Être un témoin dans sa vie quotidienne : partie 4

Auteur: AgapeFrance

DES OCCASIONS À SAISIR

Au fur et à mesure de nos conversations, les occasions sont nombreuses où nous pouvons parler de notre foi. Encore faut-il savoir le faire et oser se lancer. Ainsi, au cours de conversations aussi diverses que la course aux armements, l’éducation des enfants, le pacifisme, l’évolution, l’engagement social, etc., nous pourrons toujours à un moment ou un autre dire à notre interlocuteur, quelque chose comme :

— Eh bien, voyez-vous, pendant longtemps j’ai moi aussi vu les choses un peu comme vous, mais depuis que j’ai une relation personnelle avec Jésus-Christ, ma perspective est différente.

—  ???..

— Oui, en fait, je n’ai pas encore eu l’occasion de vous en parler, mais je n’ai pas toujours eu une foi vivante, et quand j’étais au lycée…

Et voilà une porte ouverte pour raconter qui vous étiez, ce que vous pensiez avant de rencontrer le Seigneur et comment vous avez vécu cette rencontre. C’est cette expérience de rencontre avec le Seigneur et de conversion initiale que nous appelons « le témoignage personnel ». Nous allons maintenant dans cet article réfléchir à la façon de la construire et de le dire afin que, vous puissiez, vous aussi, le partager avec d’autres. L’expérience nous a prouvé que c’est à nous de prendre l’initiative de parler de notre foi.  Même si nos interlocuteurs sont intéressés par le sujet, ils auront souvent peur de l’aborder eux-mêmes parce que ce ne sont pas des sujets dont on parle d’ordinaire, ou dans ce domaine, ils ne maîtrisent pas la situation. Alors en prenant vous-mêmes l’initiative, vous leur donnerez une chance d’avoir la conversation qu’ils attendent et qu’ils n’osent pas provoquer.

UN BESOIN D’IDENTIFICATION

La meilleure façon d’ouvrir facilement la porte à de telles conversations est de ne pas chercher, à tout prix, à jouer aux petits saints, aux gens vertueux dont le dogme est infaillible. En fait, si nous avons aujourd’hui quelques certitudes, si nous discernons mieux le Bien et le Mal, si nous avons la capacité de vivre une vie morale, il serrait bon de nous souvenir qu’il n’en a pas toujours été ainsi : qu’avant de rencontrer le Seigneur (et même depuis!) nous aussi nous avons tâtonné, nous avons glissé sur des chemins dangereux ou que nous sommes engagés pour des idées contraires à ce que la Bible nous enseigne. Voilà ce qu’il nous faut reconnaître devant nos interlocuteurs! Ils ont besoin de savoir que nous sommes, comme eux, des êtres faits de chair et de sang, pétris de doutes, mais que le Seigneur a transformés.

Pour être intéressé à nos propos, notre interlocuteur a besoin de trouver des points d’identification, des domaines particuliers de notre vie ou de notre cheminement où il puisse nous dire : « Voilà, ici, tu m’intéresses parce que c’est exactement là où j’en suis. »  Voilà pourquoi, parler de ce que Dieu a accompli dans notre vie a un impact certain auprès de nos interlocuteurs, car :

1 ° Cela ne peut pas prêter à controverse : il n’y a rien à réfuter à une expérience vécue. On peut récuser des arguments intellectuels, mais on ne peut rien contre une expérience. Avant de toucher l’intellect, votre témoignage personnel touchera le cœur… et c’est souvent là que les nœuds plus serrés commencent à se dénouer!

2 ° Un témoignage personnel est porteur d’espérance : plus la personne pourra s’identifier à votre expérience, plus elle sera intéressée par votre cheminement spirituel. C’est comme si une porte nommée « espérance » s’ouvrait devant elle. En écoutant votre récit, elle s’engage avec vous sur le même chemin, et dans son esprit mûrit peu à peu la pensée : « Pourquoi pas moi? » Et dès cet instant-là, c’est sûr, tout devient possible!

ÊTRE PRÊT… C’EST ÊTRE PRÉPARÉ!

L’apôtre Pierre nous demandait d’être toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous.  « Être prêt » c’est être disponible au Seigneur, mentalement et spirituellement, pour toutes les occasions qui pourront se présenter : en un mot, c’est être rempli du Saint-Esprit. Mais être prêt, c’est aussi être préparé! Si nous n’avons jamais pris la peine de réfléchir d’abord pour nous-mêmes à ce que nous avons vécu, nous ne saurons pas de quoi parler le moment venu. Être prêt, c’est s’être préparé à l’avance, c’est avoir recherché dans notre propre expérience ce qu’il serait bon de partager afin d’intéresser les autres à Jésus-Christ.

Il y a de nombreux avantages à avoir préparé à l’avance de ce que nous aurons à dire lorsque nous voudrons rendre compte de notre foi aux autres. Parmi ces avantages, voici les plus importants :

1 ° être honnête : il est souvent très difficile lorsque l’on est pris au dépourvu d’éviter les clichés et l’exagération ou inversement, ce qui est très tentant, de passer sous silence des faits importants qui susciteraient l’identification chez notre interlocuteur, mais que l’on oublie faute de préparation.

2 ° être bref : apprendre à rester bref, à parler de l’essentiel en un temps limité, est un exercice qui ne peut s’acquérir qu’au prix d’une minutieuse préparation. Mais ceci est fondamental, car nous aurons alors de multiples occasions de parler de notre foi même si le temps que nous laisse notre interlocuteur ne dépasse pas quelques minutes. Nous aurons appris à lui parler de l’essentiel. Il sera intéressé, car nous aurons compris comment éviter les longueurs inutiles. Aussi, lorsque vous préparez un texte pour votre témoignage personnel, soyez particulièrement vigilant à sa longueur. Visez la cible des 3 minutes… et pour mieux vous rendre compte de ce que cela représente, essayez d’écouter attentivement et sans l’interrompre une personne qui vous parle durant tout ce temps : vous verrez si ce n’est pas déjà un exploit!

3 ° être percutant : toute expérience vécue, présentée de façon honnête, sera naturellement percutante pour nos auditeurs… surtout si elle pénètre leur conscience par la puissance du Saint-Esprit!

4 ° être disponible : c’est la première qualité d’un témoin. Si vous maîtrisez bien ce que vous avez à dire, vous n’aurez aucune crainte à orienter vous-même la conversation vers des sujets spirituels, devenant même capable, le cas échéant, d’adapter votre présentation aux besoins spécifiques de votre interlocuteur. Plus vous maîtrisez le contenu de votre témoignage personnel, plus vous serez détendu et libre de vous en éloigner pour répondre aux attentes particulières de celui qui vous écoute. Voilà ce qui vous rendra, à coup sûr, disponible, ouvert et sensible aux autres dans vos conversations.

LE PLUS COMMODE? UN PLAN CHRONOLOGIQUE

Le fait de donner ainsi son témoignage personnel n’est pas une nouvelle « technique » d’évangélisation. Les apôtres eux-mêmes l’ont fait à plusieurs reprises lorsqu’ils étaient interpelés par la foule ou les autorités à rendre compte de l’espérance qui était en eux. Témoin ces deux passages du livre des Actes (Actes 22.1-16 et Actes 26.1-20) où Paul retrace à deux reprises devant ses contradicteurs son cheminement spirituel. Si vous étudiez de près ces deux passages, vous pourrez voir que Paul maîtrisait bien le contenu de ses présentations au point de pouvoir les adapter, sans rien renier de son expérience personnelle, aux besoins précis de ses interlocuteurs. Dans les deux cas, le plan suivi par Paul est simple, chronologique, et je crois que nous pourrions avec profit nous en inspirer nous aussi pour nos présentations et suivre, à notre tour, un plan en trois parties comme le suggère la feuille de travail ci-après :

MON TÉMOIGNAGE PERSONNEL

 

  1. AVANT DE METTRE MA CONFIANCE EN JÉSUS-CHRIST, JE VIVAIS ET PENSAIS AINSI :

 

  1. VOICI COMMENT J’AI REÇU JÉSUS-CHRIST DANS MA VIE :

 

  1. APRÈS AVOIR CONFIÉ MA VIE À JÉSUS-CHRIST, VOICI QUELS CHANGEMENTS SONT SURVENUS DANS MA VIE :

RÉCOLTE D’INFORMATION

Pourquoi attendre? Mettons-nous tout de suite au travail et bâtissons nos témoignages personnels. Pour cela :

1 ° Reproduisez sur une feuille blanche le plan proposé précédemment en laissant suffisamment d’espace pouf chaque point.

2 ° Pour chaque rubrique jetez, pèle-mêle, toutes les idées qui vous viennent à l’esprit :

Voici quelques questions supplémentaires pour vous aider :

Point I

— Quels étaient vos idées, vos expériences, vos engagements avant de rencontrer le Seigneur?

— Comment s’est passée votre enfance? Votre adolescence? Votre mariage? etc.

— Quelles rencontres, quels livres ont influencé vos idées? Comment cela s’est-il passé et pourquoi?

— Où en étiez-vous au niveau spirituel? Quelle image vous faisiez-vous de Dieu?

— Étiez-vous heureux? Insatisfait? Pourquoi? Etc.

Point II :

— Comment en êtes-vous venu à considérer la foi chrétienne et la personne de Jésus-Christ?

— Comment avez-vous peu à peu changé d’opinion sur Jésus? Qui était-il pour vous, avant? Qu’avez-vous alors compris à son sujet? Par quel moyen êtes-vous parvenu à cette connaissance?

— Comment êtes-vous parvenu à ressentir votre besoin de croire pour être sauvé?

— Comment s’est passée la décision de remettre votre vie à Jésus-Christ? Essayez de raconter ce moment si important.

Point III :

— Depuis que vous avez rencontré Jésus-Christ personnellement, qu’a-t-il changé dans votre vie? Immédiatement, au moment même de votre décision? Et depuis?

— En quoi les idées, les perspectives que vous aviez sur la vie auparavant ont-elles changé?

— Comment les problèmes ou tensions auxquels vous faisiez face ont-ils évolué?

— Quels sont les buts actuels de votre vie?

— Que veut dire vivre avec Jésus-Christ dans le quotidien? etc.

À noter : Si vous avez rencontré le Seigneur dès votre enfance, développez essentiellement ce point III en expliquant comment vous avez grandi dans votre compréhension de l’Évangile : par exemple, comment vous avez peu à peu donné de plus en plus de place à Jésus dans votre vie tout d’abord comme votre Sauveur personnel puis comme votre Seigneur.

CHOIX D’UN THÈME, D’UNE IDÉE DIRECTRICE

Maintenant que ce premier travail de recherche est accompli, un thème dominant, une idée principale va se dégager de vos notes, par exemple : la course au succès, la recherche d’un but, le pouvoir, l’argent, le désir d’une vie pleine, un souci de justice, l’aide à apporter aux autres, etc. Développez votre témoignage personnel à partir de ce thème particulier. Pour ce faire :

Point I

Élaguez les anecdotes, descriptions, etc., qui ne se rapportent pas directement ou qui sont en surcharge.

Point III :

Montrer en quoi votre rencontre avec Jésus-Christ a changé votre perspective sur ce point particulier ou comment elle y a apporté une solution.

À noter : Ce choix d’un thème, d’une idée directrice, est très important, car c’est lui qui donnera de la cohésion à vos propos et permettra à vos interlocuteurs de s’identifier à votre expérience. Alors si vous êtes embarrassé à ce sujet, n’hésitez pas à demander l’aide d’un ami. Une personne extérieure sera, bien souvent, beaucoup plus perspicace à ce sujet que nous pourrions l’être nous-mêmes!

RÉDACTION

Vous avez trouvé le thème directeur de votre témoignage personnel : vous en avez organisé les différents éléments, supprimant ici et là ce qui pouvait être inintéressant ou hors-sujet. Votre préparation touche à sa fin, mais elle n’est pas encore terminée, car il faut maintenant rédiger le texte de votre présentation. L’expérience nous a montré, à ce propos, combien il était important d’écrire noir sur blanc, au moins une fois, le texte de notre témoignage. Ce faisant, ayez soin d’éviter :

l’exagération, les expressions emphatiques ou ampoulées

Ex. : désespéré, misérable… Merveilleux, incroyable, extraordinaire…

Restez plutôt simple et vrai. Ne tombez pas dans la caricature en noir et blanc à laquelle on a si souvent tendance lorsque l’on veut convaincre un interlocuteur.

le jargon chrétien : des expressions telles que « né de nouveau », « le salut », la « conversion », etc. Ces mots ne signifient rien pour nos interlocuteurs. Ils doivent donc être évités ou expliqués. Même le mot « péché » ne doit pas être utilisé dans un témoignage sans en expliquer le sens biblique.

les critiques, les remarques négatives sur une telle église, telle personne, ou telle organisation religieuse. Si une allusion de ce genre était inévitable à la bonne compréhension de votre témoignage personnel, placez plutôt cette expérience en arrière-plan et surtout ne mentionnez jamais de nom.

N’oubliez pas que le but premier de votre témoignage est de rendre gloire à Jésus-Christ en le faisant connaître à votre interlocuteur. C’est sur la personne même de Jésus-Christ et non sur des expériences humaines que doit porter l’accent principal de votre témoignage.   C’est pourquoi travaillez tout spécialement le point II lors de votre rédaction, car c’est là où se trouveront développés les principaux éléments de la Bonne Nouvelle.

EXEMPLES DE TÉMOIGNAGES RÉDIGÉS

… Prêts? !

Pour terminer votre préparation, entraînez-vous à dire le texte de votre témoignage personnel plusieurs fois, à haute voix. Il devra être écrit sur le ton de la conversation et non avec un style littéraire, car il est destiné à être dit et non lu. Veillez à ce qu’il ne dépasse pas 3 minutes.  Reprenez-le jusqu’à ce qu’il vous vienne très naturellement sur les lèvres.

Maintenant vous voilà prêt à « rendre compte devant quiconque vous le demandera de l’espérance qui est en vous ». Vous trouverez très facilement des occasions inattendues pour le faire, car le Seigneur honore la foi de celui qui est prêt à le servir. Au cours des conversations, soyez naturels. Donnez votre témoignage soit en partie, soit en totalité, selon le contexte. Et vous serez sans doute étonné de l’impact que votre expérience personnelle aura sur la conscience de vos interlocuteurs. Beaucoup de discussions spirituelles vont parfois très loin après cet humble début. Vos interlocuteurs seront parfois avides de questions sur l’existence de Dieu, la personne de Jésus, la vie chrétienne, etc. À nous alors de leur présenter d’une façon claire le message de la Bonne Nouvelle. Le faire de façon convenable dépendra, là encore, pour une bonne part, d’apprentissage et de formation. Nous devons apprendre quel est le contenu de ce message et comment le communiquer en termes simples. Cela mérite que nous y arrêtions un petit instant : alors, lisons le prochain article!

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D’après le livre :

How to Tell Others about Christ

de Bill Bright©1972, 1981, Campus Crusade for Christ

© Texte : équipe de Campus pour Christ — France, 1985

Adaptation : Annie Husson, 1985

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