Notre ministère commence dans notre foyer

Auteur: Annette P. Soldini

Travailler dans le ministère avec les jeunes m’a beaucoup appris, principalement sur jusqu’où je dois aller pour ressembler davantage à Jésus. Les leçons que j’ai apprises sont réellement inestimables  et je n’échangerais certainement pas mes expériences. Une des leçons que j’ai apprise est la suivante: si vous désirez savoir comment quelqu’un sert réellement le Seigneur, demandez aux membres de sa famille. Tout ministère commence dans nos foyers.

Deux poids, deux mesures

Dans mon ministère auprès des jeunes, j’ai été en contact avec toutes sortes de gens, adolescents et adultes. Quelquefois, je vois un adolescent admiré par ses pairs et loué par les adultes à cause de la façon dont il ou elle accepte les responsabilités, sert les autres et/ou a un don particulier pour faire rire les gens. Et quelquefois, c’est un autre aspect qui émerge, un aspect exprimé par ceux qui vivent chaque jour avec cet adolescent.

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En fait, si vous êtes parent, cela ne doit pas vous étonner. Car nos adolescents se comportent souvent différemment à l’extérieur et à la maison. Ils aident volontiers les autres, ils disent “s’il vous plait” et “merci”, sont sympas avec leurs amis et leurs pardonnent facilement. Et nous n’arrivons pas à leur faire ramasser leurs chaussettes sales ou à ce qu’ils traitent leurs frères et sœurs avec le même amour et la même indulgence qu’ils ont envers leurs pairs. Beaucoup de ces adolescents sont ceux qui veulent entrer dans le “ministère”. Ils veulent devenir prédicateurs ou missionnaires, femmes de pasteur, responsables de la louange ou traducteurs de Bible. Et ils ont d’une certaine manière inscrit dans leur cœur qu’un ministère est quelque chose dans lequel on “rentre”, quelque chose que l’ont fait “pour les autres” au nom de Dieu, c’est-à-dire pour ceux qui sont en-dehors du cercle familial. Voilà tout.

Priorité à la famille

Si vous êtes comme moi, vous vous demandez probablement d’où leur viennent ces idées. Puis-je attirer délicatement votre attention vers ces mères et ces pères qui sont si occupés à servir les autres au nom du Seigneur que leurs conjoints et leurs enfants ne récupèrent que les miettes, les restes de leur amour, de leur respect et de leur attention? Je crois qu’il est facile de deviner d’où ces enfants de chrétiens tirent l’idée que le ministère commence à l’extérieur de la maison. Est-ce que je ne viens pas d’entendre quelqu’un avaler sa salive? Ca va, car je ne pourrais pas dire si cela venait de vous ou de moi.

N’est-il pas ironique de constater combien nous faisons preuve de plus d’amour, de patience et de bonté envers des gens avec lesquels nous n’aurons probablement plus de contacts d’ici quelques années et qui ne seront pas là pour tenir notre main le jour de notre mort? Ne serait-il pas fantastique de donner la majorité de notre énergie à notre famille d’abord, avant de la donner aux autres?

Cela ne serait-il pas un changement de taille si nous incluions les membres de notre famille dans ces autres que nous servons au nom de Dieu? Quelle différence si nous parlions avec amour et patience à ceux qui vivent sous notre toit, et qu’au lieu de les descendre nous cherchions à nous traiter les uns les autres comme des amis! Et pourquoi les parents ne traiteraient-ils pas leurs enfants avec la même patience et la même tendresse que celles qu’ils utilisent avec les enfants dont ils s’occupent à l’école du dimanche?

En tant que chrétiens, nous sommes la lumière du monde et un témoignage de la grâce qui nous est donnée à travers Jésus-Christ. Nos voisins nous surveillent. Que voient-ils quand ils regardent notre famille? Qu’entendent-ils? Crier? Rire? Qu’est-ce que les caissières observent quand nous  passons  devant  elles avec un enfant de deux ans fatigué et grognon? Une mère qui semble serrer les dents sur le “tu verras ce qui t’attends à la maison”, ou une mère qui semble prendre une grande respiration et prie “Oh Seigneur, donne-moi l’amour et la patience pour cet enfant de toi! J’en ai bien besoin, mon Père.”

La règle d’or du ministère familial

La solution est ce que j’appelle la “règle d’or du ministère familial” et cela va une étape plus loin que la règle d’or habituelle: traite les membres de ta famille comme tu voudrais qu’ils te traitent et considère-les comme ton ministère prioritaire.

C’est vrai que la pratique est bien plus difficile, présente bien plus de défis et, oserais-je le dire, plus d’humilité, parce que les gens de l’église ne vont pas voir ces bonnes œuvres-là. Mais n’oubliez pas que la récompense sera grande et vaut bien le sacrifice de la fierté. Donnez la priorité à votre famille. Donnez-leur le meilleur, et non pas les restes. Ecrivez-leur des petits mots d’encouragements comme vous le feriez pour d’autres membres du corps de Christ. Faites leurs corvées quand ils ont eu une journée difficile. Apportez-leur une bonne soupe au lit quand ils ne se sentent pas bien. Partagez avec eux les grandes choses que Dieu est en train de faire dans votre vie, comme vous le feriez avec les compagnons qui vous sont proches. Utilisez la belle porcelaine et les jolies serviettes avec eux. Pensez à toutes ces choses agréables que vous faites pour les autres, et faites-les pour votre famille.

Je dois arrêter d’écrire maintenant. Mon mari désire passer du temps avec moi parce qu’il a oublié à quoi ressemble mon visage depuis qu’il voit si souvent le dos de ma tête penchée sur mon ordinateur. Oh, et les enfants? Ils sont déjà couchés. Mais je me suis arrêtée un bon moment pour aller les embrasser et leur souhaiter une bonne nuit! Ouf. Je l’ai encore fait. Oh Dieu, donne-moi encore une fois ta grâce et, s’il te plait, apprends-moi à être un outil puissant de ton amour dans mon plus grand ministère, ma famille.

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