Comment garder la foi après la perte de mon fils?

Auteur: Christie Hoos

Traduit de l’anglais pas Isa Martinetto

Je n’ai jamais fait partie du club de ceux qui affichent un grand sourire et qui prétendent que tout va bien quand ce n’est pas le cas.

Dans mon cas, ce n’est qu’après des mois après la mort de mon fils Noah que j’ai commencé à ressentir de la colère. J’ai dû retourner au travail et l’injustice écrasante de toute cette situation a commencé à faire surface. J’avais l’habitude de penser que les gens ayant une foi véritable acceptaient tout tranquillement et calmement, mais maintenant je n’en suis pas si sûre.

J’ai lutté avec Dieu pendant plusieurs mois.

Mon mari avait peur de ne plus jamais retrouver sa femme. Si quelqu’un m’avait vu marcher dans les bois derrière la maison, il aurait pu penser que j’étais folle — je grommelais, pleurais, et criais même contre Dieu. J’ai lu des livres de la Bible qui parlent de personnes qui souffrent — Job, les Psaumes, l’Ecclésiaste et les Lamentations — et j’ai été rassurée de voir que certains des préférés de Dieu étaient parfois en colère et confus envers lui.

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Le meilleur conseil que j’ai eu, c’est que punir Dieu par mon silence ne faisait que me punir moi-même. Dieu peut porter votre fardeau donc dites-lui ce que vous ressentez.

Comment puis-je avoir la foi, vous demandez-vous? Je vais essayer de vous répondre du mieux que je peux. Mon mari est un érudit et il trouve du réconfort dans les débats philosophiques sur la vérité, l’état du monde et la nature de Dieu. Je dois admettre que ces vérités sont convaincantes et je serais heureuse d’en partager quelques-unes avec vous si vous le voulez, mais en pleine crise ma foi n’a pas été encouragée par des points académiques; donc je n’en parlerai pas maintenant.

Je dois d’abord vous expliquer ma foi, afin que vous sachiez sur quoi je choisis de m’appuyer.

Je crois de tout mon cœur que Dieu est bon et que le monde ne l’est pas. La Bible est claire qu’en raison de nos choix de rejeter Dieu, nous vivons dans un monde déchu plein de maladies, de catastrophes naturelles, de douleur et de mort. Ce n’est pas le but de Dieu pour l’humanité — il veut que nous vivions avec lui là où il n’y a pas de douleur, pas de tristesse, pas de mort. Afin d’y arriver, il a fait le plus grand sacrifice, il a envoyé son propre fils pour mourir, pour payer le prix de nos mauvais choix (il est difficile d’imaginer qu’il nous aime tellement qu’il permettrait que son fils meure volontairement). Lorsque Jésus est ressuscité des morts trois jours plus tard, il a détruit à jamais la puissance de la mort sur l’âme humaine. Pourtant, nous devons choisir d’accepter ou de refuser ce don. C’est la foi que j’ai.

J’ai confiance en Jésus pour payer mes torts et pour me sauver de la mort.

Surtout depuis la mort de Noah, cet espoir est mon fondement. Je sais qu’un jour je verrai non seulement Jésus, mais mon fils aussi. Je préférerais qu’il soit avec moi, mais comme il ne l’est pas je suis si heureuse qu’il soit en sécurité et aimé. Pour cette raison, je m’accroche à ma foi. J’ai même créé un site internet tout à ce sujet — Noah’s Place.

Non seulement cela, mais ma foi en Jésus est basée sur ma relation avec lui. Comme je l’ai dit, j’ai été en colère contre lui. Je ne serai jamais heureuse que mon fils soit loin de moi (même temporairement). Il me manque terriblement. Il y a un trou dans notre famille et dans mon cœur qui souffre. Mais Dieu connaît ce que nous ressentons. Il a perdu son fils aussi. Et il m’a montré d’une façon si évidente qu’il m’aime plus que je ne peux le comprendre. Ce réconfort n’est pas venu rapidement ou facilement. Peu à peu, de tant de manières – par la lecture de la Bible, la prière (prière même en colère et désespérée), à travers la nature, à travers les autres autour de moi — Dieu a mis ses bras autour de moi et a aidé mon cœur brisé à guérir. Il était là tout le temps; j’ai juste eu à m’ouvrir à lui.

Vivre sans la foi me semble être une existence sans espoir, sans consolation et sans but.

Donc, je tiens bon, même quand je n’en ai pas envie. C’est ainsi que j’ai la foi, pas un sentiment ou une expérience, mais une décision. Comme Job disait : « bien qu’il me tue, je me confie en lui. » Je ne peux pas imaginer la vie sans Jésus. S’accrocher à la foi a été une lutte, mais vivre sans elle est impensable.

Vous avez un choix à faire aussi. La foi n’est pas quelque chose que vous perdez, c’est quelque chose que vous choisissez ou  rejetez. Je suis désolée de dire que tous ceux qui ont perdu un enfant ont un parcours très long et difficile qui les attend. Le deuil est épuisant, compliqué, et incompris. La colère et la confusion sont normales et saines (ce n’est que si vous êtes coincé là pour une longue période que vous aurez besoin de vous inquiéter et de consulter un médecin). Si vous avez perdu un enfant, soyez patient avec vous-même, vous êtes en deuil. Ne comptez pas sur vos sentiments pour décider ce que vous croyez. Regardez devant vous — quel genre de vie voulez-vous? Qui voulez-vous être?

Je n’échangerais pas mon Noah pour un autre.

Je ne choisirais pas cette voie, difficile et douloureuse, mais cela m’a transformé pour le mieux. Je suis éternellement reconnaissante à mon fils pour ça.

Dans l’amour,

Christie

Maman de Noah

Si vous avez perdu un enfant, sachez que vous n’êtes pas seul. Je ne peux pas vous dire pourquoi votre enfant a disparu, mais je peux vous dire qu’il y a un Dieu qui vous aime et qui aime votre enfant. Il sait ce que cela signifie de perdre un fils.

Lire aussi:  Comment parler aux coeurs brisés

Vivre le deuil

Mon  fils qui est au ciel

 

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3 réponses à “Comment garder la foi après la perte de mon fils?”

  • Orchidee Ipiki says:

    J’ai appris vivre avec la perte de mon 1er enfant, mort-né a terme, aujourd’hui je suis interpellée par le décès de la vie de mon neveu.
    Âgée de 18mois, elle est décédée des suites d’une infection pulmonaire il y a juste 2jours. La détresse de ses parents m’afflige tout aussi et je n’arrive pas a prier pour eux. Comment aider ses parents car ma douleur m’importe peu, la leur me déchire, je ne suis pas une chrétienne, je crois profondément en l’existence de Dieu, je crois fermement qu’il a agit dans ma vie plusieurs fois même quand je me refusais d’y croire. Je sais que je peux me tourner vers lui afin d’exorciser ces peines, cependant je n’y arrive pas. Que faire?

    • pascale says:

      Moi aussi j ai perdu mon premier enfant il avait 27 mois leucémie foudroyante…j ai du continuer à vivre pour mes deux filles et mon mari…courage seule les personnes qui subissent cette injustice peuvent comprendre…..

  • Sylvie says:

    Nous avons également perdu notre fils Adrien, âgé de 18 ans tout juste le 14 février et il est décédé le 27 mars 2014. Je remercie le Seigneur de faire partie de ma vie car sans ma foi je ne crois pas que j’aurai pu arrivé à ce chemin (2 ans bientôt). Il est certain que même en ayant la foi, c’est un vrai parcours du combattant, une lutte de chaque jour, chaque instant. Le vide et l’absence sont immenses. Mais je sais qu’Adrien est heureux près du Seigneur et qu’un jour nous nous retrouverons. Alors gardez la foi, surtout gardez la foi, elle seule peut vous aider dans des situations désespérées.
    De tout coeur avec vous tous, parents endeuillés, bien souvent dans la détresse.
    Sylvie, la maman d’Adrien (mon fils chéri)

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