La science et la religion : Compétiteurs ou compagnons?

Auteur: Darren Hewer

 

« Tout homme réfléchi est athée. » Ernest Hemingway, auteur

 

Tout homme réfléchi est-il athée? L’histoire semble démentir cette affirmation. Nous comptons beaucoup de croyants parmi les scientifiques du passé, tels Sir Isaac Newton, Johannes Kepler, Blaise Pascal et Louis Pasteur. Aujourd’hui encore, beaucoup de scientifiques renommés sont aussi croyants.

Pourquoi la foi semble-t-elle impossible pour certains érudits et sans problème pour d’autres? À mon avis, tout dépend de la représentation qu’ils se font de la relation qui existe entre la science et la religion. Le choix de paradigme (une représentation de la réalité) en cette matière influence tout. Voici trois représentations que les gens se font du lien entre la science et la foi.

La science et la religion sont des domaines d’étude tout à fait distincts

Cette représentation de la relation entre la science et la religion porte le nom de NOMA (non-overlapping magesteria), soit le non-recouvrement des magistères. Cette vision du monde, présentée par Stephen Jay Gould, encourage le respect de la science et de la religion comme deux domaines de connaissance tout à fait distincts qui ne peuvent s’éclairer l’un l’autre. Gould fait allusion à une citation du Cardinal Baronius (1598) lorsqu’il dit : « L‘intention de la religion est de nous enseigner comment aller au Ciel, et non comment va le ciel. » Selon cette perspective, la science s’occupe de faits empiriques, tandis que la religion s’occupe de questions existentielles. Nous pourrions représenter NOMA ainsi :

La personne qui adopte ce paradigme ne cherchera pas à harmoniser ses croyances religieuses et ses croyances scientifiques. L’incohérence qui pourrait exister entre ces deux sphères de connaissance ne vient pas la perturber.

Cependant, il est facile de constater que ce ne sont pas vraiment deux sphères distinctes : la science se penche sur des questions existentielles et la religion s’appuie sur des faits empiriques. Par exemple, les chrétiens affirment que Jésus est bel et bien ressuscité d’entre les morts. Pour eux, c’est un fait historique, empirique : le tombeau est vide.

Le deuxième paradigme est tout le contraire de ce premier.

La science et la religion couvrent les mêmes champs d’études

Selon cette perception, la science et la religion cherchent à définir la même réalité et, selon certains, définissent toute la réalité. La plupart des gens qui adoptent ce paradigme rejettent soit la science, soit la religion. Nous pourrions représenter cette vision du monde ainsi :

Mais est-ce vrai que la science peut tout étudier et tout expliquer?

Est-ce vrai que la religion peut remplacer la science comme source d’information sur l’univers?

À mon avis, cette vision du monde est fautive en ce qu’elle ne reconnaît pas les limitations de chacune de ces disciplines. La méthode scientifique, par définition, se limite à un processus de questionnement, d’établissement d’hypothèses, d’expérimentation, d’analyse des résultats, de conclusions et de répétition. Un fait historique ne se vérifie pas de cette façon. Nous ne pouvons ni l’observer au présent, ni le répéter.

La méthode scientifique s’avère aussi incapable de vérifier les lois de la logique (la science se fonde sur la logique, sans toutefois prouver son existence) et les vérités métaphysiques (telle que l’existence de l’amour). Faut-il alors renier l’existence de la logique et de l’amour, puisque nous ne pouvons pas les prouver en laboratoire? Non. Reconnaissons plutôt que la science ne peut pas tout expliquer, ni tout prouver.

De même, ce n’est pas le but premier des livres sacrés d’expliquer tous les faits scientifiques qui régissent l’univers. La science découvre beaucoup de faits qui dépassent le cadre de nos connaissances religieuses.  Mais il faut aussi reconnaître que la religion offre ce que la science ne saurait offrir : la satisfaction des aspirations les plus profondes de notre âme. Dieu, lorsqu’il vient à notre rencontre, vient satisfaire notre soif de vérité, d’amour, de pardon, de bonté, de justice, de paix, de sens et de destinée et beaucoup plus encore!

En réfléchissant un peu, nous constatons donc que la science et la religion s’éclairent l’une l’autre à certains sujets tout en touchant à des champs d’études qui leur sont uniques. C’est là le troisième paradigme.

La science et la religion se partagent certains champs d’études

Nous pourrions illustrer cette représentation de la connaissance ainsi :

Albert Einstein a affirmé : « Un conflit légitime entre la science et la religion ne peut exister : la science sans la religion est boiteuse et la religion sans la science est aveugle. »

Hugh Ross, astrophysicien, l’a dit ainsi : « Je réfléchissais en me disant que si l’homme inventait une religion, son enseignement reflèterait l’erreur humaine. Mais si Dieu en est l’auteur, son message serait sans erreur et tout aussi cohérent que les faits de la nature. Je me suis donc servi des faits historiques et scientifiques pour vérifier chacun des “livres sacrés”. »

Einstein et Ross affirment tous les deux que la science et la religion s’éclairent mutuellement.

Conclusion

Pour certains, l’étude de la science leur fait douter de leur foi, peut-être parce que leur compréhension de leur foi entre en conflit avec de nouvelles découvertes scientifiques. D’autres demeurent fermes dans la foi, soit en faisant fi de la science, soit en doutant des faits scientifiques lorsque ces deux mondes se trouvent en conflit. D’autres encore viennent à Dieu en reconnaissant l’apport unique de chaque discipline ainsi que l’harmonie qui existe entre les deux. C’est le cas pour l’astrophysicien Hugh Ross, qui raconte son histoire dans son article : Ma recherche de la vérité. J’espère que son histoire vous encouragera à persévérer dans votre quête de la vérité.

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Une réponse à “La science et la religion : Compétiteurs ou compagnons?”

  • Marco Provost says:

    « La méthode scientifique, par définition, se limite à un processus de questionnement, d’établissement d’hypothèses, d’expérimentation, d’analyse des résultats, de conclusions et de répétition. Un fait historique ne se vérifie pas de cette façon. Nous ne pouvons ni l’observer au présent, ni le répéter.»

    Pardon? J’aimerais que l’on me nomme une question non-scientifique. Toute question est scientifique, ce sont les réponses qui sont valides ou pas selon certains principes logique. L’histoire est une science, on y pose des questions et on formule des hypothèses. Si on découvre un nouveau document historique, on remettra en doute les hypothèses passées ou on les renforceront. C’est une forme de répétition de l’histoire à partir d’un nouveau fait, on répète l’histoire mais avec ce nouveau fait; est-ce qu’il s’insère dans nos théories?

    La science est la remise en question perpétuelle des idées actuelles et passées. On la confond souvent avec l’organisation scientifique qui choisi les domaines pertinents d’études sur le monde. Pourquoi n’y a-t-il pas de champs d’étude sur la couleur des actions? Par exemple, quelle est la couleur de la course? La communauté scientifique établit des règles pour exclure certains domaines non-pertinents et incohérent.

    « La méthode scientifique s’avère aussi incapable de vérifier les lois de la logique (la science se fonde sur la logique, sans toutefois prouver son existence) et les vérités métaphysiques (telle que l’existence de l’amour). Faut-il alors renier l’existence de la logique et de l’amour, puisque nous ne pouvons pas les prouver en laboratoire? Non. Reconnaissons plutôt que la science ne peut pas tout expliquer, ni tout prouver. »

    La science ne prouve pas grand chose. Elle réfute. On ne peut pas prouver l’existence de la logique ou des mathématiques, parce qu’ils existent seulement dans notre cerveau. On ne peut pas prouver non plus que les autres êtres humains sont conscients! J’émets l’hypothèse que je suis le seul humain conscient et que rien n’existe en dehors de ma conscience; comment puis-je prouver que j’ai raison et comment pouvez-vous me prouver que j’ai tort? C’est impossible.

    La religion est un domaine de la science, car elle repose sur les idées. Toutes nos croyances sont basées sur nos idées qui sont basés sur nos perceptions/émotions/actions. Il n’existe pas de croyance qui soit détachée du corps humain. Vous associez les sentiments de grandiosité à Dieu alors que plusieurs associent ses mêmes sentiments à autres choses de non-religieux.

    «Mais est-ce vrai que la science peut tout étudier et tout expliquer?»

    La science ne peut pas tout étudier ce qui existe et ne peut donc pas tout expliquer. Par contre, elle peut étudier tout ce qui provient de nos sens : nos croyances. La science se base sur nos perceptions pour comprendre la “réalité”. On ne peut pas étudier ce que l’on ne peut pas percevoir. Oui, on peut percevoir le concept de Dieu, donc on peut l’étudier. On peut aussi concevoir la question suivante: “de quelle couleur est la course?”. Il n’existe pas d’autres moyens d’accéder à la connaissance qu’avec la science. L’amour, la paix, la bonté, la moralité, la foi et dieu sont tous des concepts que l’on peut étudier scientifiquement : soit que l’on peut se poser des questions à leur égard et ainsi remettre en question les idées actuelles et passées.

    Si vous trouvez une question non-scientifique, soit une question qui ne se base pas sur nos perceptions, faites le moi savoir.

    Si vous me dites les mathématiques, je vous dirige immédiatement à ce vidéo :

    http://youtu.be/14JavH4Rk7k

    «Est-ce vrai que la religion peut remplacer la science comme source d’information sur l’univers?»

    La religion ne peut pas remplacer la science, car elle est un domaine de la science. La religion va toujours exister, mais les croyances religieuses durables, c’est moins sûr.

    «la satisfaction des aspirations les plus profondes de notre âme. Dieu, lorsqu’il vient à notre rencontre, vient satisfaire notre soif de vérité, d’amour, de pardon, de bonté, de justice, de paix, de sens et de destinée et beaucoup plus encore!»

    Ce n’est très drôle pour vous, mais ceux qui perdent leurs croyances religieuses ne perdent pas pour autant ce sentiment et cette satisfaction. Ils font seulement investir d’autres objets de sens. Dieu n’est qu’un objet de sens parmi tant d’autres. La musique, les relations sociales, la méditation, les animaux…

    Et Einstein était pas mal athée en ce qui à trait aux dieux chrétiens. Il était davantage déiste comme Spinoza.

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