Levez la voix!

Auteur: Claire Colvin

Cette semaine, je me suis retrouvée sans voix. Une amygdalite m’a laissé incapable de faire autrement que de chuchoter. La semaine a été très tranquille. Je n’ai pas encore repris la voix, mais je me sens un peu mieux. Peut-être est-ce pour cela que j’ai commencé à noter des changements dans mon comportement. Je me suis retirée des autres depuis que j’ai cette amygdalite.

Je n’ai pas dit bonjour à la réceptionniste à mon arrivée au bureau ce matin. Je savais qu’elle ne m’entendrait pas chuchoter, puisqu’elle avait la tête tournée. Je me suis rendue à l’ascenseur en silence. Je ne pouvais pas vraiment participer aux bavardages de bureau. En sortant de l’édifice, je n’ai pas interpelé l’amie qui se trouvait à l’autre bout du parc-autos. Mon monde devenait de plus en plus restreint.

J’ai constaté que ce n’était pas par manque de choses à dire que j’ai arrêté de parler. Non, c’était plutôt parce que je me disais que les autres ne m’entendraient pas, et que cela ne valait donc pas la peine d’essayer. Et c’est ainsi que j’ai commencé à réfléchir aux raisons pour lesquelles tant de gens en ce monde demeurent sans voix, non à cause d’une maladie, mais à cause des circonstances.

Quand les mots ne suffisent pas

Quelques-uns de mes amis ont l’impression d’être sans voix parce qu’ils ne peuvent trouver les mots pour exprimer leur souffrance. D’autres sont réduits au silence à cause de la honte — on ne parle pas de tels sujets. Pour d’autres, c’est un manque d’argent qui les réduit au silence — ils trouvent cela plus facile de dire : « Non, merci, cela ne m’intéresse pas » que d’avouer « je n’ai pas l’argent qu’il faut pour me payer cela ». Chacun évite la conversation faute de mots.

On se sent impuissant lorsqu’on se retrouve sans voix. On a l’impression de partir à la dérive. Si je tombe en pleine forêt, et que personne ne m’entend, ai-je fait du bruit?

C’est bien beau comprendre, mais agir, c’est encore mieux. Donc, comment pouvons-nous agir pour venir au secours des personnes sans voix qui nous entourent?

Bien observer

Parfois, tout ce qu’il faut pour qu’une personne commence à parler, c’est la permission de le faire. Si vous notez qu’un de vos amis parle moins que d’habitude, pourquoi ne pas prendre les devants et lui demander si tout va bien? Il se peut que vous ne receviez qu’une formule de politesse en réponse, mais, si cette personne voit en vous une personne de confiance,  il se peut qu’elle saisisse l’occasion de partager ce qui passe. En démontrant votre intérêt envers elle, vous lui accordez la permission de parler.

Choisir un lieu tranquille

Certaines choses sont très difficiles à dévoiler aux autres. Si vous croyez qu’une personne a besoin de parler, ne l’invitez pas à vous en parler au bureau, où tout le monde peut vous entendre. Songez plutôt à lui envoyer une carte ou un courriel pour l’inviter à vous rencontrer dans un lieu tranquille pour parler ensemble en toute confidentialité.

Demeurer authentique

Une façon d’inviter les autres à vous faire assez confiance pour vous parler de leurs tracas est de partager les vôtres en premier. Ainsi, ils découvrent que vous connaissez des luttes et des difficultés, tout comme eux. Parfois, sans le vouloir, nous donnons l’impression que nous vivons une vie parfaite. Soyez le premier à rompre le silence. Cela pourrait vous surprendre de découvrir ce que les autres seront alors prêts à partager à leur tour.

Que faites-vous pour aider les gens sans voix qui vous entourent? Comment encouragez-vous le partage?

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