L’art de vivre avec passion

Auteur: Stacy Wiebe

Qu’est-ce qui vous passionne? Qu’est-ce qui vous concerne profondément?  Pouvoir de changer a posé cette question à 40 femmes, venant d’une vingtaine de pays et de 5 continents.   Elles ont répondu en un chœur de voix animées, chacune dans sa propre tonalité et pourtant dans une harmonie d’ensemble.

Il semble que les femmes ont un désir universel pour vivre avec passion. Elles veulent s’investir en temps et en énergie pour des buts qui leurs sont suprêmement importants. Telle une mosaïque, cet article embrasse les histoires brillamment colorées et transparentes de ces femmes et offre  leurs réflexions sur les questions : d’où vient la passion et à quoi ressemble la vraie vie. Souvent reliée au sexe, aux souffrances et aux grandes émotions, la passion semble vouloir dire une chose de façon universelle : intensité.

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Lynne Hill, 39 ans, d’Oxfordshire en Angleterre définit le mot passion ainsi : «Chaud – sanglant – émotionnel – excitant – très fort sentiment sur quelque chose. » Cependant, dit-elle, il existe « une différence entre passion pour un sujet et un peu de passion avec votre mari. » Lynne aime passionnément et intensivement son mari et ses deux fils, mais elle aime aussi les chevaux et la danse. Elle est moniteur d’équitation diplômée de la British Horse Society et possède un diplôme de danseuse.

Une personne aussi vivace et audacieuse que Lynn peut être considérée comme naturellement passionnée. Mais c’est la première qui nous a parlé du processus toujours en élaboration qui permet de connaître et vivre ses passions. Car la passion vient du cœur, mais la vivre est aussi un acte volontaire. Toutes les femmes peuvent vivre avec passion. Peut-être que vous êtes en train de vous demander comment. Les femmes que nous avons interviewées nous racontent ce qui les aident à nourrir leurs passions : elle regarde à l’intérieur, écoutent les autres et transforment leurs peines en passions.

Regarder à l’intérieur

Votre passion est aussi personnelle que vos empreintes digitales. Personne ne peut ni vous imposer, ni vous évoquer une passion. C’est là, à l’intérieur, tout comme les battements de votre cœur. Ce sont la et/ou les choses qui comptent réellement pour vous, pour lesquelles vous tapez du poing sur la table.

Ginger Chiang de Taiwan appelle cette reconnaissance intérieure de notre passion « vie consciente. » Elles dit qu’ « elle a découvert ses passions en se demandant ce qui la rendait la plus heureuse. » Ginger travaillait pour un prestigieux magazine d’affaires et de politique. Mais, après avoir réfléchi à ce qu’elle aimait réellement dans son travail, c’est-à-dire organiser, prévoir et projeter, Ginger a décidé de quitter son poste de haut-vol pour diriger une association à but non lucratif de cyber-enseignement.

Aujourd’hui, elle n’a aucun regrets quant à ses 14 ans de journalisme. Elle dit qu’au contraire, « les années qu’elles a passées dans ce travail lui ont donné les compétences dont elle avait besoin pour vivre la vie qu’elle mène maintenant.  Beaucoup de gens ne réfléchissent pas à la façon dont ils vivent. Ils vivent dans une routine et ne sont pas conscient du pourquoi ils font ce qu’ils font. Il faut un effort pour découvrir ses passions. Quand on aime beaucoup quelque chose, on a du plaisir à le faire et on s’investit dedans. »

Ecouter les autres

Recevoir des compliments et des encouragements, les croire et les embrasser, nous donne le coup de pouce qui nous incitera à poursuivre nos passions. Les graines de louange plantées pendant l’enfance de Priya Sukumar ont grandi jusqu’à devenir l’appel de sa vie. « Quand on fait enfant une gentille B.A. et que l’on obtient des retours positifs, cela encourage à continuer de faire du bien, » déclare une immigrante indienne de 27 ans. Elle a grandi avec la croyance que « servir les hommes, c’est servir Dieu. »

Aujourd’hui, Priya, avec son diplôme de travailleur social, coordonne des programmes pour soutenir les victimes de crimes et les gens touchés par des crises à Auckland, en Nouvelle Zélande. « Je deviens très fâchée quand des gens sont abusés, oppressés ou traités injustement, » dit-elle. « c’est cette passion qui me motive à me former et à travailler dans ce domaine. Je fais de longues journées parce que je crois qu’il faut être disponible n’importe quand pour des urgences. Ce n’est pas l’argent qui me motive. »

Transformer la souffrance en passion

Les renforcements positifs ne sont pas les seules choses qui alimentent une passion. En réalité, beaucoup de femmes disent que leur passion est née d’une souffrance. Cela peut venir de la souffrance d’une vie qui semble aller de travers, comme c’est le cas pour l’artiste sud-africaine Marisa Luculano. En effet, embourbée dans une relation difficile, Marisa a laissé dormir ses passions pendant six ans. « Je ne tenais jamais un pinceau, je ne dansais pas, je ne voyais jamais d’amis, » dit-elle. « je ne ressentais même pas de passion dans ma relation. » C’est à force de prier pour être guidée et d’écouter ses instincts que la vie de Marisa a pris une nouvelle direction. Car maintenant, elle est mariée depuis quelques mois avec un homme chez qui elle avait peu avant pris des leçons de danse latino-américaine. Elle peint aussi.

C’est un accident tragique qui a transformé la législatrice Tina Pan en une véritable activiste. « Il y a 17 ou 18 ans, à l’époque où j’étais conseillère, une femme a été violée par cinq étrangers, » explique-t-elle. « Bien qu’elle avait fait sa déposition à la police, personne ne voulait s’occuper de cette affaire. L’hôpital a refusé de lui remettre le moindre document attestant l’évidence de ses souffrances. » Cela a tellement frustré Tina, qu’elle a aidé à créer la Modern Women Foundation, fondation qui, en coopération avec la police, le personnel médical et les autorités légales, aide les victimes d’attaques sexuelles. En tant que membre du Nationalist Party, elle continue à soutenir des lois pour la protection de l’égalité des droits, de la sécurité et de la dignité des femmes.

«Je n’avais jamais pensé devenir une politicienne, » déclare Tina, 43 ans, épouse et mère de famille. Mais, comme elle était conduite par son soucis pour les droits de la femme, elle a adopté la devise du Docteur Sun Yatsen : « La politique  s’occupe de choses qui touchent tout le monde. Comme nous ne pouvons pas contrôler la durée de notre vie, trouver la signification de la vie et la rendre glorieuse deviennent des choses primordiales, » dit-elle.

Accepter de payer le prix

Quand on est profondément concerné par quelque chose, cela implique risque et engagement. La brésilienne Silvana G. Bertaconi Reis est danseuse. La grâce pleine d’aisance des mouvements exécutés apparemment sans effort est seulement obtenue après une demie-journée de travail. « A 32 ans, c’est un véritable sacrifice. Il y a des souffrances et des indispositions physiques, mais je veux continuer. La danse me donne une vie intérieure. » Silvana danse aussi pour « transmettre de la vie » aux autres.

Contrairement à la plupart des danseurs qui grandissent dans les milieux sportifs, Silvana n’a commencé à s’entraîner réellement qu’à l’âge de 19 ans. Elle n’a pas fait d’école de danse officielle, mais elle a été encouragée par des amis qui s’étaient rendus compte de son talent.

Elle trouve que c’est inspirant de servir de modèle à la nouvelle génération de danseurs. « Ils peuvent voir notre motivation parce que nous faisons partie des ‘vieux’ . » Son conseil : « Vous devez vivre à fond ce que vous aimez. Ce n’est pas facile d’obtenir ce que vous aimez vraiment. Surmontez les barrières, les difficultés. Survivez sous la pluie, sous le soleil et à travers les orages. »

Etre souple, être créative, être entière

La passion ressemble au désordre. Si on découvre que l’on est passionné de quelque chose qui ne fait pas partie de sa vie actuelle, doit-on tout laisser tomber pour poursuivre sa « nouvelle » passion ? Et les contraintes d’argent et de temps ? Même les meilleures choses de la vie, nos relations familiales, nos enfants, notre conjoint, peuvent être une façon de mettre de côté une passion. Les femmes que nous avons interviewées nous ont dit que la passion doit s’adapter aux flux et reflux de la vie.

Pour la russe de 44 ans Marina Veduta, la musique était toute sa vie. Elle se souvient de quand, encore étudiante, elle a entendue les études du compositeur russe Skyrabin. « Il n’y a pas de mots pour exprimer le plaisir que j’ai eu! Mais je me souviens très clairement que quand ça s’est arrêté, j’ai pensé que je ne pourrais plus jamais vivre pour quelque chose d’autre, que je ne revivrais plus jamais d’expérience aussi grande. » Aujourd’hui, Marina a grand plaisir à s’occuper de ses deux filles et à donner des leçons de musique. « Je passe mon temps à faire des choses que j’aime, » dit-elle. « J’ai souvent dû sacrifier ma carrière musicale pour ma famille, mais je n’ai jamais eu de regrets. Et bien que je ne sois pas devenue une pianiste célèbre, tout est super à la maison, » dit-elle. Pendant que nous parlions avec elle, Marina était impatiente d’emmener ses filles voir le Macbeth de Verdi, une autre manière de continuer à assouvir sa passion. « N’hésitez jamais à passer du temps avec vos passions, à vous investir toute entière pour quelque chose ou pour quelqu’un, » nous dit Marina. « Ressentez brillamment. Sinon la vie peut devenir trop grise. »

Dans les flux et reflux de la vie, une passion peut disparaître, mais seulement  pour faire place à une autre.

C’est ce qui s’est passé avec Lynne. Elle était tellement passionnée d’équitation depuis l’âge de six ans, qu’elle n’a même pas eu de petit ami avant d’avoir 18 ans. « Je croyais que les chevaux étaient tout, » dit-elle avec le recul. « La sensation du vent dans vos cheveux, vous ne pouvez pas l’avoir ailleurs. » Cependant, avec le temps, la mariage, les grossesses et les contraintes financières ont empêché Lynne de continuer son style de vie d’écuyère avec un abandon total. Mais elle a trouvé un débouché pour sa passion, du moins pour l’instant, en étant juge bénévole dans des concours hippiques. Elle prend aussi plaisir à encourager son fils Alex qui, à huit ans, montre des affinités pour les chevaux. « Puisque les chevaux nous rapprochent, mon fils et moi, »  dit-elle, « cela engendre deux choses : des moments de qualité et une bonne éducation des enfants. »

Car pour l’instant, dans la vie de Lynne, c’est sa famille qui est sa passion première. Son propre passé douloureux accroit son désir de s’investir de son mieux dans les relations. « Je viens d’une famille brisée, alors j’essaye de donner à mes enfants un foyer équilibré. Je passe du temps avec eux. Je m’implique dans leurs écoles. J’emmène les enfants visiter des lieux historiques et je leur apprend des choses qu’ils ne pourraient pas apprendre avec la télévision.

« Un jour, je reviendrai à mes autres passions, » déclare Lynne. Mais en attendant, cette secrétaire médicale danse avec ses enfants dans la cuisine et apprend de nouvelles recettes. Elle rêve de posséder un jour sa propre écurie, peut-être même un ranch. Et elle continue à vivre passionnément. « Beaucoup de gens ont la lèvre supérieure pincée, particulièrement les femmes. C’est important pour votre qualité de vie d’avoir des passions. Vous devriez les assouvir. »

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2 réponses à “L’art de vivre avec passion”

  • destieux says:

    mais comment faire quand on a pas trouvé sa passion? Je veux vivre un truc en dehors de mon travaille, quelque chose qui m’anime.

  • SOME lucien says:

    IMPORTANT SITE POUR TOUS CEUX QUI ONT DES RÊVES DE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

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