Tout ce que je pouvais faire, c’était pleurer

Auteur: Kathleen Sherwood

Ce que je pensais être une nuit de travail ordinaire s’est révélé être l’une des nuits les plus traumatisantes de ma vie. Je travaille comme infirmière autorisée au service de gynécologie obstétrique d’un hôpital local. L’une de mes patientes était une jeune femme mariée âgée d’un peu moins de trente ans. Cela faisait déjà plusieurs années que le couple essayait d’avoir un enfant et la jeune femme était enceinte d’environ dix-huit semaines de son premier enfant. Elle avait commencé à avoir des saignements plus tôt dans la journée et on lui avait prescrit un repos complet à l’hôpital, en espérant qu’elle dépasserait cette étape critique de sa grossesse.

Je pouvais clairement voir la peur et l’appréhension sur les visages du couple lorsque je suis allée dans la chambre me présenter. J’ai essayé de prodiguer des paroles encourageantes en posant à la jeune femme des questions sur sa grossesse et en évaluant son état de santé. J’avais moi aussi éprouvé une sensation de peur en voyant les saignements et je commençais à prier silencieusement en demandant à Dieu, si telle était sa volonté, de faire en sorte que cette grossesse arrive à son terme.

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J’ai eu le cœur brisé

Cela ne devait malheureusement pas être le cas. Plusieurs heures plus tard, mon cœur s’est brisé lorsque j’ai vu la lumière d’urgence s’allumer au bureau. En entrant dans la chambre, j’ai appris que le travail de la femme avait commencé et qu’elle était sur le point de perdre son précieux bébé. Je me souviens distinctement d’avoir serré la patiente très fort contre moi en la berçant, les larmes roulant sur nos joues. On pouvait entendre les sanglots de son mari qui se trouvait dans une pièce adjacente. On a demandé à la patiente si elle souhaitait voir son enfant, mais elle a refusé.

Lorsque le mari est entré dans la petite chambre, j’ai compris qu’il était temps pour moi de m’en aller. Ils avaient besoin de faire leur deuil ensemble. J’ai aidé la jeune femme à enfiler ses vêtements et à s’allonger sur le lit, puis je suis retournée en pleurs jusqu’au bureau des infirmières.

Le bébé était un petit garçon parfait. Il avait tout là où il le fallait : dix petits doigts et orteils, de minuscules oreilles, un nez et une bouche. À mes yeux, les choses auraient dû bien se passer. Alors que je continuais à le regarder, j’ai su à ce moment que Dieu avait un meilleur plan pour ce petit bout d’homme et qu’il voulait lui éviter les souffrances de ce monde, au cours de ce voyage qu’est notre vie ici-bas. Cet enfant n’aurait jamais à connaître la douleur de perdre un enfant comme ses parents. Il n’aurait jamais à souffrir d’une maladie en phase terminale ou à grandir dans un monde plein de tentations. Ce petit se trouvait exactement à l’endroit où Dieu voulait qu’il soit et il reposait désormais en toute sécurité dans les bras de Dieu auréolé de son amour.

Je garde espoir

Je suis certaine que cet enfant et ses parents seront réunis un jour pour l’éternité. Je sais que même s’ils ne sont pas ensemble pour le moment, ils seront ensemble à l’avenir. J’espère qu’ils sont aussi conscients de cet amour parfait qui vient d’en haut, et si ce n’est pas le cas, je prie pour qu’ils en prennent conscience pendant cette étape douloureuse de leur vie.

Cette expérience, j’en suis certaine, les a changés d’une manière qu’ils n’auraient jamais souhaité. Je le sais parce qu’elle m’a changée moi aussi. J’ai été témoin de cette réalité crue qu’est la perte d’un enfant et j’ai ressenti un peu de leur douleur. Je ne pouvais rien faire d’autre que pleurer. Les mots n’étaient pas nécessaires et aucune parole n’avait été prononcée. Même lorsque je suis retournée plus tard vérifier s’ils allaient bien, il n’y avait que le silence, brisé de temps à autre par quelques sanglots.

Cet article est dédié à tous ceux qui ont perdu un enfant, qu’il s’agisse d’un enfant à naître ou d’un enfant ayant déjà vécu quelques années. Dieu connaît chaque larme versée et chacune des larmes que vous continuerez à verser. Il a gravé dans vos cœurs un amour que lui aussi connaît bien : l’amour d’un parent et la douleur de perdre un enfant. Je prie pour que sa force puisse vous toucher et que ces mêmes mains entre lesquelles vos enfants reposent désormais puissent vous apporter un réconfort que lui seul peut vous donner.

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Une réponse à “Tout ce que je pouvais faire, c’était pleurer”

  • Mtc says:

    Bravo. Merci pour ces mots si important pour chaques vies anéanti par la perte d un enfant. Il n y as rien de pire sur terre que de vivre cela. Et comme vous l avez si bien formuler. Dieu lui même connais cette peine. Alors lui seul peut nous relever. Quoi qu’il advienne. Merci pour vos précieux encouragements.

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