De la passion à l’amour véritable

Auteur: JP et Sandrine

La passion : c’est le mot qui résume notre relation dès le départ. Vivre un amour passionnel fait rêver beaucoup de personnes. Pourtant, la passion est véritablement destructrice.

Autant on peut s’aimer, autant on peut se détester. Et autant on peut se faire du mal et se détruire mutuellement. De l’avis de spécialistes, une relation ne survit pas à la passion. Ne parle-t-on pas d’ailleurs de crime passionnel?

Oui, en quelque sorte avec JP, nous avons été coupables de crime passionnel l’un envers l’autre.

Nous étions si jeunes quand nous nous sommes connus : 15 et 16 ans.

Nous venions de familles très dysfonctionnelles.

Cela faisait 3 ans que la mère de JP s’était suicidée quand je l’ai rencontré.

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Son père était alcoolique et violent. Il avait battu sa femme et ses enfants. Alors un jour elle n’avait plus supporté tout cela, abandonnant la vie et ses enfants aux mains de cet homme.

Même après cela, le père de JP avait continué de le maltraiter. Il a passé des nuits entières dehors, s’est vu casser des bouteilles sur la tête, arrosé de litres de produits toxiques… Mais à 16 ans, il commençait à ne plus se laisser faire, et cela dégénérait en véritables bagarres. Je me souviens de la première d’entre elles : elle eut lieu le jour où son père avait voulu s’en prendre physiquement à moi.

Mes parents ne s’entendaient pas d’aussi loin que je m’en souvienne. Mon père avait-il même aimé ma mère au départ? Ils s’étaient mariés très jeunes alors que ma mère m’attendait, une grossesse non désirée. J’avais été confiée à mes grands-parents dés ma naissance pour que tous deux finissent leurs études, et bien que je sois retournée vivre avec eux vers l’âge de 2 ans, la relation ne s’est jamais établie ni avec l’un, ni avec l’autre.

Si mon père m’ignorait, ma mère usait de violence psychologique sur moi. J’ai grandi en entendant ces mots : « J’aurais été plus heureuse sans toi. » « On ne se serait pas mariés avec ton père si je n’étais pas tombée enceinte. Ça a gâché ma vie »; « Tu as toujours pourri ma vie, et tu la pourriras jusqu’au bout ». J’étais persuadée que mes parents ne m’aimaient pas. Pourtant, je faisais tout pour être une enfant modèle : obéissante, serviable, polie, excellente élève. Je croyais sans doute pouvoir monnayer leur amour. Mais à l’évidence, cela n’avait eu aucun effet.

Au cours de mes 10 premières années, j’ai également subi des attouchements sexuels de la part d’un membre de ma famille. Plus tard, j’appris que ma mère avait elle-même été victime de cette personne. Malgré tout, elle m’avait laissé en sa présence!

Je ne connaissais aucune limite de ce qui est acceptable ou non, ni aucune notion de ce qu’est le respect. Mon corps et mon esprit avaient été maltraités si souvent. J’avais été comme abandonnée, et ce sentiment m’habitait en permanence.

Alors avec JP, nous étions des jeunes malmenés, victimes de maltraitances. Un seul espoir nous habitait : un avenir meilleur. Nous avions tous deux un tel besoin d’amour, un tel besoin d’amour vrai et inconditionnel!

Dés que nous nous sommes rencontrés, l’amour a été si fort que nous savions que plus jamais nous n’allions nous séparer. Et comme pour éprouver la force de cet amour, comme pour nous rassurer sur le fait que quoi qu’il arrive, nous ne nous abandonnerions jamais l’un l’autre, nous nous sommes fait les pires choses.

Nous nous sommes hurlés dessus, insultés, trompés, humiliés, et la violence a vite pris sa place au sein de notre couple. Parfois, les mots étaient pires encore que les coups. Sans cesse nous allions plus loin dans la peine que nous nous infligions l’un à l’autre.

Ce n’est ni la passion qui fait rêver, ni l’amour inconditionnel dont nous avions besoin. Il était si fort cet amour, mais si violent aussi. Nous ne pouvions nous séparer, mais nous nous détruisions.

Puis il y a eu ce drame : le père de JP a tiré sur lui sous mes yeux. Pendant plusieurs jours, il était entre la vie et la mort. Tout s’effondrait autour de moi. Les semaines qui suivirent, je perdais pied complètement. Je n’avais plus que le désir que tout s’arrête : que pouvait encore m’offrir la vie?

JP a survécu, et moi aussi. Survivre est bien le mot.

J’avais 17 ans. Après tout juste deux mois, j’ai appris que j’étais enceinte. En apprenant cette grossesse, j’étais réellement heureuse : je pensais que la vie m’offrait le plus merveilleux des cadeaux. Avec cet enfant, je trouverais certainement l’amour que j’attendais de vivre, l’amour inconditionnel que je cherchais. Mais rapidement, soumise à des pressions de toutes parts, craignant de me retrouver une nouvelle fois abandonnée, à la rue même, j’ai pris la décision contre tout ce que me dictait mon cœur de me faire avorter. Ce faisant, en tuant ce bébé, je tuais aussi le dernier espoir qui m’accrochait à la vie.

S’en est suivi une encore plus profonde chute dans le puits de la douleur, une dépression, et le désir de plus en plus présent en moi de mourir. Je tentais de m’ouvrir les veines. Je ne survivais plus. Maintenant, j’avais arrêté de me battre, je suffoquais, je me noyais. Je mourrais sans pourtant que jamais tout cela ne cesse. Cela a duré des mois.

C’est là que je l’ai rencontré, l’Amour inconditionnel. Il était parfait, sans aucune violence. Cet Amour-là ne me détruisait pas, mais il se sacrifiait lui-même pour moi afin que je vive. Ce sacrifice par amour ne provoquait ni la tristesse ni la douleur, mais la joie, la paix, une vie nouvelle. L’espoir !

La Bible dit : « En ceci, Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. À bien plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, serons-nous sauvés par sa vie. » Romains. 5 8-10.

Le Christ, Jésus, a dit lui même : « Moi, je suis venu afin que mes brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance. Moi, je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis… Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même. » Jean 10. 10-11, 18.

Dieu est Amour. Ce n’est pas juste qu’il connaît l’amour, ou qu’il donne de l’amour : il EST Amour.

JP aussi l’a rencontré, et nous sommes passés ensemble de l’horreur à La Vie.

C’était il y a 20 ans maintenant. Comment notre couple a pu survivre à tout cela? Tant de mal avait été fait, tant de mots avaient été dits. Tant de reproches pouvaient être formulés et nous conduire à nous détester et à nous séparer.

Nous n’avons pas changé instantanément du tout au tout par la rencontre de Jésus Christ. C’est plutôt comme une graine qui a été plantée dans notre cœur : d’abord, il y a eu une croissance rapide, fulgurante même, qui a ôté beaucoup de ce qu’il y avait de plus noir en nous. Mais cette graine continue de croître bien plus lentement aujourd’hui afin de parfaire son œuvre.

Notre amour était tordu, il avait besoin d’être rétabli dans ce qu’est le véritable l’amour. Quel meilleur moyen pour y parvenir que d’être à l’école de l’Amour inconditionnel et parfait, qui nous donne son exemple seconde après seconde? Il n’y a pas de passion destructrice dans cet amour-là, mais un amour profond, sans faille, et sans fin.

Ce que Dieu dans sa grâce nous a permis de découvrir, c’est avant tout que rien n’est impossible avec lui. Jamais nous n’aurions dû rester ensemble. Jamais nous n’aurions dû avoir une vie qui ait un semblant de stabilité. Mais le mot impossible ne fait pas partie de son vocabulaire.


Ce qu’il nous a appris encore, c’est que l’amour est à la fois un sentiment et un choix. Les sentiments sont trompeurs parfois. Mais si l’on choisit d’aimer, alors on peut surmonter toutes les difficultés. Une seule condition est nécessaire : c’est que ce choix soit fait à deux. Avec JP, nous avons choisi de nous aimer.

Alors, nous avons travaillé sur nous et nous sommes fait aider. Nous travaillons encore sur nous aujourd’hui. C’est une bataille de longue haleine.

Nous avons eu de nombreuses conversations sur le passé et le mal que nous nous sommes infligé. Nous avons aussi une farouche volonté de vivre l’amour tel que Dieu nous l’enseigne.

Certains éléments clés nous ont aidés à passer au-dessus de ce lourd passé de couple :

-          le pardon. Pas le pardon vite demandé pour se débarrasser d’une discussion pénible. Mais le vrai pardon. Celui que Dieu enseigne, et qui ne revient jamais en arrière. Ce n’est pas oublier, car nous avons besoin de nous souvenir pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Mais c’est regarder l’autre sous un angle nouveau, comme la personne qu’il est aujourd’hui, pas comme celui qu’il était hier.

-           Le désir de réconciliation. C’est le désir, et même la volonté, d’apaiser les tensions et de rétablir la relation. De sortir des conflits pour que la paix règne de nouveau. Ce désir devrait précéder toute conversation en vue de régler un désaccord.

-          la communication. Nous avons dû réapprendre à communiquer. Passer de la communication violente, à la communication maîtrisée de nos sentiments, avec des mots pesés. En employant le « Je » plutôt que le « Tu ». En exprimant ce que l’on ressent, plutôt qu’en accusant. Bien sûr nous travaillons toujours là-dessus, c’est un combat à remporter quotidiennement.

-          le respect. Ça semble être le b.a.-ba, et pourtant… Il manque si souvent dans les relations. Le respect n’est pas seulement d’ordre verbal, c’est aussi respecter l’autre dans ce qu’il est, ce qu’il ressent, ce qu’il croit, ce qu’il pense, ce qu’il aime ou n’aime pas. Il permet d’être soi-même, et non ce que l’on attend de nous. Être différents est une richesse au sein du couple. C’est cette différence qui fait que l’on se complète, que l’on est meilleur à deux que seul.

-          La confiance. Cette confiance, c’est plus que d’être certain de ne pas être trompé. C’est ne pas avoir peur de dire ce que l’on a sur le cœur ou d’être soi, car quoi qu’il en soit nous serons aimés. C’est se sentir en sécurité dans la relation. C’est savoir que le mot « nous » aura toujours un sens demain, dans 10 ans, dans 40 ans.

Tous ces éléments entretiennent l’amour, le développent même. Ils nous ont semblé former une bonne base pour reconstruire notre couple, et nous ont permis de traverser les tempêtes qui n’ont pas manqué depuis.

Mais l’intervention de Dieu dans notre vie et dans notre histoire d’amour a été le réel point de départ de la restauration de notre couple. De notre restauration personnelle. Sans lui, je n’ose même imaginer ce que nous serions devenus.

Aimeriez-vous que nous priions pour votre mariage?

Aucune situation ni aucune personne n’est trop honteuse, mauvaise ou désespérée pour Dieu. Il sait tout. Il peut tout. Il aime par-dessus tout.

« J’ai mis tout mon espoir en l’Éternel. Il s’est penché vers moi, il a prêté l’oreille à ma supplication. Il m’a fait remonter du puits de destruction et du fond de la boue. Il m’a remis debout, les pieds sur un rocher, et il a affermi mes pas. » Psaume 40. 1-3

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