La fuite effrénée

Auteur: Fred Devries

fuiteUne adolescente en fugue regarde attentivement par la fenêtre de la chambre du premier étage. Elle vit dans le club d’une bande de motards. Un pâturage habillé d’herbes sauvages et de majestueux conifères s’étend devant ses yeux. Bien qu’elle voie la beauté paisible, elle ne l’admire pas vraiment. Elle est perdue dans ses souvenirs des deux années passées. La fenêtre est devenue un miroir de sa vie.

Barb Lory se souvient de son enfance. Tous les deux ou trois ans, elle faisait ses valises et déménageait avec sa famille dans une autre ville. “Pas beaucoup d’amis, pas beaucoup de joie,” se rappelle-t-elle. Et elle se souvient de la stricte limite imposée par ses parents –“Tu as la permission de neuf heures”-et de leurs instructions déterminées pour les tâches ménagères –“Fais ça maintenant et fais-le bien.” Souvent, son travail ne passe pas l’inspection de son père, un militaire de carrière. Elle enrage. “Ce n’est pas juste ! Je dois m’en aller d’ici.”

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C’est ce qu’elle fait. A 17 ans, Barb se rend à une boum et ne revient jamais. Son côté rebelle prend le dessus. Des bouteilles d’alcool et des sachets de drogue coulent à flot gratuitement cette nuit-là. Elle s’enferme dans la penderie. Elle est trop fière pour s’avouer sa peur.

“C’est la liberté,” pense-t-elle. “Ouais, je peux être qui je veux, et personne ne pourra me juger parce que ces gars-là sont mes amis.” Elle n’a pas l’air convaincante, elle-même ne l’est pas. Sa vie est comme amplifiée dans le miroir, c’est une fenêtre de douleur.

Elle plane à quatre mille mètres. Un élastique se tend autour de son bras, ses veines se gonflent. La seringue pénétre et rempli d’un liquide noir son sang coloré par les drogues. Barb “relâche” le sang et le speed dans son bras. Elle est en vol. D’autres fois, ses amis injectent violemment du speed liquide dans ses deux bras en même temps. Elle vit en “stéréo,” et s’évanouit. Barb se voit dans la fenêtre, une “dure”en jeans serrés, blouson de cuir noir et bottes. Elle roule sur une Harley Davidson grondante avec le président d’une des bandes de motards les plus connues sur la côte est. Elle est la “femme” de Locky, sa petite amie. Et elle a du pouvoir. “Personne n’osera me toucher parce que je lui appartiens,” croit-elle. “J’appartiens enfin à quelqu’un, et je n’ai pas à m’inquiéter.” Pour faire partie de la bande, elle paye sa cotisation et se shoote à l’héroïne comme aucune autre fille.

Un copain motard vient interrompre sa rêverie à la fenêtre pour bavarder avec elle. Ils s’entretiennent, rigolent de leurs hauts et bas, de leurs bons et mauvais trips.

Ce moment de frivolité est perturbé par des amis ivres qui rentrent au club. Ils sont soûls, défoncés et bourrés, ils trébuchent une fois arrivés en-haut. Voyant que Barb discute avec un autre gars que le président de la bande, son “mari”, ils se mettent en colère. Une idée leur vient. “Alors, t’aimes batifoler, hein ?”

Ces hommes, six motards armés de couteaux et de pistolets, se jettent sur Barb. Elle est immobilisée par terre, les bras et les pieds écartés. Elle crie, se démène et pleure pendant qu’ils lui déchirent ses vêtements. Ils la tapent et lui donnent des coups de poing jusqu’à ce qu’elle saigne et soit contusionnée. L’un après l’autre, ils lui font son affaire.

Etendue là, elle ferme les yeux comme pour bloquer l’agonie et le souvenir d’un viol précédent. “J’vais vous tuer”, leur crie-t-elle. Sa menace résonne dans la chambre vide, ignorée par les auteurs du crime.

Barb descend les escaliers et s’enfuit par la porte de derrière, à moitié deshabillée et ses chaussures en main. Elle court et continue de courir à travers les champs d’herbes sauvages jusqu’à ce qu’elle s’écroule. Elle a le souffle coupé et cherche de l’air.

“Trouvez-la !” crient ses assaillants. “Si elle va à la police, nous tuerons sa famille.” Elle pleure, elle tremble. Son corps blessé frissonne de peur. Sa vie se fissure comme une fenêtre.

Barb rampe à travers l’herbe jusqu’à un ruisseau, une oasis, où elle reste assise pendant des heures à sangloter et à réfléchir. “Que m’est-il arrivé ? Qu’ai-je fait à ma famille ? Ils les tueront sûrement. Que vais-je faire maintenant ? Je ne peux pas retourner. Et je ne peux pas aller chez les flics. Je dois partir d’ici, je dois m’enfuir à nouveau.”

C’est ce qu’elle fait. Dans une autre ville, mais dans la même vie de droguée, Barb découvre qu’elle est enceinte à cause du viol. “J’suis bonne à rien. Je pourrais tout aussi bien abandonner”, se lamente-t-elle. “Je me suis enfuie de ma maison, je n’ai personne, j’ai tout fichu en l’air. Qui s’en inquiète ? Qui se soucie vraiment de moi maintenant ?” Elle est prise au piège. Il n’y a pas d’autre issue que d’en finir. Elle prépare son suicide. Le moyen le plus logique –une overdose. Les aiguilles sont prêtes, mais elle n’arrive pas à le faire.

Seule, confuse et désespérée, la jeune femme de 19 ans appelle ses parents. “J’ai besoin de votre aide”, dit-elle, en larmoyant de honte. Bien qu’en colère, ils arrangent un avortement dans l’Etat de New York. Quelques semaines plus tard, dans une chambre d’hôpital stérile, on règle le problème de Barb.

Elle essaye de se ressaisir, et court à nouveau, cette fois-ci en direction de la côte ouest. Elle rencontre un homme bourru lors d’un achat de cocaïne. Elle l’épouse au bout de six semaines. “Cela mettra de l’ordre dans ma vie”, croit-elle. “Nous aurons des enfants et nous vivrons heureux jusqu’à la fin de nos jours.”

Ce mariage instable durera 11 ans. Un jour, ivre et pris d’une rage violente, il viole Barb. Elle est à nouveau une victime. Bouillonante de colère, elle rassemble ses enfants et s’enfuit de la maison, descend la rue mouillée et froide et va chez une voisine.

Elle vit une semaine dans un foyer pour femmes puis déménage sans cesse d’un endroit à l’autre. Barb ne trouve pas de repos, pas de paix avec ses trois enfants de moins de trois ans. Mais elle est décidée, elle se résout à ne plus accepter aucun homme dans sa vie.

Barb ne tient pas tout à fait cette promesse. Alors qu’elle vit dans un immeuble de l’assistance publique, où ses enfants peuvent s’ébattre dans une aire de jeu, un homme vient à sa porte. “Je suis là parce que je crois que Dieu veut que je vous parle ce soir,” dit-il. “Qui suis-je pour me disputer avec Dieu ?” rit-elle.

En utilisant de bons mots, cet homme partage de bonnes nouvelles avec Barb -Dieu l’aime, Il désire lui pardonner, la guérir. Ces mots, bien que satisfaisants, déconcertent son coeur. “De l’amour ? de l’attention ? de l’espoir ? un autre chemin ?”

L’homme part aussi mystérieusement qu’il est arrivé. Barb ne le verra ou n’entendra plus jamais parler de lui.

Quel qu’il soit, son message pénétre au plus profond de son coeur. Barb, 26 ans maintenant, veut en savoir plus. Une amie les emmènent, elle et ses enfants, à l’église le dimanche suivant. “L’enseignement…ça c’est différent”, dit-elle. “Ce n’est pas ce dont je me souviens de mon enfance. Il y a de la vie, de la guérison dans cet enseignement.” Elle est attirée par Dieu et tombe à genoux. Elle pleure et verse des larmes, pour Dieu cette fois-ci. “Je ne sais pas quoi dire, Dieu…” Elle ne peut pas s’arrêter de sangloter. Ses larmes commencent à libérer une décennie de peine, de souffrance, de violence et de mauvais traitements. Elle s’en remet complètement à Dieu.

Des mois passent. Barb s’adonne toujours à la drogue, elle se bat avec Dieu. “Je ne veux pas renoncer à mon contrôle. Je veux vivre ma propre vie”, dit-elle. “Je continuerai d’aller à l’église. J’y aime les gens, ils sont différents, ils sont vrais. Je crois que j’y suis à ma place.”

Barb va régulièrement à l’église. Et chaque fois, elle est captivée par Dieu. “Il est véritable et Il prend soin de moi”, s’aperçoit-elle. “Bien que j’aie fait des choses affreuses, Il me pardonne et me purifie. Il me libère.”

Avec Dieu au contrôle de sa vie, elle se reprend. Avec le temps, Barb arrête de se droguer, arrête de fumer et arrive à vivre sans aide au revenu. Elle décroche même un travail dans les services de la police locale. Elle découvre aussi la joie d’être une mère. “Je n’ai pas des mômes, j’ai des enfants”, sourie-t-elle, comme seule une mère peut le faire. Elle se remarie, cette fois-ci avec un “gentil homme” et ils élèvent ensemble leurs trois adolescents.

“La vie est plus joyeuse, plus rayonnante parce que j’ai trouvé une nouvelle vie en Dieu”, dit-elle aujourd’hui. “Bien sûr, je dois toujours me battre. Mon passé ne va pas juste s’en aller comme ça ; je ne peux pas prétendre que rien ne s’est passé. Mais Dieu me guérit et me donne la force de faire face à la vérité de ce qui s’est passé dans ma vie.”

Ça a été une lutte pour laquelle elle a cherché conseil auprès d’une professionnelle. “Je continue de prier Dieu et de m’appuyer sur Lui pour m’en sortir”, ajoute-t-elle. Comme Dieu fait cela, elle sait que sa vie est importante. “Lâcher prise, laisser Dieu avoir le contrôle m’a donné une attitude positive. Ma vie toute entière a un sens et ça ne vient pas d’une aigille de drogue.”

Elle partage cet espoir dès qu’elle le peut : avec des associations d’aide aux femmes battues at avec des adolescentes. “Elles ne croient pas que je comprends”, rie-t-elle avec ironie, “jusqu’à ce que je raconte mon histoire.”

La vie de Barb brille maintenant. Elle rit, elle donne son attention et elle pleure avec joie. Et la raison en est unique.

“Dieu m’aime vraiment”, dit-elle, avec une larme discrète qui coule sur sa joue. “Il m’aime vraiment. C’est ça que j’ai cherché toute ma vie.” Elle marque une pause. “Vous savez, j’ai couru de nombreuses années pour trouver où j’avais ma place. Tout ce que j’avais à faire, c’était d’aller à Dieu.”

C’est ce qu’elle a fait. A quarante-deux ans aujourd’hui, la vie de Barb qui fut jadis brisée s’est transformée en une fenêtre d’espoir, un miroir de la bonté de Dieu. En réfléchissant à cette vérité, elle dit : “je suis rentrée à la maison.”

Vous pouvez recevoir Christ dès maintenant par la foi, au moyen de la prière.

Prier, c’est tout simplement parler à Dieu. Dieu connaît votre cœur, et il est plus soucieux de l’attitude de votre cœur que des mots que vous utilisez. Voici une prière que nous vous suggérons :

Seigneur Jésus, je veux te connaître personnellement. Merci d’être mort sur la croix pour mes péchés. Je t’ouvre la porte de ma vie et je te reçois comme Sauveur et Seigneur. Prends la direction de ma vie. Merci de pardonner mes péchés et de me donner la vie éternelle. Fais de moi la personne que tu veux que je sois.

Cette prière exprime-t-elle le désir de votre coeur? Vous pouvez la prier dès maintenant, et Jésus-Christ viendra dans votre vie comme il l’a promis.

Une vie nouvelle

Si vous avez invité Jésus-Christ à entrer dans votre vie, remerciez souvent Dieu à ce sujet. Remerciez-le également parce que Christ ne vous abandonnera jamais et parce qu’il vous a donné la vie éternelle. Alors que vous en apprenez plus sur votre relation avec Dieu et combien il vous aime, vous vivrez la vie pleinement.

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