Vivre les mains ouvertes

Auteur: Louise Rousseau

givinggiftDès que je suis devenue assez grande pour allumer et éteindre la lumière, mes parents m’ont dit que l’électricité coûtait de l’argent. En fait, je découvris rapidement que tout coûtait de l’argent.

Je me rappelle très clairement mes premières leçons de gestion monétaire. Ma grand mère m’avait offert un cochon tirelire pour mon anniversaire. Le cochon dodu en porcelaine qui arborait un sourire idiot était en fait un stratagème pour m’exercer aux bons principes et à la responsabilité financière. Oh! Les dures leçons de la vie! Responsabilité financière pour mes parents voulait dire que je ne pouvait rien dépenser sur ce qui m’était octroyé pour les bonbons. Après m’avoir accordé au compte-gouttes mon quart de dollar hebdomadaire, ma mère m’escortait solonnellement jusqu’à ma chambre où je déposais la pièce de monnaie dans ma banque porcine.

C‘est ainsi que j’appris à ne rien jeter. L’enseignement de mes parents eut un tel succès que je pris rapidement l’habitude de ne pas dépenser. Je croyais que plus j’aurais d’argent, plus je deviendrais heureuse. Mais ceci s’avérait faux. Je n’avais jamais assez. Et plus j’avais, plus j’avais peur de perdre.

J’en serais arrivée au point de devenir rapace jusqu’aux os, si une amie généreuse ne m’avais pas montré une meilleure façon de vivre. Quand un revers de fortune m’entraîna dans de sérieux ennuis d’argent, elle me donna une somme substantielle. A cette époque, elle était entre deux boulots et vivait sur ses économies sans avoir aucune perspective d’emploi. Je m’émerveillais de sa largesse. Comment pouvait-elle donner si librement? Contrairement à moi, elle ne se faisait pas de soucis pour l’argent.

En parlant avec elle, je me rendis rapidement compte que mon cours de gestion monétaire n’avais pas inclu la leçon la plus importante. Je n’avais jamais appris qu’il existait une dimension spirituelle à l’argent. Ce que je croyais être gestion avisée de mes avoirs, n’était en fait que de l‘égoïsme. Et l’égoïsme conduit à la cupidité, aux peurs et aux angoisses.

Je me comportais comme si, invité à un marriage, je me jettais à deux mains sur les restes du gâteau. Parce que je m’aggrippais ferme à mon fric, mes mains étaient fermées. Je ne pouvais ni donner, ni recevoir. Je voulais tellement sauver quelques miettes que je manquais la fête qui m’était offerte.

Il faut reconnaître qu’apprendre à vivre les mains ouvertes n’est pas une tâche aisée. L’application des principes spirituels à la gestion de l’argent s’oppose à la sagesse habituelle. Car après tout, si vous voulez constituer un pécule, économiser de l’argent a du sens; le donner n‘en a pas. Mais la gestion de l’argent contrôlée par l’égoïsme, la cupidité ou la peur ne vous donnera jamais la liberté financière. Car tant que vous serez sous l’emprise de ces émotions, aucune richesse ne vous satisfera.

Tout en faisant des placements judicieux pour gérer vos ressources, la clef de la sérénité financière se trouve quand on laisse la gratitude, le contentement et la générosité gouverner nos décisions financières. Les gens qui sont reconnaissants et qui savent s’accommoder de ce qu’ils ont éprouvent de la satisfaction dans ce que la providence leur fournit. Et les gens généreux savent que Jésus avait raison lorsqu’il disait: “Donnez, et il vous sera donné: on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis.” ( Luc 6 : 38 )

Apprendre à vivre les mains ouvertes est un processus de toute une vie, mais il vous donnera des dividendes au-delà de toutes espérances. Si telle est votre aspiration, voici quelques étapes que vous pouvez prendre pour intégrer gratitude, contentement et générosité aux stratégies financières de votre vie.

Gratitude

“Trop de gens refusent l’argent parce qu’ils espèrent de l’or” Maurice Setter

Concentrez-vous sur ce que vous avez

Vous ne pouvez pas vous offrir le bibelot de vos rèves? Vous n’avez pas d’argent pour des extras? Quand vous vous concentrez sur ce que vous n’avez pas, vous vous sentez appauvrie. Mais si, au contraire, vous choisissez d’être reconnaissante de ce que vous avez, alors vous vous sentez rapidement riche.

Si vous êtes à court de liquidités, il peut être plus difficile de regarder du côté positif. Mais cela en vaut la peine. La gratitude a le pouvoir de changer vos perspectives en vous ouvrant les yeux sur les richesses de la vie. La gratitude peut transformer une babiole en trésor, un simple repas en festin, un déficit en gain.

Reconnaître que beaucoup des meilleures choses de la vie sont gratuites

Le printemps. L’amitié. Le rire des enfants. Ils ne coûtent rien – en réalité, ils ne peuvent pas être achetés – mais ils enrichissent notre vie de façon inestimable. De plus, il existe une certaine liberté à profiter de choses sans les posséder. Vous pouvez goûter une promenade au bord de la mer sans assumer les frais d’une propriété en bordure d’eau, ou encore vous pouvez admirer des œuvres d’art dans les musées sans avoir à supporter le coût des primes d’assurances.

Faîtes quotidiennement un inventaire de ce dont vous êtes reconnaissante

Ca, c’est ce que vous devez absolument faire pour recevoir tous les bienfaits de l’exercice de la reconnaissance. Choisissez un moment – cela n’a pas besoin d’être long – pour compter les bénédictions de chaque jour. Mettez-les par écrit. Quand viendront des jours difficiles, le fait de relire vos listes vous remontera le moral.

Sachez vous contenter

“Celui qui ne ressent pas de contentement est pauvre” proverbe japonais

Faîtes la différence entre ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas

Si vous faîtes la confusion entre ce que vous voulez et ce dont vous avez besoin, vous êtes probablement en plein dans une civilisation de consommation. Les publicitaires voudraient bien vous faire croire que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue à moins d’acheter ce qu’ils veulent vous vendent. C’est un mensonge. Une vie qui vaut la peine d’être vécue ne se trouve pas dans la possession de richesses, mais dans le contentement de ce que l’on a.

Réaliser que vous n’avez pas besoin d’une nouvelle télé couleur ou d’un hachoir à oignon super automatique vous permet de vous libérer de la prison des consommateurs. Vous avez le choix; vous pouvez choisir d’acheter tout ce que vous voulez, mais vous savez que votre bonheur n’en dépend pas.

Ne laissez pas votre fortune définir qui vous êtes

Votre richesse n’est pas égale à votre compte en banque. Votre maison, votre voiture et vos vêtements ne sont, au mieux, qu’un faible reflet de ce que vous êtes. Vous êtes tellement plus que tout ce que vous possédez. Vous avez été créée avec une âme. Vous  trouverez plus sûrement une vraie signification et une vraie richesse en nourrissant votre âme, plutôt qu’avec un chèque de paye à six chiffres. Vous ne serez jamais contente avec ce que vous avez tant que vous ne saurez pas être heureuse avec qui vous êtes.

Donnez

“Vous gagnez votre vie avec ce que vous recevez… Mais vous la vivez avec ce que vous donnez.” Winston Churchill

Donnez là où est votre cœur

Qu’est-ce qui vous touche? La situation des orphelins rwandais? Les femmes en Afghanistan? Les victimes des tremblements de terre? Donnez aux causes qui vous intéressent et pour lesquelles vous éprouvez de la compassion. Avoir de l’influence dans ce qui, à votre avis, est important, vous aidera à continuer à donner.

Donnez près de chez vous

Bien que l’aide apportée aux populations des autres pays est certainement cruciale, cherchez aussi des occasions de donner près de chez vous. Connaîssez-vous une mère isolée qui aurait besoin de provisions? Une voisine qui aurait perdu son emploi? Apportez un panier garni de nourriture à une maman ou payez un plein d’essence à votre voisine. Quand vous verrez combien votre don illumine la vie de quelqu’un, vous saurez sans aucun doute que la générosité a le pouvoir de rendre le monde meilleur.

Faîtes un budget pour vos donations

Si vous attendez la fin du mois pour partager vos richesses, vous pourrez bien ne plus rien avoir à donner. Pour expérimenter tout l‘avantage de donner, vous devez en faire une priorité. Faire un budget pour vos donations signifie que vous avez pris l’engagement de donner régulièrement. Et, bien sûr, vous pouvez aussi donner pontuellement, si vous le voulez. Quand vous faîtes votre budget, rappelez-vous que les dons aux organisations charitables sont généralement déductibles des impôts. Si c’est le cas, tenez en compte dans le choix du montant que vous voulez donner.

Donnez régulièrement

Plus vous donnez, plus cela devient facile. Quand vous donnez régulièrement, cela montre que vous vivez les mains ouvertes. Et les mains ouvertes sont prêtes à recevoir d’abondantes bénédictions en retour.

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