Que faisons-nous de notre vie quand le « nid » est vide ?

Auteur: Nathalie Biava

En tant que femmes, nous avons senti cette vie se développer à l’intérieur de notre corps. Nous étions émerveillées devant cet être si parfait, le plus beau du monde !

Nous étions attendries lors des premiers pas et des premiers mots. Et nous étions là pour ses premiers devoirs, ses premières lectures, puis ses examens, ses diplômes. Nous avons souvent pleuré, de joie mais aussi d’inquiétude, partageant avec eux leurs soucis, leur premier amour. Nous avons été successivement la plus belle, celle qui dit non, mais aussi la confidente…..Et puis le jour est arrivé où il s’est envolé…

Lorsque les enfants partent, que faisons-nous de notre vie ?

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« Il y a toujours un avant et un après. La vie est ainsi faite. Avant le mariage et après, avant la venue des enfants et après, et enfin avant le départ des enfants et après leur départ de la maison. Cette transition est peut-être plus difficile que les autres car elle est chargée de tout un tas de souvenirs : de la naissance du premier enfant jusqu’aux diplômes du dernier né et l’entrée successive dans la vie active de chacun d’eux sans parler des fréquentations, des mariages, etc. »

Elle a eu quatre enfants et ne garde aucun souvenir pénible de cette période où il fallait assurer l’entretien et l’éducation des enfants étant petits. De même, la période de l’adolescence ne lui a laissé aucun traumatisme !!

« J’avais pris l’habitude, depuis que mes enfants étaient petits, de prendre du temps chaque matin, seule avec Dieu. Et là je priais pour mes enfants en les recommandant à sa grâce, ce que je continue à faire maintenant qu’ils ne sont plus à la maison. »

Le nid se vide

« Puis les départs ont commencé avec les études universitaires. J’ai eu la chance de les voir partir progressivement. D’abord en semaine, et ils rentraient le week-end. Ensuite, la famille a été éclatée aux 4 coins de la France Mais les vacances nous donnaient l’occasion de nous retrouver toujours tous en famille. »

Mais ça ne s’arrête pas la. « Le temps est venu où ils se sont mariés ou mis en ménage. Et c’est là que leur absence a revêtu une autre signification. Elle a provoqué toute une période de remise en question. L’enseignement donné durant l’enfance ne portait pas le fruit escompté. L’investissement dans la prière semblait avoir été vain. L’enfant idéal avait cédé la place à l’enfant réel. Et il fallait ne pas sombrer dans un pessimisme inutile mais se recréer d’autres objectifs stimulants. »

« Cette période de départs s’était bien passée apparemment mais j’éprouvais la nécessité impérieuse de trouver d’autres pôles d’intérêts. Il me fallait ne plus penser à eux en terme de « mère indispensable », mais simplement de mère qui a fini un certain travail auprès de ses enfants et qui doit passer à autre chose dans sa relation avec eux. »

« Cette séparation a été facilitée pour notre part avec un déménagement et un changement de région. Le nouveau logement n’était chargé d’aucun souvenir affectif. Et cela a rendu beaucoup plus aisée la tâche de « réinsertion ».

Avant de m’investir dans la nouvelle église dans laquelle nous nous trouvions, mon mari et moi-même, j’ai repris des études en faculté. J’avais terminé mes études avant notre mariage, mais une fois seule à la maison j’éprouvais ce besoin de « finir » quelque chose qui serait restée comme en suspend, comme si, après avoir refermé la parenthèse des enfants, la phrase devait arriver à un point. Je savais  que ce n’était pas un point final puisqu’une nouvelle orientation était à prendre. »

Le remède : « Je devais tourner résolument mes pensées vers Jésus au lieu de ruminer des choses négatives. »

« Je continue à prier pour mes enfants, non pas en me lamentant s’ils n’orientent pas leur vie comme je le voudrais, mais en remerciant Dieu pour le but qu’Il a fixé pour eux et vers lequel Il saura les conduire. Je prie en ayant les regards fixés sur Jésus, Lui qui alimente ma foi et qui lui donne un but. » HR.

C’est vrai que malgré notre tristesse, nous sommes devant un choix : me laisser aller ou réagir ! Je peux m’asseoir et me souvenir de tous ces moments où la maison résonnait de rires…ou de disputes, ou alors malgré les larmes qui me viennent aux yeux, je peux choisir de me lever, de chercher la direction de Dieu pour cette nouvelle vie.

Je dois aussi penser à mon conjoint qui souffre à mes côtés et qui ne le dit pas forcément ; mais aussi réaliser tout le bonheur de mes enfants, qui désormais à leur tour, fondent un foyer.

Chaque année, des hirondelles nichent dans des remises près de la maison. Au travail très tôt, elles construisent leur nid, savamment élaboré. Elles couvent leur trésor jusqu’au jour où nous entendons un concert de piaillements. Assumant leur responsabilité, elles vont et viennent chargées de nourriture pour leurs petits.

Elles les protègent dès que nous approchons. Après des semaines de soins, les parents leur apprennent à voler et ce jusqu’à leur pleine autonomie. Puis vient la nouvelle saison et tout ce monde s’envole pour des horizons lointains, ils reviendront l’année suivante pour nicher à leur tour.

Frappant, n’est-ce pas ? La vie qui apparaît, l’apprentissage et l’envol ! Pour l’hirondelle, c’est un cycle bien rodé, mais pour nous êtres humains l’envol si logique et nécessaire est souvent la source de bien des souffrances et de tristesse. La Bible nous parle de ce «passage » de la vie «C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et les deux deviendront comme une seule personne.»  Ephésiens 5:31… Nous l’avons fait, ils doivent le faire.

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