Maîtres et Maître

Auteur: Nathalie Peatier

C’est la rentrée ! Les vacances sont finies et bien finies et voici le moment de préparer les cartables de nos chères têtes blondes, brunes ou rousses (ou même châtain !). Dans quelques heures elles découvriront le(s) nouveau(x) maître, maîtresse ou profs qui les accompagnera tout au long de cette année scolaire. Nous les mamans, presque aussi stressées qu’elles, nous attendront avec impatience leur retour pour savoir si le premier contact avec leur (s) enseignant(s) a été bon, ce qui est souvent le gage d’une année réussie.

Car tout le monde le sait, les études, c’est important ! Alors on le répète à nos enfants sur tous les tons : Ecoute bien le maître ! Il t’enseignera des choses importantes qui te permettront de réussir ta vie.

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Vous n'arrivez pas à pardonner? Parler à un mentor

C’est à l’école qu’on apprend à raisonner juste, à corriger nos erreurs et à faire des progrès.

Pourtant, bien que les parents le serinent et essayent d’en convaincre leurs rejetons, ce n’est pas toujours facile d’écouter le maître. Cela demande un effort, de la concentration et la ferme volonté de ne pas se laisser distraire par les mille et une choses qui se passent dans la classe : une mouche qui vole, un élève qui éternue, le voisin qui s’étale sur le pupitre, un autre qui envoie une boulette…

Alors bien sûr, du talent de pédagogue du maître dépend aussi la capacité d’attention de la classe, mais même s’il est le pire de tous, notre société estime l’éducation si importante pour faire des enfants des citoyens responsables et capables de s’assumer qu’elle la rendue obligatoire jusqu’à seize ans.

Nous savons tous également qu’un bon maître peut avoir une influence décisive sur une vie. Chacun se souvient de tel ou tel enseignant qui l’a marqué au cours de sa scolarité. Mais nul mieux qu’Albert Camus lorsqu’il reçu le prix Nobel de littérature le 17 octobre 1957, n’a exprimé combien le regard bienveillant et attentionné d’un instituteur peut avoir des répercussions qui vont bien au-delà des résultats scolaire. Pour preuve en voici la lettre qu’il adressa  à celui qui l’avait enseigné pendant ses jeunes années :

19 novembre 1957

Cher Monsieur Germain,
J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur.  Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse, de toutes mes forces.
Albert Camus

Ce qu’il y a d’extraordinaire également dans la vie d’écolier, c’est que c’est une avancée permanente. Chaque année on apprend de nouvelles choses, chaque année on corrige certaines erreurs ou fausses conceptions.

Et puis arrive fatalement le jour où il est temps de quitter les bancs de l’école. Pendant quelques temps encore, on apprend, on s’adapte à un nouvel environnement : celui du monde professionnel. Mais, pour la plupart d’entre nous, survient alors la routine, et on arrête d’apprendre. Parfois aussi, notre vie devient tellement compliquée, qu’on aimerait avoir, comme Albert Camus, un maître affectueux et compétent qui nous tende la main pour nous guider vers une solution.

Même si relativement peu y font appel, un tel Maître existe pourtant.

Il y a près de 2000 ans, Jésus-Christ a choisi ses premiers disciples (du latin « discipulus » qui signifie élève) parmi ceux qui le suivaient fidèlement. Depuis, leur nombre n’a cessé de grandir, mais malheureusement, nous autres, ses disciples, ne sommes pas toujours les meilleurs élèves qui soient. Comme le cancre moyen, nous préférons suivre les circonvolutions d’une mouche plutôt que d’écouter ce qu’Il a nous dire, et nous avons beaucoup de mal à accepter de nous remettre en cause sincèrement. Tout comme la jeune génération, nous sommes les rois du « Oui, mais… » (ce qui n’est qu’une manière  policée de dire « non »). Et puis, entre nous, nous avons souvent le sentiment d’en savoir autant (si ce n’est plus) que le Maître.  On doute de ses capacités, de sa formation (de quel IUFM sort-il au fait ?) et de ses compétences dans le cas qui nous préoccupe.

Et pourtant…Il n’est que de lire les Evangiles pour constater la sagesse et la perspicacité dont il fait preuve dans les plus délicates des situations. Son intelligence incomparable  et sa connaissance parfaite de la nature humaine ont empêché ses ennemis les plus redoutables de le prendre en défaut de manière loyale et les ont forcés à faire de faux témoignages pour finalement le faire arrêter (et encore, leur plan n’a réussi que parce que Jésus voulait qu’il en soit ainsi).  D’autre part, comme tout bon pédagogue, Il a fait preuve d’une patience infinie, n’hésitant pas à expliquer de mille et une manières différentes à la foule qui le suivait le message qu’Il voulait lui faire passer. Et tout ça, avec un regard d’amour qui ne jugeait personne et acceptait tous ceux qui désiraient sincèrement le prendre pour Maitre.

Oui, Jésus est LE Maître par excellence. Si nous désirons vraiment réussir notre vie (et je ne parle pas là de succès professionnels se chiffrant en milliers d’euros), il nous faut aller à son école et accepter de redevenir des élèves.

Certes, il n’y a pas à la clé de cette scolarité un diplôme prestigieux qui nous assurera un avenir confortable (et précaire ?), mais l’assurance d’un soutien indéfectible et d’un cœur transformé pour l’éternité.

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