Histoires partagées, vies réelles

Auteur: Jennifer Maggio

–traduit de l’anglais par Carine Bisseck

Alors que l’infirmière quittait la salle de l’unité de soins de santé gratuits de ma région, des larmes ont commencé à rouler sur mes joues. Mon corps de jeune fille de 17 ans s’est mis à trembler d’une manière incontrôlée. L’infirmière venait de me confirmer que j’étais effectivement enceinte. J’étais déjà à six mois de grossesse, je n’avais pas de logement et j’étais seule. Je n’avais pas d’argent, pas d’emploi et aucun avenir. Qu’allais-je faire d’un enfant? À peine quelques mois plus tôt, j’étais présidente de ma classe, j’avais prononcé le discours d’adieu de ma promotion et je m’apprêtais à entrer dans une université de haut niveau avec une bourse complète. Maintenant, ma vie était finie et je ne pouvais rien y faire.

Étant enfant, j’avais déjà eu mon lot de soucis. Ma mère avait été tuée de manière inattendue et j’ai été élevée par mon père qui s’est marié six fois. Pendant plus de 9 ans, différents membres de la famille et voisins ont abusé de moi. On m’a obligée à voler et à regarder de la pornographie. Physiquement, j’étais battue et je souffrais de malnutrition.

Peut-on alors s’étonner que j’aie sombré dans la promiscuité sexuelle à l’âge de 13 ans seulement? J’avais désespérément besoin d’attention, d’amour et de reconnaissance. J’avais à peine 17 ans que je me retrouvais enceinte pour la troisième fois. Après deux fausses couches, j’aurais dû me rendre compte que le contrôle de ma vie m’échappait complètement, mais j’étais là à 17ans, jeune diplômée et enceinte pour la troisième fois.

Peu de temps après avoir découvert ma grossesse, mon père m’a chassée de la maison familiale et ne m’a plus jamais proposé de revenir vivre avec ma famille. J’étais abandonnée à moi-même. Où allais-je aller? Qu’allais-je faire? Je n’avais que les vêtements que je portais. Je n’avais plus d’avenir et j’étais certaine d’avoir ruiné ma vie. C’est à ce moment-là que j’ai dû faire un choix. Est-ce que j’allais laisser cette situation m’abattre ou allais-je me battre pour moi-même, mais aussi pour mon futur enfant?

Au début, l’avenir semblait très sombre. Le mieux que j’avais pu faire avait été d’obtenir un logement du gouvernement et j’utilisais des coupons alimentaires ainsi que l’aide sociale pour joindre les deux bouts. J’ai obtenu un emploi à temps plein dix jours après avoir donné naissance à mon enfant et je suivais des cours à temps plein à l’université pendant les soirées. J’avais peu de meubles, pas d’argent à jeter par les fenêtres et une vieille guimbarde en guise de voiture qui tombait en panne toutes les semaines. Mais je m’en sortais. Et au moment où je commençais enfin à voir la lumière au bout du tunnel, je me suis retrouvée une nouvelle fois enceinte!

J’étais embarrassée, j’avais honte et c’est pendant cette période que j’ai été à deux doigts de me suicider. Quel sens prenait ma vie? Est-ce que j’allais rester toute ma vie une mère célibataire vivant sous le seuil de pauvreté et incapable de répondre aux besoins de ses enfants? J’ai commencé à caresser l’idée de retourner à l’église. Malgré mon passé, j’avais toujours plus ou moins gardé le contact avec l’église. Je connaissais les voies et l’œuvre de Dieu. Mais comment pouvais-je y retourner? J’avais deux enfants conçus hors des liens du mariage et j’avais commis de nombreuses erreurs dans mon passé. Tout cela pesait sur ma conscience comme si j’avais vécu des milliers d’années et j’étais certaine que les murs de l’église céderaient sous le poids de ces péchés une fois que je franchirais son seuil. Mais…………… j’y suis quand même allée.

J’aimerais pouvoir vous dire que j’ai fait une rencontre avec Dieu qui a changé ma vie lorsque je suis retournée pour la première fois à l’église, mais ça n’a pas été le cas. J’ai cependant continué à y aller. Très vite, j’ai commencé à y aller deux à trois fois par semaine. Doucement, tout doucement, j’ai commencé à porter un regard neuf sur la vie. Je me sentais plus régénérée, plus optimiste et plus en paix que je ne l’avais été auparavant. Au cours de l’un des services du dimanche, le pasteur a commencé à parler de la dîme, c’est-à-dire, le fait de donner dix pour cent de ses revenus à l’église. Ce n’était pas la première fois que j’entendais parler de ce concept, mais j’ai tout de suite pensé : « Comment puis-je donner de l’argent à l’église alors que j’arrive à peine à joindre les deux bouts? » Au cours des mois suivants, je n’ai pas arrêté de penser à ce système de dîme et à ce que le pasteur avait dit. J’ai donc décidé de l’appliquer.

Dans les six mois ayant suivi mon premier versement de dîme, j’ai obtenu un emploi avec un salaire pratiquement deux fois supérieur à mon maigre revenu. Au bout de deux ans, j’ai obtenu l’un des emplois les plus convoités de notre région et je suis par la suite devenue une dirigeante de société hautement reconnue au sein de l’une des plus importantes entreprises du pays figurant au classement de Fortune 500. Dieu, par sa grâce et sa miséricorde, a choisi de me sortir des profondeurs de la pauvreté pour me remettre sur pied. Je vivais la vie dont j’avais toujours rêvé, je partais en vacances dans des endroits de rêve, je conduisais une voiture luxueuse et j’étais propriétaire d’une belle maison. Je ne méritais rien de tout cela, mais mon Père qui est dans les cieux m’aimait suffisamment pour me bénir en me permettant d’avoir tous ces biens. Il ne tenait pas compte de mes erreurs passées et des choix que j’avais faits. Il m’aimait. Peu de temps après, il a mis sur ma route l’homme de mes rêves et nous nous sommes mariés par la suite.

J’ai finalement quitté le monde de l’entreprise et tous les biens matériels qui allaient avec pour poursuivre la passion que Dieu avait mise dans mon cœur et qui était celle d’exercer un ministère auprès des mères célibataires. J’ai entrepris un voyage pour aller tendre la main aux personnes pauvres et à celles qui souffrent : les veuves, les jeunes filles mères et les femmes divorcées. Grâce à la générosité et au leadership de l’église Healing Place Church, nous avons ouvert notre premier ministère pour les mères célibataires qui a connu une augmentation de plus de 700 % depuis son ouverture. Le ministère accueille des centaines de femmes dont l’âge varie, c’est-à-dire des adolescentes jusqu’à des femmes dans la cinquantaine. Certaines de ces femmes sont des mères célibataires ayant fait de hautes études et souhaitant recevoir des conseils sur la manière d’éduquer leurs enfants ou recherchant des occasions de croissance spirituelle; d’autres n’ont pas obtenu leur diplôme d’études secondaires. Parmi ces femmes, on en trouve également qui assistent aux cultes et d’autres qui n’y mettent pas les pieds. Mais quel que soit leur passé, les vies de ces femmes sont radicalement transformées pour la cause du Christ. Les athées ont trouvé le Christ et celles qui étaient sous l’emprise de la drogue en sont désormais libérées, tandis que celles dont les cœurs étaient brisés sont maintenant guéries.

Avec 17 millions de mères célibataires dans notre pays, je mets au défi chaque église de notre nation d’ouvrir un groupe ou un ministère consacré aux mères célibataires. 67 % d’entre elles ne fréquentent aucune église de manière active et plusieurs d’entre elles citent la peur, le jugement et la honte pour en expliquer les raisons. Nous avons été appelés pour prêcher la bonne parole aux pauvres et aux personnes qui souffrent, ainsi qu’aux veuves et aux orphelins. Quel meilleur moyen pour aider les mères célibataires? Nous nous sommes lancés dans ce combat et vous, voulez-vous en faire partie?

« Utilisé avec l’aimable autorisation de Jennifer Maggio, auteure de « The Life of a Single Mom. » Copyright (c) 2009 par Jennifer Maggio www.thelifeofasinglemom.com . Tous droits réservés.

 

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