Si vous n’exercez pas la discipline de la même façon

Auteur: Sheila Wray Gregoire

Une des plus grandes difficultés au sein du mariage est de s’accorder sur la façon d’exercer la discipline. Lorsqu’un des parents est plus clément et l’autre plus exigeant, ils choisissent parfois de ne pas s’épauler, pour créer plutôt des liens émotionnels malsains avec les enfants. Voici une situation qui est arrivée dans notre famille récemment.

Une de nos filles, qui avait été très souple, a atteint la puberté, et les choses ont commencé à vraiment la déranger. Elle grognait parfois contre sa sœur et devenait très autoritaire et mauvaise. Mon mari a pris la situation en main en devenant très ferme. Il ne voulait pas tolérer cette attitude ou l’encourager. Alors pensait-il, il valait mieux couper le mal à la racine.

Alors que dans l’ensemble j’étais d’accord avec lui, je voyais aussi que ladite fille avait quelquefois de bonnes raisons d’être en colère. Mais au lieu de considérer ses raisons, mon mari réagissait de la même façon à tout : la punir parce qu’elle boudait. Pour de nombreux mois, ils étaient à couteaux tirés.

De par mon point de vue, j’étais coincée. Je voyais quand mon mari avait raison et qu’elle agissait de façon insensée. Mais d’autres fois, elle était simplement fâchée et avait besoin d’aide pour se sortir de cette situation difficile. Mais ils commençaient tous les deux à monter sur leurs grands chevaux, refusant de communiquer l’un avec l’autre de façon positive.

Pour finir, je suis allée marcher avec mon mari et je lui ai partagé ce que j’avais sur le coeur. Je ne l’ai pas accusé. Je ne lui ai pas dit : « Tu t’y prends mal avec elle ». Je lui ai dit : « Cela m’effraie de voir que tu n’es plus aussi “connecté” avec elle » (et ils ont été bien plus proches que je ne l’étais avec elle). « Pourquoi penses-tu que les choses soient ainsi? »Nous avons parlé pendant un moment, et puis, quand l’occasion s’est présentée, je lui ai dit que je pensais que certaines de ses réactions vis-à-vis d’elle étaient démesurées, et je lui ai donné un exemple récent. Au départ il est resté sur la défensive, mais je lui ai demandé de m’écouter pour quelques minutes et de bien vouloir essayer de faire les choses différemment. Et il l’a fait, et aujourd’hui ils ont une très belle relation.

À ce propos, je dois reconnaître qu’il a dû agir de la même façon avec moi à quelques reprises.

Je me souviens qu’il y a environ cinq ans, il avait dû me prendre à part et me parler de mon manque de fermeté vis-à-vis de notre autre fille. Je n’étais pas d’accord. Je pensais qu’il était trop exigeant. Mais après coup, j’ai vu qu’il avait raison, et après un temps j’ai pris son conseil à cœur et j’ai agi en conséquence.

La leçon principale:Autant que cela dépende de vous, ne vous placez jamais entre votre enfant et votre époux. Voici quelques tuyaux :

1. Présentez un front uni à vos enfants. Si vous sentez que votre conjoint applique (ou n’applique pas) la discipline d’une manière appropriée, ne soulevez pas cela avec votre enfant. Parlez-en à votre époux après, lorsque votre enfant n’est plus dans les parages pour entendre. Cela est vraiment important pour les enfants de voir leurs parents s’accorder, afin qu’ils ne puissent pas jouer à vous monter l’un contre l’autre.

2. N’exprimez jamais votre déception vis-à-vis de votre époux devant les enfants. Si vous pensez que votre conjoint a été trop dur, et que vous êtes en colère contre lui à cause de cela, ne dites pas à votre enfant que vous vous sentez frustrée lorsque papa est fâché. Ne lui dites pas non plus que vous n’aimez pas quand papa boude. Cela établit des liens malsains entre votre enfant et vous d’où papa est exclu. Si vous êtes fâchée contre votre époux, parlez-lui-en, ou parlez-en à Dieu, à une amie ou à un conseiller, mais jamais à votre enfant.

3. Parlez souvent avec votre époux à propos de la manière dont vous devriez exercer la discipline. Cela peut varier environ tous les 6 mois selon l’âge des enfants. Ce qui a fonctionné auparavant peut ne plus être approprié maintenant. Si possible, parlez-en en dehors des périodes de crises graves pour vous mettre d’accord quant à vos attentes concernant le comportement des enfants et quant aux formes de correction que vous utiliserez.

4. Si vous êtes en désaccord avec votre époux sur sa façon d’exercer la discipline, choisissez un moment propice pour en parler. Allez marcher, sortez pour une soirée à deux. Prenez le petit déjeuner ensemble le samedi. (Prenez aussi du temps à part comme couple simplement pour manifester votre amour l’un envers l’autre et approfondir votre relation.)

5. Si vous n’arrivez toujours pas à vous entendre, et que c’est un gros problème, parlez-en à un tiers, de préférence à un couple de confiance qui a des enfants plus âgés que les vôtres. Souvent les gens du dehors peuvent discerner les problèmes même lorsque nous pensons qu’ils ne les voient pas, et il y a sûrement des couples qui aimeraient vous aider. Trouvez un couple dont vous admirez les enfants et demandez-leur de venir vous parler. Mais ne tendez pas une embuscade à votre mari, parlez-lui-en d’abord et trouvez un couple sur lequel vous vous accordez.

Si vous n’en êtes pas au même point lorsqu’il s’agit de discipline, demandez-vous ceci : est-ce que je me tourne vers mes enfants pour recevoir un soutien émotionnel? Est-ce que je mine l’autorité de mon mari devant eux (en leur disant qu’il a tort)? Si la réponse est oui, de grands changements doivent s’opérer. Une famille ne peut pas bien fonctionner si elle n’est pas unie. Travaillez d’abord à l’unité, et ensuite résolvez le problème. Ne pensez pas que ses erreurs de discipline justifient que vous portiez préjudice à votre relation.

Ce blog a été posté sur tolovehonorandvacuum.blogspot.com. Utilisé avec permission

Avez-vous besoin d’améliorer vos relations avec vos enfants? Lisez cet article, Retrouvons notre rôle de parent,  et découvrez comment.

Print


Aucun commentaire

Afficher vos commentaires