Des larmes à la victoire

Auteur : Carol Van Atta

par Carol Van Atta, traduit de l’anglais par Marie-Agnès Van Peuter

Je ne pouvais pas en éloigner mon regard. L’inscription gravée sur une plaque dorée, juste en dessous de l’illustration de deux enfants dormants paisiblement dans un vieux modèle de berceau, confirmait ce que je savais déjà – ce serait le mémorial pour mon enfant qui n’était pas né. Celui qui n’était pas avec moi à cause de l’avortement.

Cette dédicace d’inspiration divine écrite par Helen Keller, me fit pleurer. Ses mots ‘les meilleures et plus merveilleuses choses au monde ne peuvent ni être vues ou même touchées, mais doivent être senties avec le cœur’ semblaient avoir été écrit pour moi. Dieu merci, mon mentor et partenaire de prière était là pour me réconforter et m’encourager pendant que j’achetais cette gravure. Elle comprenait mon agonie et la liberté trouvée grâce à un programme de guérison après l’avortement. Elle aussi, avait choisi l’avortement dans le passé et m’avait encouragée pendant les douze semaines avec le groupe de guérison.

Même si je ne m’y attendais pas, ceci était le moment que j’attendais depuis que j’avais terminé le G.R.A.C.E. — un programme proposé par mon église, nommé bien à propos : God redeems Abortion with a Compassionate Embrace : Dieu pardonne l’avortement avec une étreinte compatissante. Dieu a utilisé ce ministère incroyable pour apporter la liberté, le pardon et la réparation dans ma vie brisée.

Je me souviens avoir été assise à l’église regardant l’écran géant où les cours, les études bibliques et autres ministères étaient annoncés avant le culte. Chaque fois que je voyais l’annonce pour le groupe G.R.A.C.E., je me disais que tout ça était derrière moi. Après tout, Dieu m’avait pardonnée, n’est-ce pas ? Pourquoi repenser au passé ?

En effet, Dieu avait pardonné ma décision d’avorter, cependant, je n’avais pas accepté sa miséricorde, et je ne m’étais pas pardonnée moi-même. Comme beaucoup d’autres femmes blessées, j’étais aussi sous l’influence de l’idée reçue que l’avortement était un péché non pardonnable. Je semblais ne pas pouvoir accepter que la grâce de Dieu couvre tous les péchés. Finalement, j’ai capitulé et pensé que ce groupe ne pouvait pas me faire de mal ; peut-être qu’il pourrait m’aider à panser mon cœur car j’en avais assez de souffrir.

Pendant des années, j’ai essayé d’endormir cette douleur en prenant des médicaments, en fumant, par la promiscuité, par le shopping, en mangeant. Je me conduisais comme si l’avortement était acceptable et que j’avais pris la bonne décision, mais mes dépendances et mes émotions me prouvaient le contraire. J’espérais pouvoir remplir mon cœur blessé et en colère avec quelque chose, n’importe quoi.

Quand j’ai accepté le Christ et que je lui ai permis d’effacer les péchés de mon passé, je ne pouvais plus nier l’angoisse que l’avortement me donnait. Après tout, Dieu trouve toujours un moyen de faire remonter à la surface ce qui doit être changé… encore et encore jusqu’à ce que l’on comprenne. Je ne pouvais plus ignorer cette partie de moi qui était brisée. Pour grandir en Christ, je devais déterrer les mauvaises herbes qui empêchaient l’épanouissement de mon jardin personnel.

Alors que je participais aux rencontres du groupe, j’ai reçu énormément d’amour de la part de Dieu et des autres femmes. Pour la première fois, j’ai su que je n’étais pas seule. Les autres aussi avaient ressenti la honte, le remord et la colère vis-à-vis de l’avortement qu’elles avaient eu. Le savoir m’a donné espoir. En réalisant que je n’étais pas seule, j’ai entamé le processus de guérison.

  • Le droit au deuil. Nous avons le droit d’être en deuil pour la perte d’un enfant. Pendant des années, je me le suis interdit. Je pensais que puisque j’avais mis fin à une vie, je n’avais pas le droit d’en faire le deuil. J’ai finalement pleuré cette perte. Avec le temps, la douleur s’est amenuisée.
  • Prendre ses responsabilités. Malgré le deuil et la douleur, beaucoup de femmes sont en plein démenti. Il nous est facile de blâmer les autres pour nos propres décisions. Invoquant que nous étions sous l’influence des autres ou même avons été poussées à avorter. Mais au bout du compte, nous sommes quand même responsables.
  • Comprendre la responsabilité des autres. Dans certaines situations, les femmes pensent qu’elles sont seules responsables. Cependant, il y a toujours deux personnes impliquées dans une grossesse. Les parents, la famille, les amis, le petit ami, le mari, les personnes qui s’occupent de l’avortement, sont autant de voix qui nous poussent à prendre une décision. Comprendre que les autres font aussi parti du processus peut vraiment aider. Les pardonner est crucial.
  • Le pardon pour soi et pour les autres. Dieu nous dit que si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste et nous pardonnera nos péchés, nous purifiera de tout mal. 1 Jean 1:9. Souvenons-nous aussi que tous ont péché et sont privés de la présence glorieuse de Dieu. Tout le monde fait des erreurs. Chaque personne sur cette planète pèche. Accepter l’amour et le pardon de Dieu nous permet de guérir et retrouver notre intégrité. Apprendre à pardonner les autres nous libère de l’emprise de la rancœur et de l’amertume sur notre vie.
  • Remettez vos bébés à Dieu. Accepter que mes enfants soient maintenant en présence du meilleur Père, m’a donné la paix. Savoir qu’il n’y a plus de pleures, plus de souffrances pour ces petits est libérateur. Les paroles du Roi David, dont le péché a conduit à la mort de son fils, procurent de la lucidité et du réconfort. Dans 2 Samuel 12:23 David explique pourquoi il ne pleure plus. Il dit : « Maintenant qu’il est mort, pourquoi jeûnerais-je ? Jamais je ne pourrai le faire revenir à la vie ! C’est moi qui irai le rejoindre, et non lui qui reviendra vers moi. » Nous serons réunis avec nos enfants au paradis. Ils sont aimés et chéris par Dieu, tout comme nous.

Pour finir, les membres du groupe ont eu pour projet de construire un mémorial pour honorer et se souvenir de leurs enfants. Certaines femmes ont acheté une plaque commémorative pour le Mémorial National des enfants avortés, d’autres ont fait des cadeaux spéciaux. Pour ma part, Dieu m’a guidé vers cette gravure merveilleuse que je peux regarder en écrivant ces mots. Cela me rappelle que Dieu garde mes enfants et tous ses enfants près de son cœur.

Le processus de guérison a été un défi. Je ne peux imaginer ma vie sans la grâce de Dieu et l’amour des femmes qui m’ont encouragée. Je n’aurai jamais imaginé que je pourrai parler en public et écrire ouvertement sur le sujet de l’avortement. Mais Dieu a une façon particulière de prendre les situations difficiles de nos vies et de les utiliser pour sa gloire. Il en fera de même pour vous.

Le laisserez-vous vous guérir ?

Si vous avez eu un avortement, faites la prière ci-dessous et rejoignez à un groupe de soutien près de chez vous.

Seigneur, Ta Parole dit que tu m’aimes d’un amour éternel et qui ne défaille pas. Elle dit que si je te confesse mes péchés, tu me pardonneras car tu es fidèle et juste. Je confesse que j’ai pris une mauvaise décision. J’ai choisi de mettre fin à la vie de mon enfant. Mon cœur se brise face à mon péché. Je supporte le poids de la culpabilité, de la honte, du remord et de la colère. J’ai refusé le fait que ta mort était suffisante pour le pardon de ce péché en particulier. C’est un mensonge du diable. Tu as pitié de nous et tu nous pardonnes. Je laisse donc ma douleur et mon chagrin entre tes mains. Je sais que tu t’occupes de mes petits jusqu’à ce que je rentre à la maison au paradis. Je sais qu’ils sont en sécurité avec toi. Conduis-moi vers un groupe de soutien qui pourra m’aider à vivre ton amour et ton pardon. Dans le nom de Jésus. Amen.

Avez-vous fait cette prière ? Voulez-vous parler à quelqu’un qui vous accompagnera dans ce processus de guérison ? Envoyez un email à un mentor qui vous écoutera, priera pour vous et vous encouragement.

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