nouvelle. Quelle que soit notre réaction, nous savons, au plus profond de nous-mêmes, qu’une nouvelle vie se développe en nous — un petit garçon ou une petite fille va naître d’ici quelques mois.

En passant par un avortement, nous mettons fin à tout cela. La petite fille ou le petit garçon que nous avons entrevu en pensée, ne serait-ce que pendant quelques heures ou quelques semaines, ne verra jamais le jour. Tout avortement est donc du même coup un deuil. Mais nous ne nous accordons pas toujours la liberté de vivre ce deuil. Souvent nous étouffons nos sentiments, car nous les trouvons trop pénibles à supporter. Nous nions la portée de notre décision, en disant qu’il ne s’agissait que de l’ablation d’une masse informe, alors qu’au plus profond de nous-mêmes, nous savons qu’il s’agissait de beaucoup plus que cela.

C’est la raison pour laquelle tôt ou tard, la honte et la culpabilité nous envahissent. Il s’agit d’une réaction tout à fait naturelle. Notre conscience nous dit que nous avons mis fin à la vie de notre enfant, et nous ne pouvons plus la faire taire.

C’est alors que nous nous demandons comment faire pour nous libérer de la honte et de la culpabilité liées à cet acte passé. Nous ne pouvons pas retourner en arrière pour choisir autrement; nous ne pouvons pas redonner vie à cet enfant. Alors, que pouvons-nous faire?

La seule voie possible de guérison est le pardon.

Il est facile de se dire qu’il faut se pardonner, mais comment arrive-t-on à se pardonner un acte que l’on regrette, sans nier l’acte, ni en minimiser les effets? Où peut-on trouver la capacité de se pardonner vraiment?

Certaines femmes, je dirais même beaucoup de femmes, ont trouvé le pardon en se tournant vers Jésus. Elles ont trouvé en lui non seulement le pardon parfait de Dieu pour tout ce qu’elles ont fait de mal, mais aussi la capacité de se pardonner elles-mêmes et de pardonner à tous ceux qui ont participé de loin ou de près à cet avortement.

C’est ce qu’explique Carole, dans ce résumé de son cheminement vers le pardon et la guérison, Des larmes à la victoire . En suivant le processus qu’elle a suivi, tu peux aussi te trouver libérée de la honte et de la culpabilité et retrouver la paix, la joie et l’amour que Dieu déverse dans le cœur de toute personne qui accueille pleinement sa grâce, comme l’explique cet article, La voie de la joie.

Je n’offre ici aucune recette miracle, mais plutôt un processus à long terme qui consiste à accueillir Jésus dans son cœur, à se fier à son pardon, à faire le deuil de notre enfant, à cesser de vouloir se punir pour plutôt accepter de se pardonner et de pardonner à toute autre personne qui a participé à cet acte, pour ensuite remettre son bébé entre les mains de Dieu, en sachant que Dieu l’a accueilli. C’est un cheminement qui se fait avec d’autres personnes qui sauront refléter l’amour, le pardon et la compassion de Dieu. Si tu le veux, tu peux envoyer une lettre à notre centre de mentorat pour qu’un mentor t’accompagne tout au long de ce cheminement pour te rappeler continuellement l’amour, le pardon et la compassion de Dieu.

Il est possible de se trouver entièrement restauré et guéri d’un avortement passé. Jésus veut te guérir et te restaurer. N’hésite donc pas à te tourner vers lui pour trouver en lui la paix, le pardon, et la joie.

Amicalement,

A

 


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