L’été de son envol

Auteur: Carol

Cet automne, mon fils ainé, mon jeune adulte de 18 ans, quitte le foyer pour commencer ses études à l’université. Je n’ai jamais été mère poule. Mon fils a souvent quitté le foyer, parfois même pour des séjours prolongés ailleurs. À 8 ans, il a passé une semaine chez des membres de sa parenté qu’il connaissait à peine. Plus tard, il a passé des vacances avec la famille de son meilleur ami, a participé aux excursions de ski de deux semaines avec sa classe à l’école primaire en France. Adolescent, il a visité Disney World avec l’orchestre de son école, a visité le Québec avec sa classe de français, s’est rendu au Mexique en mission, et tout cela, sans moi. J’ai toujours su que mon rôle en tant que mère était de l’encourager vers l’autonomie pour qu’il soit un jour prêt à voler de ses propres ailes

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.   Pendant des années, je me libérais progressivement de ma tâche. Non, disons plutôt que ma fiche de poste  se transformait peu à peu.

Mais suis-je prête à le laisser partir? La date fatidique approche à grands pas. On me dit que tous les parents en font l’expérience. Joel Achenbach, dans son blogue anglais touchant, Last-minute bonding to make up for lost time écrit ceci dans sa rubrique dans le Washington Post concernant le départ imminent de sa fille  pour l’université : « Ce n’est pas vrai que les enfants grandissent vite. En fait, si cela nous paraît vite, c’est que nous prêtions trop d’attention à autre chose. »  Après toutes ces années passées à promettre à notre fille de dix ans que nous passerions beaucoup d’années ensemble en famille avant le jour du départ de son frère pour l’université, ce jour approche à toute vitesse.

En parlant avec des mères qui ont déjà vu leurs enfants quitter le foyer, je constate que je suis la mère universelle, qui se pose les questions universelles :

Se lèvera-t-il assez tôt le matin pour se rendre à ses cours? Mangera-t-il sainement? L’attrait de la liberté nuira-t-il à ces plans pour l’avenir? Lavera-t-il ses draps? Pensera-t-il à nous de temps à l’autre, ou me trouverai-je limitée à ses entrées sur facebook pour découvrir qu’il fait du camping ou de l’escalade?

Et ensuite, il y a les questions importantes :

Sera-t-il en sécurité maintenant qu’il quitte notre petit village tranquille pour la grande ville? Saura-t-il bien gérer son temps et son argent? Se fera-t-il de bons amis? Demeurerons-nous complices, comme nous le sommes aujourd’hui? Continuera-t-il à marcher avec Dieu? Les nouvelles pensées auxquelles il se trouvera affronté vont-elles l’ébranler dans sa foi ou l’aider à approfondir sa foi?

 Je tourne mes pensées vers mon propre départ pour l’université alors que j’avais 18 ans. Ma mère était-elle triste? S’inquiétait-elle pour moi? Peut-être. Mais ce n’est pas cela qui retenait mon attention à l’époque. Je songeais plutôt aux études, aux nouvelles amitiés et aux nouvelles expériences qui m’attendaient, maintenant que j’étais parvenue au stade adulte. Récemment, mon fils Josh a avoué qu’il est content mais un peu anxieux à la fois. Mais je suis certaine qu’il se trouvera rapidement bien à l’aise dans sa nouvelle vie. Il me manquera terriblement, mais voudrais-je vraiment qu’il demeure à tout jamais auprès de nous, sain et sauf? L’idée derrière le film Faux départ est comique, mais les parents qui voient leur fils adulte s’installer dans leur sous-sol et passer sa vie à jouer des jeux vidéo ne trouvent pas cela comique du tout. Je veux que mon fils ait le courage de s’aventurer seul, par la foi. C’est le but que je me suis donné en tant que mère. Et donc, je me dis que ce départ est bon et bien. C’est comme cela que cela devrait se passer. Je ne peux pas l’empêcher de prendre son envol, et je ne devrais pas essayer de le faire. Mais je peux l’aider à se préparer à cet au revoir imminent. C’est sa vie et son avenir, et c’est à lui de les vivre. Ma tâche, dorénavant, c’est de le laisser les vivre.

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