Culpabilité et pardon: partie 3

Auteur: AgapeFrance

UN TERRIBLE PROBLÈME EN NOUS

À l’heure actuelle, une bonne partie de la population de notre pays s’affirme encore chrétienne. Pourtant, notre société tend à devenir de plus en plus matérialiste et s’éloigne de plus en plus, dans ses lois, son code moral, son éthique spirituelle, d’une société chrétienne.   Face à cette situation, beaucoup de chrétiens sont malheureusement plus des éléments du problème que de la solution, cautionnant des déviations par leurs attitudes ou leurs actes. Les non-chrétiens n’observent que peu de différence (pour ne pas dire aucune) entre leur qualité de vie et celle de l’un de ces chrétiens. Comment sortir de cette situation?

Pour l’expliquer, laissez-moi utiliser l’illustration suivante d’une situation fâcheuse dans laquelle vous vous êtes sans doute trouvé au moins une fois dans votre vie : traversant pour la première fois une ville inconnue, vous faufilant dans un flot de véhicules trop dense, vous vous trouvez soudain, au détour d’une rue, dans une voie en sens interdit… Coups de klaxon! Gestes désapprobateurs ou ironiques des autres conducteurs et des passants! … Vous vous trouvez maintenant complètement immobilisé, coincé dans un étau, et vous ne voyez aucune issue. Comment sortir de cette impasse, faire demi-tour au milieu de tout ce trafic et surtout comment trouver enfin la bonne direction? Est-ce le mépris, les moqueries des autres conducteurs qui pourront vous aider? Non bien sûr!

Aimer comme Jésus : Est-ce possible?

Vous voulez changer? Parlez-nous-en!

Il en est de même pour notre vie chrétienne : Lorsque, conscients de nos erreurs, nous nous trouvons dans l’impasse, sans un « sens interdit » spirituel, ce ne sont pas les jugements ou les critiques des autres qui nous aideront à retrouver la bonne voie : ce dont nous avons besoin alors, c’est de comprendre où nous sommes, où nous devons aller et surtout savoir comment nous pouvons faire demi-tour pour retrouver la vie de plénitude et de liberté spirituelle en Jésus-Christ. Voilà exactement ce que fait la Parole de Dieu pour nous!

Dans la première lettre aux Corinthiens, aux chapitres 2 et 3, l’apôtre Paul, écrivant sous l’inspiration du Saint-Esprit, diagnostique avec précision le problème quand il nous parle de trois types de personnes dans le monde au regard de Dieu :

L’HOMME NATUREL

« L’homme naturel ne peut pas recevoir les vérités qui viennent de l’Esprit de Dieu : elles sont une folie pour lui; il est incapable de les comprendre, car on ne peut en juger que par l’Esprit. » (I Corinthiens 2.14)

Dans la Bible en français courant, le terme « homme naturel » est rendu par « homme qui n’a pas l’Esprit de Dieu ». L’homme naturel, en effet, n’est pas chrétien. Il vit par ses propres forces et ne compte que sur ses capacités. Il n’a jamais confié personnellement sa vie à Jésus-Christ. Il ne peut ni comprendre ni accepter les vérités révélées dans la Parole de Dieu. Ses intérêts et ses ambitions ne tournent qu’autour des réalités matérielles de ce monde. Sur le plan spirituel, il est comme mort pour Dieu; il est séparé de Dieu à cause de son péché.

IL DIRIGE SA VIE PAR SES PROPRES FORCES

L’HOMME SPIRITUEL

« L’Esprit peut tout examiner, même les plans de Dieu les plus profondément cachés. Dans le cas de l’homme, seul l’esprit qui est en lui connaît tout ce qui le concerne; de même, seul l’Esprit de Dieu connaît tout ce qui concerne Dieu. Nous n’avons pas reçu l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions tout ce que Dieu nous a donné. Et nous en parlons non pas avec les mots qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit de Dieu. C’est ainsi que nous expliquons les vérités spirituelles à des hommes spirituels, des hommes qui ont l’Esprit de Dieu » (I Corinthiens 2.10-13).

L’homme spirituel est chrétien. Il marche dans la puissance et sous la conduite du Saint-Esprit. It vit en s’appuyant quotidiennement sur les ressources illimitées de Dieu, y puisant force et amour pour ceux qui l’entourent. Il comprend la Bible, la Parole de Dieu; il a confiance dans les promesses qu’elle contient; cette confiance rejaillit sur sa vie quotidienne. Le désir essentiel de sa vie est d’honorer Dieu en obéissant à sa volonté. Il vit pour Dieu (Gal 2.20) et Dieu honore sa foi en lui donnant de porter beaucoup de fruit (Jean 15.5). Son secret?… Ne pas compter sur ses propres forces, mais se laisser diriger totalement et sans restriction aucune par le Saint-Esprit. Sur le plan spirituel, il est vivant.

IL LAISSE JÉSUS-CHRIST DIRIGER SA VIE

Il connaît ses limites.  Il choisit de laisser à Jésus-Christ la direction de toute sa vie. Celle-ce s’harmonise dès lors avec le plan de Dieu.

L’HOMME CHARNEL

« En réalité, frères, je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels : j’ai dû vous parler comme à des hommes charnels, comme à des enfants dans la foi chrétienne. J’ai dû vous donner du lait, non de nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter. Et même à présent vous ne le pouvez pas, parce que vous vivez encore comme des hommes de ce monde. Du moment qu’il y a de la jalousie et des querelles entre vous, ne montrez-vous pas que vous êtes charnels et que vous vous conduisez d’une façon tout humaine? » (I Corinthiens 3.1-3)

La Bible en français courant appelle « l’homme charnel » un « chrétien qui vit comme des hommes de ce monde ». L’homme charnel, en effet, est chrétien, mais c’est un chrétien sans joie réelle, frustré, culpabilisé, à l’esprit de défaite, et qui ne voit aucun fruit durable dans sa vie.

Il se peut qu’il soit membre d’une église, engagé comme moniteur de l’enseignement auprès des enfants ou qu’il ait d’autres activités chrétiennes. Peut-être même est-il ecclésiastique ou missionnaire? Il peut être animé d’un réel désir de plaire à Dieu et de lui être agréable, mais rien de satisfaisant ne lui arrive. Pourquoi? Que se passe-t-il?

En fait, le problème de ce chrétien est qu’il veut être à la fois son propre maître et plaire à Dieu. Parfois il affirme connaître ce que Dieu attend de lui et s’efforce alors avec honnêteté et courage de tendre vers ce but. Mais il n’y parvient pas, ne trouvant pas en lui la force nécessaire pour atteindre cet idéal ou réussir ce projet qu’en fait seul Dieu peut accomplir;  alors, il se décourage et en vient finalement à vivre comme les « hommes de ce monde » en dehors de la parfaite volonté de Dieu.

Un autre aspect du problème est que nous pouvons être charnels sans nous en rendre compte. Un chrétien a un jour avoué : « J’ignorais que j’étais un homme charnel. J’avais entendu mon pasteur parler de chrétiens charnels, mais j’ai toujours pensé qu’il s’adressait à quelqu’un d’autre qui, je l’espérais, écoutait ce jour-là. Maintenant, je me rends compte que, moi aussi, je suis charnel. »

JE FAIS CE QUE JE DÉTESTE

L’apôtre Paul nous donne encore plus de détails sur les luttes intérieures du chrétien charnel lorsqu’il écrit :

« Nous savons que la loi est spirituelle; mais moi, je suis un homme charnel, vendu comme un esclave au péché. Je ne comprends pas ce que je fais : car je ne fais pas ce que je voudrais, faire, mais je fais ce que je déteste. Si ce que je fais, je ne le veux pas, je reconnais aussi que la loi est bonne. Ce n’est donc pas moi qui agis ainsi, mais c’est le péché qui habite en moi. Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est à dire dans ma faiblesse humaine. En effet, quoique le désir de faire le bien existe en moi, je suis pourtant incapable de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je ne veux pas. »  (Romains 7.14-49).

Nous avons nous aussi, sans aucun doute, vécu des moments douloureux dans notre marche de chrétien, nous trouvant :

*sans force devant la tentation;

*incapables d’aimer notre prochain;

*inquiets, découragés;

*jaloux ou incapables de pardonner.

Laissez-moi à ce sujet vous raconter la douloureuse histoire qui suit et qui fut rapportée par un missionnaire :

L’un de ses amis, un chrétien très consacré, avait sa vie réglée par un petit livre noir. Dans ce livre, il notait soigneusement toutes ses activités passées, présentes, et à venir. Il y inscrivait à quelle heure il devait se lever chaque matin, combien de temps devait durer son culte personnel, combien de versets il devait mémoriser quotidiennement, et à combien de personnes il devait témoigner. C’était un homme à la consécration impressionnante, à qui beaucoup de chrétiens auraient voulu ressembler.

Pourtant un jour, il eut une dépression nerveuse. À son retour de l’hôpital, il confia à son ami : « Tu vois, j’étais incapable de vivre conformément à ce que je souhaitais. J’ai essayé de toutes mes forces d’être un homme de Dieu en m’imposant une discipline spirituelle très stricte. Mais ce petit livre noir était devenu mon Dieu, et moi son esclave. Avant qu’on m’emporte à l’hôpital, mon dernier geste a été de jeter ce petit livre. Je ne voulais plus jamais le revoir. »

Par cette expérience dramatique, cet homme venait de découvrir une vérité essentielle : nous ne pouvons pas vivre la vie chrétienne par nos propres efforts.

Pourtant, comme cet homme, beaucoup de chrétiens essaient de vivre la vie chrétienne par leurs propres forces, plutôt que de s’appuyer sur la puissance de l’Esprit Saint.

Cela ne nous arrive-t-il pas souvent? Nous tentons d’avoir par nous-mêmes un ministère pour Dieu au lieu de laisser Dieu avoir un ministère en nous et par nous. Est-il possible, dans ces conditions, de plaire à Dieu?

Poursuivons, dans ce but, la lecture du chapitre 7 de l’épître de Paul aux Romains :

« Si je fais ce que je ne veux pas, alors ce n’est plus moi qui agis ainsi, mais c’est le péché qui habite en moi. Je découvre donc cette règle, quand je veux faire le bien, je suis seulement capable de faire le mal. Au fond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais je trouve dans mon être une autre loi qui combat contre celle qu’approuve mon intelligence. Elle me rend prisonnier de la loi du péché qui est en moi. Malheureux que je suis! Qui me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort? » (Romains 7.20-24)

Ne vous êtes-vous jamais posé cette question avec vos propres mots : « Qui me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort? »

Écoutons donc la bonne nouvelle que nous annonce Paul dans sa réponse : « Dieu soit loué, par Jésus-Christ notre Seigneur!» (Romains 7.25)

Avant d’aller plus loin, résumons ensemble quelques-unes des caractéristiques du chrétien charnel :

« Moi » règne sur sa vie

+ Il est chrétien, il connaît Jésus-Christ, mais il ne lui laisse pas la première place.

Le chrétien charnel s’appuie sur se propres forces même s’il désire sincèrement être un « bon chrétien ». Il se reconnaît aussi à l’une ou plusieurs caractéristiques suivantes : Le manque de foi, la désobéissance à Dieu et à sa Parole, aucun désir d’étudier la Bible ni de prier efficacement, un manque d’amour pour Dieu et son prochain, une culpabilité persistante, l’inquiétude, le découragement, la jalousie, l’esprit de querelle, l’absence de but dans la vie, des pensées impures ainsi qu’une attitude légaliste. Une ou plusieurs de ces caractéristiques présentes dans la vie d’un chrétien sont les signes de l’état charnel.

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Extrait du livre : Culpabilité et pardon; © Équipe de Campus pour Christ, France 1984, Adaptation: Dominique Frèrebeau et Annie Husson

D’après le livre: How to Experience God’s Love and Forgiveness; Bill Bright; © 1972, 1981, Campus Crusade for Christ

Utilisé avec permission

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