A l’abordage!

Auteur: Anne Bersot

La semaine dernière, j’étais en pleine “bataille navale” sur le grand canal du château de Versailles. Il y avait une foule dense qui admirait les Grandes eaux musicales. C’était magnifique, mais surpeuplé. Nous avons loué avec mes amies une barque à quatre, et nous sommes parties respirer l’air du large. Bien entendu, nous n’étions pas les seules à avoir cette idée, et plusieurs fois, nous avons frôlé la collision avec d’autres capitaines d’embarcation : « Abordage Nippon à babord ! Assaut Viking à tribord ! un Kodak à la mer ! ». N’aimant pas vivre dangereusement, j’ai préféré regagner la terre ferme, et m’insérer dans les troupeaux qui piétinaient sur la rive. Je n’ai pas vraiment le pied marin et je redoute de couler. Une barque ça coule vite : de l’eau dans le fond, et c’est parti.

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J’ai déjà eu le privilège d’être invitée à visiter une base navale et j’ai vu comment étaient fabriqués les sous marins et les bateaux : si une brèche est ouverte dans la coque, les architectes prévoient des caissons étanches, indépendants les uns des autres, pour ne pas que l’eau se déverse de compartiment en compartiment, s’étende dans toute la coque et ne fasse sombrer le navire. C’est d’ailleurs, il me semble, ce qui a fait couler le Titanic : l’eau est entrée par une brèche et s’est déversée de compartiment en compartiment… On connaît la suite.

Il y a aussi souvent des brèches dans la communion fraternelle : un coup dans le dos, une parole de critique, une offense, une erreur funeste, et le phénomène de déversement s’enclenche. La blessure fait entrer des flots déséquilibrants ; par réaction, la personne riposte, son amertume et ses critiques se déversent sur d’autres, qui prennent parti, qui propagent à leur tour l’offense, qui entraînent d’autres représailles et ripostes d’amertume et d’orgueil blessé. Ce sont là les prémices d’un naufrage. Notre divin architecte a lui aussi prévu des « caissons étanches d’isolement » qui stoppent le flot : ils s’appellent le pardon.

Dieu ne nous enseigne pas le pardon pour nous mettre des auréoles sur la tête, il enseigne le pardon car c’est l’élément essentiel qui pare les naufrages. Si nous sommes prises dans les déversements d’une division, nous devons vraiment faire attention à ne pas contribuer à ce déversement infernal des vengeances, des jugements, des représailles et des ripostes. Des églises, des groupes d’amis, des familles se sont déchirés comme ça. Si nous nous trouvons malgré nous embarquées dans une telle spirale, il faut absolument stopper le flot en disant : « ça ne passera pas par moi », et avoir assez de sang froid pour se placer devant Dieu et s’en remettre à sa sagesse et à son arbitrage. Quand on est touché par une division, il est tristement humain de réagir et de prendre parti, mais ce n’est pas ce que Dieu veut. Salomon nous l’a très bien dit dans le proverbe 26 : « Faute de bois, le feu s’éteint ; et quand il n’y a point de rapporteur, la querelle s’apaise. »

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