Comme un enfant

Auteur: Nathalie Peatier

Depuis que Kathleen a deux ans, notre vie a changé du tout au tout. Notre benjamine, au tempérament égal et bien disposé, s’est transformée en une poupée qui dit « non, non, non, non,non,non ». Eh oui ! Comme dans la chanson , elle dit « non » toute la journée!

Cette métamorphose s’est accompagnée de manifestations d’autonomie très prononcées. Désormais, il n’est plus question de l’aider à manger, ou même à monter les escaliers.Pas moyen non plus de lui faire donner la main quand on se promène. Il faut dire que nous avons la chance d’habiter à la campagne, et que nos routes ne sont pas très fréquentées. Mais quand même, en maman soucieuse de la sécurité de sa fille, je veille au grain ! Une marche derrière elle, je la suis jusqu’à l’étage, et quand on va se balader, je me débrouille pour ne jamais être très loin. Tout ceci, bien sûr, en m’efforçant de ne pas entraver l’acquisition de sa sacro-sainte autonomie !

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Kathleen est très fière de cette nouvelle indépendance, mais en même temps, malgré son jeune âge, elle fait preuve d’une grande sagesse. Voyez-vous, elle connaît ses limites, et quand elle se sent dépassée par les événements, elle sait vers qui se tourner et n’hésite pas à le faire. Qu’un bruit annonciateur de danger vienne couvrir le chant de oiseaux , et hop, elle se tourne vers moi et tend les bras en disant :
« Maman ! »

Quand je me penche pour la prendre, je lis à chaque fois dans ses jolis yeux une confiance absolue. Confiance absolue que quelque soit le danger qui s’annonce, je saurai l’en protéger. Quand elle cache son visage dans mon cou, elle n’a plus peur, elle rit ! Plus de trace d’inquiètude, elle est en sécurité.

Dans ces moments-là, mon coeur se gonfle d’amour, et je suis tellement heureuse qu’elle se tourne vers moi, qu’elle ait encore, un peu, besoin de moi !

L’autre jour, je n’ai pu m’empêcher de penser que Dieu devait lui aussi partager ce genre de sentiments. Je crois qu’Il est, lui aussi, profondément heureux quand ses enfants se tournent vers Lui quand ils se sentent en danger, ou même simplement dépassés par les événements.

C’est vrai, nous avons besoin de Lui en permanence. D’ailleurs, dans les premiers temps de notre conversion, nous baignons dans son amour, nous vivons en osmose presque parfaite avec lui, et nous dépendons entièrement de lui. Lors de notre nouvelle naissance, comme lors de notre naissance physique, nous avons un besoin profond, vital même, de la présence d’un parent aimant et dévoué. Cependant en grandissant, nous apprenons à compter davantage sur nos propres forces. Parfois même, comme Kathleen, nous devenons férocement indépendants. Pourtant, contrairement à elle,  nous ne faisons pas toujours preuve de sagesse lorsque nous atteignons nos limites. Notre orgueil nous retient de nous tourner vers notre Père en criant « Abba » quand nous sommes en danger et sur le point de tomber.

Après tout, pensons-nous, nous sommes grands maintenant !

Parfois aussi, nous n’osons pas déranger le Dieu tout-puissant car nous pensons que nos soucis et nos préoccupations n’en valent pas la peine. Ce faisant, nous oublions que nous Le privons, Lui, d’une grande joie, et nous-même de son soutien infaillible et tendre.
Comme je suis Kathleen à petite distance sur les chemins de campagne, Dieu nous suit avec attention sur les chemins de notre vie. Comme elle, souvent, nous refusons de lui tenir la main, mais cela ne L’empêche pas de garder son oeil vigilant sur nous.

Bien sûr, nous tomberions moins souvent si nous acceptions de marcher en permanence main dans la main avec Lui, mais à défaut d’y réussir, nous ne devrions pas hésiter un instant à Lui tendre les bras quand nous venons de chuter ou quand  la peur nous saisit. Parce que comme nous le dit si bien Gil Bernard dans sa chanson inspirée du  Psaume 23, « Que survienne le danger, ne t”en fais pas mon âme, il vient toujours protéger, ceux qui le réclament, oh non je ne craindrai rien, le Seigneur est mon gardien.»

L’avantage incontesté des tout petits enfants, c’est qu’ils se fichent pas mal du regard des autres. Malgré sa soif d’indépendance, Kathleen n’hésite pas une seconde à faire appel à moi dans les moments difficiles.  Elle ne s’inquiète pas de savoir ce que moi et/ou les gens qui nous entourent allons penser d’elle. Du haut de ses deux ans, elle a bien compris que je la connais, que je l’aime, et que je l’accepte telle qu‘elle est. Pour elle, c’est tout naturel.

Dieu, Lui, nous dit tout au long de sa Parole combien ce rôle de Père aimant Lui tient à coeur. Nous ne pouvons pas Le décevoir par nos échecs puisque Lui mieux que quiconque nous connais, nous aime et nous accepte tel que nous sommes. Souvent donc, le seul obstacle qui nous retient de nous jeter dans Ses bras, c’est notre orgueil. Mais quel prix élevé celui-ci nous fait payer lorsqu’il prend le pouvoir dans nos vies! A nous d’être plus forts que lui, car alors nous découvriront les trésors de l’amour de Dieu, sans compter qu’en prime, nous réjouirons son coeur de Père.

Luke, lui , est entré en sixième l’année dernière. Excellent élève et grand sportif, il avait tous les atouts pour réussir ce passage. Pourtant, la veille du grand jour, il m’a appelé dans sa chambre au moment du coucher, et pour la première fois depuis longtemps il m’a dit : « Maman, j”ai besoin d”un calin, je me sens comme un gros bébé…»

Moi aussi parfois j’ai l’impression que ma vie devient trop difficile. Je me sens aussi fragile qu’une petite fille, alors je me souviens que j’ai un Père qui a toujours les bras ouverts, et qu’il attend qu’une chose : que j’y cours m’y réfugier.

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