Une vie authentique, un sens éternel

Auteur: William Lane Craig

Je n’ai pas été élevé dans une famille qui fréquentait une église, et encore moins dans un foyer chrétien, mais c’était un bon foyer, rempli d’amour. Adolescent, j’ai commencé à me poser les grandes questions de la vie. « Qui suis-je? » « Pourquoi est-ce que j’existe? » « Vers où m’en vais-je? » Ma poursuite de réponses m’a mené à fréquenter une grande église du coin. Mais ce ne sont pas des réponses que j’y ai trouvées, mais plutôt un club social dont les frais d’adhésion étaient d’un dollar par semaine, payables lorsqu’on passait l’offrande. Les autres élèves du secondaire qui participaient au groupe de jeunes se disaient chrétiens le dimanche, mais vivaient pour leur vrai dieu, la popularité, les autres jours de la semaine. Il me semblait qu’ils étaient prêts à faire n’importe quoi pour demeurer populaires.

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Cela me dérangeait beaucoup. « Ils se disent chrétiens, mais je vis une meilleure vie qu’eux! » me disais-je. « Malgré cela, je me sens si vide à l’intérieur. Ils doivent ressentir ce vide autant que moi, et ils ne font que prétendre être ce qu’ils ne sont pas. Ils ne sont qu’une bande d’hypocrites! » Donc, j’ai commencé à ressentir beaucoup d’amertume envers l’église et les gens qui s’y trouvaient.

Avec le temps, cette attitude s’est étendue à d’autres personnes. « Personne n’est authentique », me disais-je. « Ils ne sont pas du tout eux-mêmes. Ils portent tous des masques devant le monde pour se cacher, par crainte de se révéler tels qu’ils sont. » C’est ainsi que ma colère et mon ressentiment se sont étendus aux gens en général. Je suis venu à mépriser les gens; je ne voulais rien à faire avec eux. « Je n’ai pas besoin des autres », ai-je pensé, et je me suis consacré à mes études. Franchement, je devenais un jeune homme aliéné.

Et cependant — en des moments d’introspection et d’honnêteté, je savais au plus profond de moi que je voulais vraiment aimer les autres et me trouver aimé d’eux. C’est alors que j’ai constaté que je manquais d’authenticité autant qu’eux. Car j’étais là, en train de faire semblant que je pouvais très bien me passer des autres, quand au plus profond de moi-même, je savais bien que j’avais besoin d’eux. Donc, j’ai tourné ma colère et ma haine contre moi-même, à cause de ma propre hypocrisie.

Je ne sais pas si vous pouvez comprendre cette colère et ce désespoir qui vous rongent de l’intérieur, faisant de chaque journée une journée misérable, une journée à tolérer. Je ne voyais aucun but à la vie : rien ne m’importait.

Un jour que je n’allais vraiment pas bien, je suis rentré dans ma classe d’allemand et je me suis assis auprès d’une fille qui était de celles qui sont toujours joyeuses, au point de faire vomir les autres! Je l’ai touché sur l’épaule, et lorsqu’elle s’est retournée vers moi, j’ai grogné : « Sandy, dis donc, pourquoi es-tu toujours si contente? »

« Eh bien, Bill », m’a-t-elle dit, « c’est parce que je suis sauvée! »

C’était le choc complet. Je n’avais jamais entendu une telle expression.

« Tu es quoi? », me suis-je exclamé.

« Je connais Jésus comme Sauveur personnel », m’a-t-elle expliqué.

« Je fréquente une église », ai-je répondu, confus.

« Cela ne suffit pas, Bill », m’a-t-elle dit. « Tu dois l’accueillir pour qu’il vienne vivre dans ton cœur. »

Franchement! « Pourquoi voudrais-je faire une chose pareille? » ai-je répliqué.

« Parce qu’il t’aime, Bill. »

J’ai trouvé cette parole percutante. J’étais là, rempli de haine et de colère, et elle me disait qu’il y avait quelqu’un qui m’aimait vraiment. Et ce n’était personne de moins que le Dieu de l’univers! Cette pensée m’a complètement bouleversé. Dire que le Dieu de l’univers m’aimait, moi, Bill Craig, ce petit ver de rien sur cette parcelle de poussière qu’était la Terre! Je n’arrivais pas à l’absorber.

C’est ainsi qu’a commencé pour moi la période la plus agonisante d’introspection que j’aie vécue. Je me suis procuré un Nouveau Testament et je l’ai lu du début à la fin. En le lisant, je me suis trouvé captivé par Jésus de Nazareth. Je n’avais jamais entendu un enseignement aussi sage que le sien. Il y avait une honnêteté en lui que je n’avais pas vue dans la vie des gens qui disaient le suivre dans l’église que je fréquentais. J’ai compris alors l’expression disant qu’il ne fallait pas jeter le bébé avec l’eau de bain.

C’est en lisant le Nouveau Testament que j’ai découvert mon problème. Mes échecs moraux — en pensée, en parole et en action — me rendaient coupable devant lui et donc séparé spirituellement de lui. C’était là la raison pour laquelle Dieu me semblait si lointain. Mais la Bonne Nouvelle, c’était que Dieu avait envoyé son Fils, Jésus-Christ, dans le monde pour payer la peine de mort que me valait mon péché, permettant ainsi mon pardon, ma purification et la restauration de la relation avec Dieu pour laquelle Dieu m’avait créé.

Entretemps, Sandy m’a présenté à d’autres élèves chrétiens de l’école secondaire. Je n’avais jamais rencontré des gens comme eux! Quoi qu’on dise au sujet de Jésus, je ne pouvais nier le fait que la qualité de leur vie dépassait tout ce que j’aurais pu m’imaginer, et cela produisait une grande joie et un sens profond à leur vie dont j’étais avide.

Pour raccourcir l’histoire, il suffit de dire que ma quête spirituelle a continué pendant environ 6 mois. J’ai assisté à des rencontres chrétiennes; j’ai lu des livres chrétiens; j’ai cherché Dieu dans la prière. Finalement, un soir, au bout du rouleau, j’ai crié vers Dieu. Je lui ai exprimé toute la colère et l’amertume qui s’étaient accumulées en moi, et c’est tout en le faisant que j’ai ressenti cette effusion de joie intense, comme un ballon qui se gonfle, qui se gonfle tellement qu’il est près d’exploser! Je me rappelle que je me suis précipité dehors — le ciel était clair par cette nuit d’été et je voyais la Voie lactée qui s’étendait d’un horizon à un autre. J’ai levé les yeux pour contempler les étoiles en me disant : « Dieu! Je suis venu à connaître Dieu! »

Ce moment a transformé ma vie. J’avais assez réfléchi à ce message pendant ces six mois de recherche pour constater que si c’était vraiment la vérité — vraiment la vérité —, alors je ne pouvais faire rien de moins que de passer ma vie entière à répandre ce merveilleux message partout.

Pour beaucoup de chrétiens, ce qu’il y a de vraiment différent lorsqu’ils viennent à connaître Jésus-Christ, c’est l’amour ou la joie ou la paix que cela leur apporte. Moi aussi, je trouve tous ces bienfaits merveilleux. Mais si vous me demandiez quelle est la plus grande différence que Jésus-Christ a faite dans ma vie, je dirais sans hésiter : « Un sens!» Je connaissais autrefois les ténèbres, le désespoir d’une vie vécue sans Dieu. Connaître Dieu a donné un sens éternel à ma vie. Maintenant, ce que je fais a un sens éternel. La vie compte pour quelque chose. Chaque jour, je me lève pour passer une autre journée à cheminer avec lui.

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William Lane Craig est professeur de recherche en philosophie à Talbot School of Theology. Il a obtenu un doctorat en philosophie à l’Université de Birmingham, et un doctorat en théologie de l’Université Lugwig-Maximillans. Il a publié plus de 30 livres. Vous pouvez en connaître plus à son sujet en visitant son site (en anglais, avec quelques articles en français).

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