“Nuits blanches” à Saskatchewan

Auteur: Phil Callaway

Par  Phil Callaway

En tant qu’écrivain d’événements insolites qui se passent au foyer, une des mes plus grandes joies est de recevoir des lettres de lecteurs qui me demandent conseil. Par exemple, voici une lettre de la part de David, de Moose Jaw, Saskatchewan au Canada.

Cher Phil,

Depuis des années, je m’amuse à lire tes histoires au sujet de tes enfants.  Mais j’espère que tu exagères.  Tu vois, ma femme va accoucher d’ici un mois, et je suis un peu craintif.  Non, à vrai dire, j’ai une trouille bleue. En fait, des fois j’aimerais bien éviter cet événement.  J’ai 21 ans et j’ai l’impression que la vraie vie se termine.  Nous avons des amis qui ont eu leur premier enfant il y a un an et ils ont à peine fermé l’œil depuis.  Ils ne sortent que très rarement, et quand je les vois ils ont des cernes énormes.  Ils croient vraiment qu’il est l’enfant le plus mignon sur la terre. Moi, je pense qu’il ressemble plutôt à l’extraterrestre ET.  Le mari le lange avec une pince à linge sur le nez, et je suis convaincu que je serai pire que lui.  Je n’ai jamais pris un enfant dans mes bras, et je crains tellement que je vais l’échapper.  Voici ce que j’aimerais savoir : Que puis-je faire pour me préparer à être père ?  S’il te plaît, réponds-moi—et vite !

« Nuits blanches » à Saskatchewan

Voici ma réponse :

Cher David,

Félicitations !  Tu vas bientôt être reçu dans le Club des «Gars qui ne peuvent croire qu’ils sont pères ». Quand je me suis marié, l’idée de devenir père un jour était loin de mes pensées.  En fait, les enfants me dégoûtaient. Mon frère aîné en avait quelques-uns. Alors que nous fêtions le jour de l’Action de grâces une année, je regardais ses enfants mettre des pois dans leurs oreilles et du maïs dans leurs couches. D’autres choses encore sortaient de leur nez. Et ils demandaient des bisous !  Et — tu l’as deviné– leur mère les a embrassés !

Je prenais une sieste sur le canapé pour me remettre du festin quand mon neveu a posé une couche mûre sur mon front.  Ce jour-là j’ai fait un vœu : J’aurais des enfants le jour que les vaches donnent du lait frappé.

Mais une nuit fatidique, ma merveilleuse épouse s’est présentée devant moi en lingerie séduisante en me disant : « Chéri, si nous avions des enfants ?  Beaucoup d’enfants ?»

Cela me semblait une bonne idée à ce moment là.

Huit mois plus tard, je suivais des cours prénataux.  David, c’est à 25 ans qu’on m’a appris à respirer.  La sage-femme m’a offerte une balle de tennis.  « Massez son dos avec cela pendant l’accouchement. » m’a-t-elle dit.  « Cela va lui procurer un sentiment de paix et de sérénité, un sens d’unité avec toi et avec l’univers. J’ai pensé, «Je te parie que Solomon n’a jamais participé aux cours prénataux. »

Le 31 mai 1986 était un samedi.  Pendant que mes copains jouaient au base-ball, j’arpentais les couloirs de l’hôpital avec ma femme, devenue méconnaissable. Alors que Ramona avait toujours été douce et calme, cette femme ressemblait à Attila le Hun en robe d’hôpital.

« MASSE MON DOS !»  m’a-t-elle commandé.

J’ai pris ma balle de tennis.

« NE ME TOUCHE PAS !»  m’a-t-elle crié.

Eh bien, cela a continué pendant au moins …..14 ans.  Jusqu’à ce que je me trouve face à face avec le premier vrai miracle dont j’avais été témoin : mon fils, mon premier-né. Je l’ai serré dans mes bras, David.  J’ai touché ses doigts minuscules et j’ai compté ses orteils.  Je l’ai regardé dans les yeux.  Ils étaient bleus, comme les miens.

«Stéphane» a dit ma femme, avec le plus large sourire que j’aie jamais vu sur son visage.  En cet instant, quelque chose m’est arrivé.

Ce premier regard dans les yeux de mon fils m’a ébranlé. C’était comme si quelqu’un m’avait donné une grosse claque en disant : « Callaway, pendant les premiers 25 ans de ta vie, tu as été hypocrite.  Tu as été près de l’église, mais loin de Dieu.  Tu tiens dans tes bras un petit gars à qui tu ne pourras rien cacher.  Si tu penses qu’il ne se rendra pas compte de ton hypocrisie, tu es naïf.  Si tu penses qu’il ne va pas apprendre de ce qu’il voit chez toi, réfléchis de nouveau. »

Les gens me demandent parfois quand je suis devenu chrétien.  Je leur répond : le 31 mai 1986. Cette nuit-là, pour la première fois de ma vie, je me suis incliné et j’ai dit,

«Cher Père, je suis désolé.  Fais de moi quelqu’un d’authentique.  Je veux que cet enfant si précieux ait faim et soif de ta justice.  Je veux qu’il aime Jésus du fond de son être.  S’il ne peut pas l’apprendre de moi, il est perdant d’avance. »

J’en étais convaincu, David.

Parfois j’ai l’impression que ma transformation est très lente, mais je crois que Dieu a entendu cette prière. Cinq ans plus tard, ce même petit garçon m’a regardé un soir et m’a dit, « Papa, je veux être comme toi. » J’avais des larmes aux yeux.

Je ne peux pas répondre à toutes tes questions sur l’éducation des enfants, David. Mais je suis convaincu d’une chose : Si tu veux que ton enfant aime Dieu, tu dois aimer Dieu en premier. Si tu veux que ton fils t’obéisse, obéis à la voix douce et tranquille de Dieu.  Et si tu veux que ta vie soit transformée à jamais, fais des enfants.  Beaucoup d’enfants. Et n’oublie pas les pinces à linge.

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