Bonne fête papas!

Auteur: Nathalie Peatier

Et nous y revoilà ! Après la fête des mères, des secrétaires et des grands-mères (à quand celles des grands-pères ?), voici venu, avec le temps des cerises, celle de la fête des pères.

A vos marques, 5 ;4 ;3 ;2 ;1 ; partez ! La course aux rasoirs à dix lames, aux cuvées d’exception ou à la cravate (ultra fashion ou hyper ringarde, suivant le père à combler) est lancée ! On entend déjà les commerçants se frotter les mains!

Les moins riches ou les plus sensibles sauveront la mise par un dessin ou un poème dans lequel ils auront mis tout leur cœur.

De nos jours, l’intérêt majeur de cette fête à but principalement commercial, est qu’elle suscite, à mon avis,  la question suivante :

Qu’est-ce donc, un père dans les années 2000?

Vous remarquerez bien sûr que l’on dit fête DES pères, et que l’on écrit du coup pères avec un « s ».  C’est évident, me direz-vous, il y a sur terre suffisamment de pères pour que l’on puisse utiliser le pluriel !

Oui mais, je vous répondrai, même à l’échelle d’un individu, le pluriel tend de plus en plus à se justifier, ce qui me ramène de nouveau à ma question :
Qu’est-ce que c’est, un père ?

  • Est-ce le père biologique ? Celui qui donne la vie ?
  • Est-ce celui qui nous élève ? Celui qui paie les notes ?
  • Est-ce celui qui nous donne des limites ? Celui qui ose dire « non » ?
  • Est-ce celui qui nous aime ? Celui qui nous soutient et qui est toujours là quand on a besoin de lui ?
  • Est-ce celui qui se sacrifie pour nous ? Celui qui nous donne toujours le morceau le plus tendre et qui finit le pain dur ?

Mon père, à lui tout seul, a rempli pas mal de ces rôles et je lui en suis profondément reconnaissante, mais de nos jours ce « one man show » devient de plus en plus rare. Pour beaucoup d’enfants, ils sont plusieurs à se partager la tâche, et ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver.

Familles recomposées qui se décomposent parfois, pères démissionnaires, pères qu’on pousse à démissionner, éducateurs spécialisés, grands-pères qui reprennent du service, pères privés de leurs enfants et enfants privés de leurs pères pour cause de « surbooking »…Les raisons sont multiples et je me garderai bien de juger qui que ce soit. La vie de famille, en 2008 me paraît autrement plus complexe et difficile qu’il y a 50 ans.

Il n’en reste pas moins que les faits sont là : Pour un enfant, combien de pères ? Les chiffres varient de zéro à un deux ou trois…voire plus.

Je reste pourtant convaincue du rôle essentiel du père dans la vie d’un enfant. Mais que faire quand celui ou ceux qui devraient occuper cette fonction se révèlent faillibles? Car malheureusement, il arrive souvent qu’un jour nos pères nous déçoivent, nous blessent ou s’avèrent incapables de nous aider. C’est normal ; ils sont limités et, pas plus que nous, ils ne sont parfaits. Le meilleur des pères reste un homme.

Mais il en est Un pourtant qui répond présent à chacune des questions posées précédemment.

Un qui nous donne la vie, qui nous élève, Un qui nous donne des limites, qui nous aime, Un enfin qui a payé pour nous le prix du sacrifice : Notre père céleste, plus proche de nous, malgré son nom, que quiconque.

Qu’on le désire ou non, il veille sur chacun de nos pas, mais à moins qu’on l’y invite, il ne s’immiscera pas dans notre intimité. Il nous a offert la vie, et nous laisse la mener à notre guise. Mais Il n’attend qu’une chose : c’est qu’on s’en remette à Lui. Nul autre que Lui ne peut aussi bien prendre soin de nous.

En père tendre, il se fait appeler « Abba » qui veut dire « papa » en araméen. En père parfait, il ne se contente pas de nous répéter qu’il nous aime, mais Il nous l’a prouvé en envoyant Jésus Christ payer à notre place le prix de nos fautes. Et comme si cela ne suffisait pas, Il tend continuellement la main pour nous relever et nous guider sur le chemin de la vie.

Alors en cette journée particulière, quand nous souhaiterons « Bonne fête » à tous ces papas souvent bien méritants, ayons quand même une pensée pour notre deuxième Père, celui qui est aux cieux, car sans nul doute, cela réjouira son cœur.

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