Traverser la guerre

Auteur: Tanya Hawke

afriqueQu’est-ce qui motive certaines femmes à aller de l’avant à travers les épreuves? L’espoir.

Au téléphone avec son mari, Annonciata Kalinijabo ne pouvait retenir ses larmes pendant qu’elle lui racontait les derniers évènements. Le Rwanda était en guerre. Kigali, la capitale, n’était qu’un lieu de destruction. Qui plus est, un de leurs cousins venait juste de lui dire que les rebelles Tutsis étaient en train d’installer un char armé sur la colline près de chez elle.

Trois jours plus tôt, le 6 avril 1994, l’avion qui transportait le président du Rwanda s’était écrasé. Ce drame avait exacerbé les tensions entre les deux principales tribus du pays, les Tutsis et les Hutus. Une chasse à l’homme massive et le massacre des Tutsis et des Hutus modérés avaient rapidement suivi.

Pour mieux connaître Jésus : Développer sa relation avec Dieu

Des questions? Écrire à un mentor

« J’ai peur », admit Anny. Sa voix était entrecoupée par les crépitements de la communication longue distance. « Qu’arrivera-t-il s’ils en viennent aux armes à feu? »

Ils furent coupés avant que Jean-Claude ait pu répondre et rassurer sa femme. À cet instant, la distance qui les séparait paraissait plus grande que jamais auparavant. Anny travaillait pour l’UNICEF à Kigali et venait de donner naissance à leur troisième enfant, Anita Hosanna.

Bien qu’ayant grandi dans un foyer chrétien, Anny n’avait l’habitude ni de prier Dieu, ni d’aller à l’église. Tout cela lui paraissait vain. Elle était mécontente des inconséquences qu’elle observait chez certaines personnes pieuses de son entourage. « Je savais qu’il devait y avoir quelque chose de meilleur. Alors je continuais à chercher. »

Mais avec la guerre dans son pays, Anny n’avait pas beaucoup de temps à consacrer à sa recherche de Dieu. Elle était obnubilée par deux choses : survivre et prendre soin de ses enfants.

Fuis maintenant

Le 14 avril, à peine huit jours après le début de la guerre et neuf jours après la naissance d’Anita, la situation devint désespérée. Six hommes armés recherchaient la maison d’Anny, et une voisine lui confirma qu’elle était sur la liste des prochains à exécuter. Les deux sœurs d’Anny, qui étaient venues pour aider à l’occasion de la naissance d’Anita, étaient aussi sur la liste. Malgré leurs origines mélangées, ces dernières ressemblaient davantage à des Tutsis. Elles étaient toutes les deux grandes et minces, et avaient des nez droits. « Nous devons quitter Kigali aujourd’hui! », pensa Anny.

Elle s’arrangea rapidement pour obtenir des cartes d’identités Hutus pour ses deux sœurs, puis, avec l’aide d’un cousin, Anny et une équipe de quatre femmes et de cinq enfants se joignirent au convoi des familles de soldats qui quittaient la capitale.

C’est sur cette route de fugitifs qu’Anny a vu les horreurs de la guerre civile du Rwanda.

Des personnes massacrées jonchaient les rues. « C’était horrible », raconte Anny. « Il y avait des morts partout. » Certains se tordaient encore de douleur. D’autres étaient brûlés. Certains étaient dénudés.

Étrangement, quand elles étaient arrêtées et interrogées par une patrouille de surveillance, Anny n’avait pas peur. « J’avais une paix en moi, même si je ne savais pas d’où elle venait », raconte-t-elle. « Je n’avais pas encore rencontré le Seigneur, mais je savais en quelque sorte qu’il existait un Dieu capable de nous secourir. »

Cinquante kilomètres plus loin, Anny, ses sœurs et les enfants arrivèrent sans prévenir et sans armes à la demeure du frère de Jean-Claude. Ils passèrent ainsi les trois mois suivants à Gitarama, en sécurité.

Pendant cette période, Anny observait comment sa sœur Agnès, qui était chrétienne, priait pour leur situation et s’en remettait à Dieu.

Mais à la fin juin, même Gitarama n’était plus sûre. Des milliers de Rwandais passaient par là, fuyant vers le nord-ouest pour se rendre au Zaïre. Et là où il y avait des réfugiés, il y avait aussi des rebelles qui cherchaient à prendre le pouvoir.

Par crainte pour leurs vies, les membres de la famille d’Anny passaient des nuits entières allongés dans des fossés pendant que des détonations résonnaient au loin.

Anny savait qu’il était temps de partir.

Va vers le nord

Anny enveloppa leurs effets dans un drap et partit à pied avec ses sœurs et ses deux fils, Adelin, 9 ans, et Gilbert, 7 ans. Ils descendirent dans une vallée, traversèrent une rivière en canoë, gravirent une montagne et passèrent la nuit dans une forêt.

Tôt le lendemain matin, les voyageurs firent signe à une famille qui voyageait dans une camionnette de style pick-up. Le véhicule s’arrêta. Ils se tassèrent entre les chèvres et commencèrent un trajet de deux jours jusqu’à la frontière zaïroise. Trois fois, ils furent arrêtés et interrogés quant à leur tribu d’appartenance; trois fois, ils furent relâchés à contrecœur et purent continuer.

Enfin, dans la ville frontière de Gisenyi, deux membres du personnel de l’UNICEF reconnurent Anny au marché. Ils étaient à sa recherche dans toute la région. Il ne fallait qu’un jour pour traverser la frontière et ils lui promirent de lui procurer des documents officiels. Si elle ne quittait pas le pays, l’UNICEF ne pourrait plus les aider au ZaÏre.

Avant qu’Anny ait eu le temps de prendre une décision, elle reconnut un ancien camarade de classe de son mari. Il travaillait aux renseignements généraux et leur obtint des passeports.

« Je ne savais pas que j’avais besoin de son aide… jusqu’à ce que je le rencontre », raconte Anny. « Je savais au fond de mon cœur qu’il ne s’agissait ni du hasard ni de la chance, mais que Dieu était au milieu de tout cela. »

Le lendemain, Anny et ses compagnons passèrent la frontière zaïroise, officiellement et en toute sécurité.

Retour à la maison

Trois mois plus tard, Anny, Jean-Claude et leurs enfants revinrent à Kigali. Mais leur pays avait été quasiment déserté. Plus d’un million de personnes avaient été tuées; d’autres avaient fui et n’étaient pas revenues. Il ne restait que 5% des 7 millions que comptait la population rwandaise.

Comme elle avait traversé beaucoup d’épreuves sur une courte période, Anny s’est retrouvée à aspirer fortement à Dieu. Un soir, invitée par une amie, elle se rendit dans une église. Et elle entendit pour la première fois que l’on pouvait avoir une relation personnelle avec Dieu à travers Jésus-Christ.  Sans hésiter, cette jeune femme de 34 ans remit sa vie à Dieu. Au plus profond d’elle-même, elle savait qu’elle l’avait cherché toute sa vie.

« J’ai découvert un Sauveur personnel qui est présent au milieu des moindres choses de ma vie », raconte-t-elle. « J’entendais les gens raconter que Jésus était mort pour tous, mais je ne comprenais pas qu’il était mort pour moi et que je pouvais avoir une nouvelle vie en Lui. »

En même temps qu’elle reconstruisait sa vie à Kigali, Anny se mit à centrer ses pensées et ses actes sur Dieu. Elle s’est rendu compte qu’elle pouvait pardonner aux autres et rétablir des relations avec ceux qui

l’avaient blessée. Elle se mit à raconter la vérité. Et elle n’avait plus peur de mourir.

Quand elle repense à la guerre et à sa fuite du danger, Anny y voit la main de Dieu. « Je crois que Dieu voulait que je sente sa présence tout au long de cette période », raconte-t-elle. « Il avait un plan et préparait tout pour que je puisse venir à Lui une bonne fois pour toute. »

Quand, en 1997, leurs vies furent à nouveau menacées, Anny et sa famille fuirent en Amérique du Nord. Ils se font toujours du souci pour les 60 000 veuves et les 200 000 orphelins restés sur place, et ils ont l’intention de retourner un jour au Rwanda pour aider et encourager les autres.

De quoi êtes-vous en quête? Y a-t-il des choses que vous rêvez de faire un jour? Y a-t-il des choses que vous aimeriez oublier? La Bible nous parle de rédemption. Il y est dit que Jésus est venu pour rendre toutes choses nouvelles. Comment serait votre vie si vous pouviez repartir à zéro?

Vivre avec espoir

Si vous recherchez la paix, il y a moyen d’équilibrer votre vie. Personne n’est parfait et personne ne peut avoir une vie parfaite. Mais chacun de nous a la chance d’expérimenter la grâce parfaite à travers une relation personnelle avec Dieu par son fils, Jésus-Christ.

Vous pouvez recevoir Christ dès maintenant par la foi, au moyen de la prière.

Prier, c’est tout simplement parler à Dieu. Dieu connaît votre cœur, et il est plus soucieux de l’attitude de votre cœur que des mots que vous utilisez. Voici une prière que nous vous suggérons :

Seigneur Jésus, je veux te connaître personnellement. Merci d’être mort sur la croix pour mes péchés. Je t’ouvre la porte de ma vie et je te reçois comme Sauveur et Seigneur. Prends la direction de ma vie. Merci de pardonner mes péchés et de me donner la vie éternelle. Fais de moi la personne que tu veux que je sois.

Cette prière exprime-t-elle le désir de votre coeur? Vous pouvez la prier dès maintenant, et Jésus-Christ viendra dans votre vie comme il l’a promis.

Une vie nouvelle

Si vous avez invité Jésus-Christ à entrer dans votre vie, remerciez souvent Dieu à ce sujet. Remerciez-le également parce que Christ ne vous abandonnera jamais et parce qu’il vous a donné la vie éternelle. Alors que vous en apprenez plus sur votre relation avec Dieu et combien il vous aime, vous vivrez la vie pleinement.

Print


Aucun commentaire

Afficher vos commentaires