Les Misérables (le triomphe de la grâce)

Auteur: Rusty Wright

Traduit de l’anglais par Isa Martinetto

Se pourrait-il que le fait de recevoir une bonne dose de bonté et de miséricorde transforme la vie d’une personne?

Victor Hugo le pensait. Au 19esiècle, ce réformateur social français a construit son œuvre classique, Les Misérables, autour du thème du triomphe de la grâce sur le légalisme. Un nouveau film basé sur la comédie musicale à succès est sorti le jour de Noël aux États-Unis et au Canada, et sortira bientôt dans de nombreux autres pays.

Jusqu’à récemment, j’étais l’une des rares personnes dans le monde occidental à ne pas connaitre cette saga puissante, ne l’ayant pas abordé au cours de mes études ou après. Je comprends maintenant pourquoi elle continue d’attirer le public  150 ans après sa rédaction.

La miséricorde et la bonté resplendissent

Les bandes-annonces pour Les Misérables résument l’histoire essentielle, mais la compréhension de l’intrigue et des personnages peut vous aider à apprécier le film.

Un évêque plein de bonté fournit diner et logement pour le forçat Jean Valjean en liberté conditionnelle (Hugh Jackman). En retour, tandis que le prêtre dort, Jean Valjean vole son argenterie.

Le lendemain, interrogé par les gendarmes qui ont appréhendé Jean Valjean, l’évêque leur dit que l’argenterie était un cadeau. Il conseille ensuite en privé Jean Valjean et lui montre que cela fait partie du plan de Dieu pour lui et qu’il pourrait utiliser l’argent pour devenir honnête. La miséricorde touchante du prêtre évoque une exhortation biblique : « Soyez bons les uns envers l’autre, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu par le Christ vous a pardonné. »

Aider les nécessiteux

La bienveillance de l’évêque a des répercussions. Le comédien Jackman remarque : « Jean Valjean est le bénéficiaire de l’une des plus belles et touchantes manifestations de la grâce de la part de l’évêque […] Il décide de s’amender et de consacrer sa vie et son âme à Dieu et d’être au service à la communauté. Il cherche constamment à être une meilleure personne, à la hauteur de ce qu’il pense que Dieu veut de lui. »

En utilisant un surnom, Jean Valjean devient le propriétaire généreux d’une usine que les habitants de la ville reconnaissants élisent maire. Il nous inspire en secourant les nécessiteux.

Valjean sauve Fantine (Anne Hathaway), une mère célibataire malade qui se prostitue pour élever sa fille, Cosette. Avant que meure Fantine, Jean Valjean  lui promet de s’occuper de Cosette.

Libérer l’innocent

Quand un homme innocent est presque reconnu coupable d’être le contrevenant en libération conditionnelle Jean Valjean, le réel Valjean angoisse. Faut-il conserver son anonymat confortable ou révéler sa véritable identité en s’exposant à des poursuites? Il choisit le droit chemin et sauve l’homme accusé à tort. L’altruisme de Jean Valjean le remue. Il compte sur Dieu pour lui donner l’espoir et la force pour relever les défis de la vie.

Fidèle à sa promesse, Jean Valjean sauve l’orpheline Cosette de parents nourriciers cruels et l’élève comme sa propre fille. Devenue femme, Cosette (Amanda Seyfried) tombe amoureuse de Marius (Eddie Redmayne), un jeune révolutionnaire engagé dans la lutte contre le gouvernement et les soulèvements des étudiants français en 1832.

Poussé par l’amour pour Cosette, Jean Valjean sauve Marius de la mort au cours d’une expédition extrêmement pénible dans les égouts de Paris.

Le sauvetage le plus saisissant

Peut-être le plus saisissant des sauvetages de Jean Valjean implique l’inspecteur Javert (Russell Crowe), un policier dédié à la loi et obsédé par la poursuite et la remise de Valjean à la justice.

Lorsque les étudiants découvrent que Javert s’est infiltré dans leur révolution, Jean Valjean  se désigne pour l’exécuter, puis le libère subrepticement. Javert  en est abasourdi. La miséricorde ne fait pas partie de sa loi et il ne peut pas comprendre la compassion de Jean Valjean.

Quand c’est au tour de Javert plus tard, de libérer Valjean, son tourment intérieur est tel qu’il ne peut le supporter, il se tue. Dans le monde de Victor Hugo, la miséricorde en effet l’emporte sur le légalisme (la dévotion malsaine à la loi), une leçon que Jean Valjean illustre, mais qui échappe au pauvre Javert.

Tempérer la justice par la miséricorde

Bien sûr, toute société a besoin de justice pour bien fonctionner. Savoir quand tempérer la justice par la miséricorde peut être un défi pour les sociétés et les particuliers. Le bon équilibre contribue à rendre les civilisations civilisées. Dans quel monde préfèreriez-vous vivre : Pencheriez-vous plus vers la miséricorde de Jean  Valjean ou le légalisme de Javert?

Le film Les Misérables touche d’autres thèmes importants : le romantisme, l’amour à sens unique, la prise en charge des orphelins et des pauvres, et même la réforme des prisons. Allez le voir avec quelqu’un que vous aimez, et n’oubliez pas vos mouchoirs.

 

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