Le travail détruit-il vos relations?

Auteur: Bill Strom

Votre carrière vous domine-t-elle?

Les tâches ménagères vous empêchent-elles de passer des moments de qualité (ou quelque temps que ce soit) avec vos enfants? Est-ce que les courses, les réunions ou les urgences vous empêchent de reprendre votre souffle? Si vous pouvez répondre oui à l’une de ces questions, c’est que vous êtes peut-être un forcené du travail.

Aux États-Unis aujourd’hui, environ soixante-dix pour cent des adultes, soit à peu près 20 millions de personnes, travaillent entre cinquante à soixante-dix heures par semaines. Est-ce votre cas?

Heureusement, le nombre d’heures brut ne détermine pas à lui seul si vous êtes un bourreau du travail, mais un grand nombre des « drogués du travail » travaillent plus que la plupart des gens. Ce qui les distingue des autres, c’est leur sentiment d’être hors de contrôle, ainsi que le fait qu’ils valorisent le travail plus qu’ils ne valorisent les relations humaines. Bryan Robinson, un éminent chercheur dans le domaine du travail et de relations, définit la dépendance au travail comme « un trouble compulsif et progressif, et potentiellement fatal, caractérisé par des exigences auto-imposées, une surcharge de travail compulsive, une incapacité à bien gérer les habitudes de travail, et la survalorisation du travail, au détriment des relations intimes et des activités majeures de la vie, allant même jusqu’à leur exclusion. »

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Qu’en est-il de vous? Est-ce que :

  • vous vous sentez pressé, occupé et pris par des tâches multiples?
  • vos heures passées à travailler comptent plus que vos heures vécues à approfondir vos relations?
  • vous détestez être interrompu dans votre travail?
  • vous vous sentez coupable lorsque vous ne travaillez pas?
  • vous devenez impatient lorsque vous n’êtes pas maître d’une situation?
  • vous vous fâchez lorsque vos collègues vous semblent incompétents?

Un « oui » à certaines ou à l’une de ces questions peut révéler que vous êtes un forcené du travail.

Qu’importe? Le travail n’est-il pas une vertu?

C’est vrai, le travail est bon, important et indispensable. Dès le début, Dieu a chargé Adam et Ève de s’occuper du jardin d’Éden. Dans le livre de la Genèse, il est dit que Dieu y a placé Adam et Ève pour y travailler et en prendre soin. Nous savons tous qu’un jardin fructifie mieux lorsqu’on le retourne, que l’on rajoute de la bonne terre et qu’on y étend du compost frais. On peut le remarquer lorsqu’un jardin a reçu un entretien attentionné au prix de l’effort.

Nous savons aussi qu’un travail sain nous donne le sentiment d’accomplir une œuvre utile et nous permet aussi de gagner notre vie. Sans le travail, notre vie de tous les jours s’arrêterait, car le travail nous permet d’avoir des maisons propres, des parcs entretenus, des routes sûres, et des entreprises productives. Le travail est transformé de vertu en vice lorsque nous le laissons nous consumer à notre détriment ou au détriment des autres.

Alors, est-ce que trop travailler peut nuire à mon mariage?

Eh bien cela dépend à quoi vous travaillez fort. Si vous travaillez avec diligence à votre carrière, mais négligez vos relations, alors oui, vous courez vers les ennuis. À quoi cela ressemble d’être absorbé par son travail au point de négliger ses relations?

Voici quelques signes :

  • Vous posez une question à quelqu’un, mais n’entendez pas la réponse, car vous avez la tête ailleurs.
  • Vous passez très peu de temps à penser aux besoins et aux attentes de ceux que vous aimez.
  • Vous avez tendance à oublier ou à ignorer les anniversaires, les sorties, les célébrations et les vacances, et à minimiser leur importance.
  • Vous vous identifiez plus à votre position professionnelle qu’à votre rôle d’époux, de parent, ou d’ami.
  • Votre épouse et vos enfants couvrent votre absence lors des réunions de famille.
  • Lorsque vous êtes à la maison, vous vous sentez émotionnellement épuisé et détaché de ceux qui vous entourent.
  • Votre famille doit se faire toute petite en votre présence pour éviter que vous n’explosiez pour un fait anodin et mineur.

Le cancer à l’origine de ces symptômes est peut-être la pensée qu’il faut travailler pour faire carrière, mais que la vie de famille et de couple est facile. Une bonne et heureuse relation ne surgit pas dans notre vie lorsque nous rencontrons monsieur Parfait et mademoiselle Idéale. Elle se tricote maille par maille avec des efforts.

Alors que dois-je faire si j’ai l’impression d’être un drogué du travail?

Je pense que la première question que nous devons poser est : Pourquoi sommes-nous là? La seconde est : Quelle devrait être la nature de notre existence? Je pense que la réponse à la première question se résume par le mot but, et que la réponse à la deuxième question se résume par le mot présence.

Notre vie devient remplie de sens lorsque nous constatons le but de notre travail et de nos relations, plutôt que de croire qu’il s’agit d’une routine vide de sens.

Ma conviction est que la vie est faite pour aimer Dieu et les autres. Quel est le but de votre vie? Si c’est devenir riche ou gagner en prestige, cela pourrait expliquer les raisons de votre dépendance au travail. Ou peut-être travaillez-vous pour oublier les souffrances passées, ou pour ignorer celles du présent. Si c’est le cas, alors votre dépendance au travail est une forme d’échappatoire.

Lorsque je parle de présence, je parle du fait que nous réévaluons nos valeurs pour prioriser l’attention et le soutien émotionnel que nous offrons aux autres. Si votre famille vous a déjà dit : « Tu es physiquement avec nous, mais tes pensées sont ailleurs », vous savez que vous leur manquez émotionnellement. J’aime le conseil qui dit « où que tu sois, sois-y pleinement ».

Alors, comment adopter un but de la vie sain et consacrer plus de temps aux autres?

1. Si vous vous sentez vraiment préoccupé par la place que prend votre travail face à votre vie de famille, recherchez l’aide d’un professionnel.

L’essentiel est que vous ayez identifié le problème et que vous puissiez discerner les sentiments et les signes qui définissent ce comportement. Je vous recommande de trouver un conseiller si vous avez pu identifier certains des points cités ci-dessus.

2. Réalisez qu’avec seulement 24 heures par jour, chaque minute passée au travail est une minute perdue à la maison.

Dans son livre, Choosing to Cheat: Who Wins when Family and Work Collide? (Choisir de tricher : qui gagne lorsque la famille et le travail entrent en collision?) Andy Stanley observe que d’une façon générale, toute supercherie réside en ce que nous échangions quelque chose qui a de la valeur pour nous pour quelque chose qui n’en a pas. Normalement, cela veut dire échanger une vertu immatérielle contre une récompense matérielle.

Est-ce que vous êtes en train d’échanger votre mariage (une chose intangible, la fidélité) contre des récompenses matérielles telles qu’une promotion ou des gadgets?

Cela peut vous sembler abrupt, mais si vous pouvez accomplir votre travail en huit heures faites-le. Rangez l’ordinateur portable, éteignez le Blackberry, rentrez à la maison et consacrez-vous à votre famille.


3. Reconnaissez que toute relation exige des efforts.
Elles ne sont pas faciles. Le pasteur Ed Harris le dit ainsi :

Toute relation demande des efforts, mais  nous négligeons de nous outiller dans ce domaine plus que dans tout autre domaine de notre vie. Nous pensons que parce que nous sommes mariés ou parce que nous avons quelques amis sur Facebook et des copains qui rient de nos blagues, nous maîtrisons l’art d’avoir de bonnes relations. Repensons-y. Comme tout autre mécanisme ou organisme, les relations exigent de l’entretien, du travail et de la consécration.

C’est une révélation pour certains.

4. Réalisez que votre dépendance au travail a des effets réels sur votre famille.

Nous aimerions penser le contraire — que notre épouse est forte, nos enfants résilients. Nous pourrions même penser que les avantages de notre travail l’emportent sur ses inconvénients. Une jeune femme, Marin, n’est pas d’accord. Elle écrit :

Pendant presque toute mon enfance, mon père a été un fou de travail. Il a travaillé autant qu’il le pouvait et a gagné le plus d’argent possible. Voilà ce qui était important pour lui. Il le faisait pour prendre soin de notre famille et nous offrir des plus, alors vous pourriez dire que la famille était importance à ses yeux, mais je ressentais que le travail était plus important pour lui parce c’était là où il passait son temps.

Sa consécration au travail a mis nos relations familiales à rude épreuve. Nous les enfants avions peur de le mettre en colère ou de nous fâcher avec lui. Cela affectait la façon dont nous comportions entre nous et avec les étrangers.

J’ai découvert que j’ai hérité des mêmes tendances. Quand je travaille excessivement, je peux sombrer dans la dépression; alors, je deviens paresseuse. Je ne veux plus rien faire, même pas m’amuser ou m’investir avec les autres.

5. Négociez vos priorités avec votre épouse et votre famille.

Nous devenons pleinement présents pour nos bien-aimés lorsque nous prenons le temps de nous asseoir, de les regarder dans les yeux, de les écouter attentivement et de parler de la vie ensemble. Nous le leur montrons en nous associant aux décisions, qu’elles soient petites ou grandes.

Par exemple, sur quels projets serais-tu d’accord pour ce soir? Ce week-end? Les prochaines vacances? Ou comment désirerais-tu dépenser ce pécule? Pour visiter des amis, ou les beaux-parents ou partir en voyage comme couple? Si nous mettons autant d’efforts dans nos relations que pour notre carrière ou notre ménage ou nos occupations, nous sommes destinés à bâtir l’espoir.

Quand je réfléchis à la source de mes buts et de mes valeurs, je considère ces paroles de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau léger » (Matthieu 11.28 -30).

Jésus ne promet pas une vie sans tracas quand nous lui donnons notre fardeau, mais il dit que son chemin nous donne le repos, la vie abondante. Cette vie ne consiste pas en l’accumulation d’honneurs ou de possessions. Elle ne consiste pas en l’accumulation d’accomplissement ni de choses matérielle, ni le reniement de nos blessures et nos plaies. Son but vient donner un sens profond à notre vie : il nous appelle à l’aimer et à aimer les gens autour de nous, des gens qui deviennent nos alliés alors que nous affrontons ensemble les problèmes de la vie.

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