Je t’aimerai toujours… peut-être

Je suis paranoïaque.

Ce n’est pas que je crois aux conspirations gouvernementales, ou que je craigne que les extra-terrestres envahissent notre planète. Non, dans mon cas, c’est une peur maladive de déplaire aux autres.

J’ai bien du mal à croire que les gens puissent m’apprécier. J’ai toujours un doute que derrière leurs paroles sympathiques et leurs sourires se cache leur vraie opinion de moi : « Elle n’est pas à la hauteur de mes attentes, elle a des défauts impardonnables, sans parler de sa personnalité insupportable. Et c’est quoi ce gilet!? » Ces pensées me hantent depuis des années, m’enchaînent par un stress perpétuel que je ne suis pas assez bonne/fine/belle/intelligente pour mériter l’amour des autres.

D’où vient cette phobie de déplaire? Pour répondre, il faut remonter à mon adolescence.

Mes parents étaient divorcés depuis presque dix ans et je voyais mon père une fin de semaine sur deux. Un samedi d’avril, il tardait à venir me chercher, donc je lui ai téléphoné pour voir s’il arrivait bientôt. Sa réponse m’a terrassé : il ne venait pas me chercher. Plus jamais. Confuse, paniquée, je lui ai supplié de me dire ce que j’avais fait, pourquoi il était fâché contre moi et pourquoi il ne voulait plus me voir. Il n’a pas voulu me répondre. Jusqu’à ce jour je ne sais toujours pas pourquoi mon propre père m’a abandonné.

Pourtant, il est évident que quelque chose chez moi lui déplaisait, quelque chose qu’il estimait incorrigible et intolérable et dont il n’osait pas me parler jusqu’à ce qu’il ne puisse plus l’endurer. Puis il m’a flanqué là. Pas surprenant que je me méfie aujourd’hui de la sincérité de « l’amour ».

Donc, depuis 15 ans, je soupçonne les gens de ne pas m’aimer vraiment. Heureusement, dans les moments où je désespère que la moindre imperfection chez moi me prive à jamais d’amis et d’amour, il y a une relation dans ma vie qui me redonne la bonne perspective.

Un jour, j’ai découvert Dieu, et depuis j’apprends ce qu’est l’amour inconditionnel. Dieu n’est pas flatteur ou charmeur; en fait, il ne se gêne pas de me dire exactement ce qu’il y a chez moi qui lui déplaît. Tandis que d’autres me disent : « T’es belle, t’es fine, t’es capable », tout en se foutant de moi et de ma vie, Dieu, lui, me dit : « T’es orgueilleuse, égoïste, hypocrite et sans coeur… mais t’es à moi et je t’aimerai toujours. » Quelle authenticité rafraîchissante!

Ma connexion assurée avec Dieu m’aide à gérer ma peur d’être jugée et rejetée. Je continue à me méfier des gens; je ne sais pas si un jour je me débarrasserai complètement de cette angoisse. Mais, au moins, j’ai confiance qu’à la fin de la journée, quand tout le monde m’aura abandonné, Dieu, lui, sera encore là.

Print


Tu as envie d’en savoir plus sur Jésus et ce que ça change de connecter avec Dieu? Rends-toi à la section Dieu.

 

Courriel Imprimer Commentaires