La fiabilité des textes du Nouveau Testament

La Bible est un document extraordinaire : sa rédaction s’étend sur une période de 1500 ans, en 3 langues (l’Hébreu, l’Araméen et le Grec). Elle a été écrite par 40 auteurs issus de milieux très différents incluant des rois, des paysans, des pêcheurs, un berger, un médecin, des érudits, etc.

En dépit de ces différences et des sujets très controversés qui y sont discutés (la nature de Dieu, la nature de l’homme, le problème du mal, etc.), on y trouve une merveilleuse unité et une continuité du début à la fin.

Durant le 20e siècle, plusieurs affirmations bibliques ont été appuyées par des recherches en psychologie, en archéologie et en histoire. Malgré cela, la Bible a été ignorée et dénigrée par les croyants et les non-croyants, ce qui a souvent donné lieu à de fausses perceptions.

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Un de malentendus les plus courants serait que la Bible a subi des altérations intentionnelles ou accidentelles à travers les siècles et que nous ne pouvons plus savoir ce que disaient réellement les originaux. Nous nous attaquerons principalement à ce malentendu, et en particulier en ce qui a trait au Nouveau Testament.

À quand date sa rédaction?

Mentionnons tout d’abord que le Nouveau Testament est une collection de 27 documents individuels appelés « livres ». Cinq de ces livres sont des récits historiques (les quatre évangiles et le livre des Actes des apôtres). Un autre est un récit apocalyptique (l’Apocalypse selon Jean), une vision symbolique de la fin du monde. Les vingt-et-un autres livres sont des lettres didactiques envoyées à des individus ou des églises de l’époque.

Il peut être pratique de connaître la date de rédaction de ces documents. L’un des plus éminents chercheurs en critique biblique, F. F. Bruce, date les 4 évangiles comme suit : Matthieu, entre 70 et 80 ap. J.-C.;  Marc, au début des années 60 ap. J.-C.; Luc, vers la fin des années 60 ap. J.-C. et finalement Jean, entre 90 et 100 ap. J.-C. Les 13 livres attribués à l’apôtre Paul sont datés entre 48 et 64 ap. J.-C.[1]

Certains se demanderont pourquoi les premiers chrétiens ont attendu de 30 à 60 ans pour écrire les récits de la vie de Jésus, puisqu’il a été crucifié vers l’an 30. Le fait que Jésus parlait clairement de son retour à ses disciples pourrait être une explication simple à ce phénomène. Les disciples auraient interprété ces propos en pensant qu’il reviendrait peu après sa résurrection et son ascension.

Ils imaginaient les délais en termes de quelques années, certainement pas en termes de plusieurs décennies ou même de plusieurs siècles. Selon eux, si Jésus devait revenir dans quelques années, il n’y avait pas besoin de conserver ses enseignements et son histoire par écrit. Mais quand les disciples de Jésus ont commencé à être exécutés et à mourir, plusieurs des disciples restants et de leurs associés se mirent à la tâche d’écrire le récit de la vie de Jésus avant que tous les témoins oculaires ne s’éteignent.

Les manuscrits anciens

Connaissant cet arrière-plan, nous nous retrouvons une fois de plus face à la question du changement à travers les années. Qu’est-ce que les anciens manuscrits nous apprennent à propos de la transmission du Nouveau Testament à travers les siècles?

Dans divers musées d’Europe, du Moyen-Orient, et d’Amérique se trouvent plus de 250 parchemins et manuscrits partiels ou complets du Nouveau Testament Grec datant d’entre 130 ap. J.-C. et 700 ap. J.-C. Le document virtuellement complet le plus ancien est le parchemin Chester Beatty qui remonte à environ 250 ap. J.-C.. En plus de ces documents, on retrouve plus de 5000 manuscrits grecs dont la datation se situe entre 700 et 1500 ap. J.-C.[2]

Comparez la richesse de la documentation que nous possédons pour appuyer le Nouveau Testament avec celles qui appuient d’autres œuvres classiques nous parvenant de l’Antiquité [3] :

Document Nombre de manuscrits Date d’écriture Date de la copie ou de la portion la plus ancienne Écart temporel entre écriture et manuscrit
Guerres gaéliques de César 10 58-50 av. J.-C. 900 ap. J.-C. 950 ans
Histoire d’Hérodote 8 480-425 av. J.-C. 900 ap. J.-C. 1300 ans
Histoire romaine de Tite-Live 20 entre 59 av. J.-C. et 17 ap. J.-C. > 300 ap. J.-C. 350 ans
Nouveau Testament 5250+ 48 – 100 ap. J.-C. Entre 125 et 250 ap. J.-C. Entre 35 et 160 ans
Histoires de Tacite 2 100 ap. J.-C. 800 ap. J.-C. 700 ans
Histoire de Thucydide 8 460 – 400 av. J.C. 900 ap. J.-C. 1300 ans

Comparaison de manuscrits

C’est bien beau d’avoir une grande quantité de manuscrits, mais sont-ils très différents les uns des autres? Retrouve-t-on des preuves d’un changement survenu à travers les années?

Quand on compare tous les manuscrits (plus de 5250), on dénombre un total d’environ 100 000 variations entre eux. À première vue, cela semble être un chiffre énorme, mais il inclut les fautes d’orthographe, le changement de l’ordre des mots dans une phrase, l’omission ou l’inclusion de l’article défini grec avec les noms propres ainsi que d’autres variations mineures. Quand toutes ces variations mineures qui n’affectent pas le sens d’un passage sont éliminées, il ne reste qu’environ 235 différences qui ont une quelconque signifiance. De ces 235 variations, seulement 5 peuvent remettre en question l’authenticité d’une partie du texte. Voici la liste des 5 passages en question : Marc 16 :9-20, Luc 22 :20, 22 :43-44, 23-34; et Jean 7 :53-8 :11.[4]

Que veut dire toute cette documentation? Qu’à travers un travail de critique textuelle — l’art et la science de reconstruire un texte original à travers une multiplicité de manuscrits — on peut conclure que le texte grec à partir duquel ont été écrites les traductions françaises et anglaises de la Bible est essentiellement celui qui a été écrit au premier siècle.

Sir Frederic Kenyon, un expert des questions bibliques a écrit : « L’écart temporel entre les dates de composition des documents originaux et celles des documents les plus anciens (que nous possédons) est si petit qu’il devient en fait négligeable. Le doute sur la bonne transmission de la substance contenue dans les Écritures est maintenant retiré. L’authenticité et l’intégrité générale des livres du Nouveau Testament peuvent enfin être considérées comme établis. » (Traduction libre) [5]

Il est important de prendre note du fait que les traductions modernes ne sont pas faites à partir d’une comparaison avec les traductions précédentes, mais bien à partir d’une étude attentive du texte Grec composé que les chercheurs connaissent sous le nom de Texte grec Nestle.

Preuves philologiques et géographiques

Outre les preuves émanant des manuscrits eux-mêmes qui montrent que le Nouveau Testament est un document du premier siècle, deux autres disciplines nous pointent vers la même conclusion.

Toutes les langues vivantes connaissent des évolutions constantes au niveau du vocabulaire et des expressions populaires. À l’époque de l’écriture du Nouveau Testament grec, le grec koinè était une langue vivante qui subissait de lentes transformations. Une étude du vocabulaire, de la syntaxe et de la grammaire du Nouveau Testament en comparaison avec des textes datant d’époques antérieures, contemporaines et postérieures démontre que le Nouveau Testament a été écrit au premier siècle et avant 200 ap. J.-C., époque où le Grec avait déjà substantiellement changé.

Les dernières preuves sont de nature géographique. Les auteurs des quatre évangiles démontrent une connaissance personnelle de la culture hébraïque ainsi que de la géographie de Jérusalem et de l’Israël du premier siècle. Par exemple, Jean situe l’emplacement de certains endroits de la ville de Jérusalem avec tant d’exactitude qu’il devait être familier avec la ville avant sa destruction en l’an 70 par les légions romaines. Un auteur du deuxième siècle n’aurait pas eu accès à de telles connaissances que nous n’avons été en mesure de vérifier qu’au 20e siècle par des excavations archéologiques.

Conclusions

Quelles conclusions pouvons-nous tirer de tout cela? Nous devons nous souvenir que le Nouveau Testament n’est pas seulement un document de nature morale, religieuse et philosophique, mais que c’est aussi un document historique. Ceux qui ont affirmé, il y a 50 ans, que le Nouveau Testament avait été écrit plus tard qu’au premier siècle ont maintenant la preuve qu’ils étaient dans l’erreur. Ceux qui affirment aujourd’hui que le Nouveau Testament a subi de nombreuses altérations à travers les siècles n’ont aucune preuve légitime pour appuyer leur affirmation. En fait, toute la documentation et la recherche effectuée jusqu’à présent démontrent qu’il n’a pas subi d’altérations.

Quand vous prenez une copie d’une traduction française du Nouveau Testament, vous pouvez être sûr qu’elle a été basée sur un texte grec qui a été attesté comme provenant réellement du premier siècle et qu’il a été écrit soit par des témoins oculaires des événements, ou par leurs proches associés.

Robert Montgomery, Campus pour Christ — © 1990

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[1]F.F. Bruce, The New Testament Documents, Are They Reliable?, (Erdmans, 19-3) 14th reprinting, 1980

[2]Norman L. Geisler and William Nix, A General Introduction to the Bible, (Moody Press, 1968) footnote 30 p. 285.

[3]Josh McDowell, Evidence that Demands a Verdict, (Here’s Life Publishers, 1972, 2nd printing, 1979, p. 42.

[4]Sir Frederin G. Kenyon, The Bible and Archeology, (Harper and Row, 1940) p. 288

[5]John W. Wenham, Christ and the Bible, (Intervarsity Press, 1973), p. 181-183

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