Permettre aux enfants d’échouer

Auteur: Sheila Wray Gregoire

De temps à autre une nouvelle idée surgit de notre conscience collective, défiant notre notion du bon fonctionnement de la vie. Cela arriva au quinzième siècle lorsque Galilée annonça que la terre était ronde. Cela arriva au dix-huitième siècle lorsque les immigrants établis en Amérique du Nord décidèrent de se gouverner eux-mêmes.

Et j’espère que cela vous arrivera, à vous parents, lorsque vous réfléchirez à cette question : Et si être parent ce n’était pas aider nos enfants à accomplir des tâches, mais les élever de manière à ce qu’ils aient eux-mêmes envie d’accomplir ces tâches?

Prenons l’exemple d’une matinée effrénée typique qui finira par faire échouer plus d’un parent désespéré au café du coin.

Vous hurlez et suppliez les enfants de se lever, sans grands résultats. Alors, vous arrachez les couvertures, fouillez dans les tiroirs pour trouver des vêtements et partez à la chasse aux lunettes de Sally, qui ne les trouve plus; tout cela, en fourrant les déjeuners dans les sacs à dos.

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Parfois, aider n’aide pas vraiment.

Personne d’autre que vous ne semble entendre le compte à rebours pour l’heure du bus qui tictaque bruyamment dans votre propre tête. Et juste quand vous avez finalement terminé de vérifier que votre progéniture est correctement habillée, l’un d’eux annonce qu’il a oublié de faire son devoir de maths. Alors, vous cherchez un morceau de papier et un crayon et vous vous mettez à faire des multiplications, tout en poussant un bol de céréales dans sa direction.

Et une fois que les enfants sont enfin montés dans le bus, vous êtes déjà épuisée. Et il n’est même pas neuf heures!

Malheureusement, la plupart des parents se concentrent pour aider leurs enfants à accomplir des tâches, au lieu de les aider à prendre en charge leurs propres tâches.

Ce dont un enfant a vraiment besoin, ce n’est pas d’un papa ou d’une maman qui passe derrière eux pour réparer les dégâts. Les enfants ont besoin d’apprendre à devenir responsables pour eux-mêmes; autrement, ils finiront par revenir à la maison à 23 ans, avec un travail sans avenir, en espérant que vous serez toujours là pour les aider. Nous acceptons trop de responsabilités.

J’ai lu quelque chose à propos d’une mère qui était si frustrée par ces matins typiques qu’elle a averti ses enfants que s’ils manquaient le bus et qu’elle était obligée de les emmener en voiture à l’école, ils devraient nettoyer la cuisine en rentrant le soir en échange. Elle leur a expliqué le nouvel arrangement, puis elle a fermé son clapet. Elle ne les a pas houspillés à propos de leurs devoirs, ou de leurs sacs, ou de leurs déjeuners ou petits déjeuners. Elle les a laissé réfléchir. Ils ont vite compris qu’ils n’aimaient pas vraiment nettoyer les casseroles sales. Et voici, voilà, elle a pu avoir des matins plus sereins.

C’est leur problème, pas le vôtre

Notre société tend à croire que le comportement des enfants reflète complètement celui des parents, et les parents sont portés à en faire trop pour couvrir les échecs de leurs enfants.

Mais tout ce que nous faisons là, cependant, c’est encourager l’irresponsabilité. Pourquoi ne pas rendre les enfants responsables des choses qui les concernent? S’ils ne font pas leurs devoirs, ils échoueront à l’examen. S’ils ratent l’examen, ils perdront le privilège de jouer aux jeux vidéo ou de regarder la télé. Plus de ronchonnements pour les devoirs. Si les jeunes veulent une voiture, ils devront payer l’assurance, ce qui veut dire qu’ils devront trouver un emploi. Et s’ils sont en retard à ce travail, ils le perdront. C’est leur problème, pas le vôtre.

Si votre petit de trois ans ne peut pas bien se comporter au parc de jeux, alors vous partez. Ne cajolez pas vos enfants, ne les flattez pas, et ne négociez pas avec eux.

Si votre enfant de huit ans ne trouve pas son équipement de hockey, il manque le match. Fin de l’histoire.

Permettre à nos enfants d’échouer leur apprend ce qu’est la vraie vie. Nous rendre « chèvres » pour les aider à se débrouiller au parc de jeux, à finir ce devoir, à attraper ce bus à l’heure, ou à assumer le coût de leur téléphone portable ne leur apprend rien de plus qu’être irresponsable.

Si vous vous éreintez à essayer d’arranger la vie de vos enfants, abandonnez. Le monde ne va pas arrêter de tourner si votre enfant manque ce bus. Galilée l’avait découvert il y a six cents ans. Peut-être est-ce le moment de se remettre à niveau.

Un très bon livre anglais à ce sujet : Have a New Kid by Friday by Kevin Lehman.

Cet article a été publié originellement sur tolovehonorandvacuum.blogspot.com . Utilisé et traduit avec permission.

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