Quand la douleur dure

Auteur: Anne-Marie Montgomery

Lorsque j’étais enfant, je n’ai jamais imaginé qu’un jour, je souffrirais de douleur chronique. J’étais une enfant active, une adolescente qui adorait l’activité physique, et je pensais rester en forme pour la vie.

Mais, parfois, la vie prend un détour…

Quelques mois après la naissance de mon troisième enfant, tout mon côté droit a commencé à trembler au moindre effort. Cette faiblesse inexplicable accompagnée de fatigue extrême et de douleur neurologique constante a continué à influencer ma vie quotidienne pendant des années. Avec le temps, j’ai découvert la cause primaire de la faiblesse et de la fatigue. Lorsque j’ai adopté un régime sans gluten, cela n’a pris que trois jours pour que la fatigue se lève et que la faiblesse disparaisse. Je pouvais de nouveau marcher sans canne!

Cependant, la douleur neurologique qui affectait mon côté droit ne s’est jamais éclipsée. Jusqu’à aujourd’hui, elle m’accueille au réveil pour m’accompagner tout au long de la journée. Elle s’atténue parfois, mais sans jamais me quitter.

Je sais que je ne suis pas la seule à lutter contre la douleur chronique : « Selon des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2005, 27 % des personnes âgées résidant dans des ménages privés souffraient de douleur chronique, comparativement à 16 % seulement des personnes âgées de 18 à 64 ans. »[i]

Seize pour cent seulement? Mais, c’est beaucoup de gens!! Environ une personne sur six souffre de douleur chronique au Canada… Nous sommes beaucoup à voir notre vie prendre un détour imprévu!

Les effets de la douleur chronique

Nous ne pouvons pas nier qu’une lutte constante contre la douleur vient influencer notre qualité de vie. La douleur peut nous enlever tout  espoir et joie dans la vie, pour nous laisser découragés, voire même déprimés. Notre incapacité à faire même les choses les plus simples peut nous laisser frustrés. Le fait que nous vivons dans une société qui accorde tant de valeur à la productivité peut nous laisser avec un sentiment d’infériorité. Si la douleur nous empêche de travailler, nous souffrons alors de la pauvreté et du manque de statut social qui accompagnent le chômage.

Grâce à mon mari, je n’ai pas connu la pauvreté, mais j’ai bel et bien connu ces autres effets de mon incapacité. Je ne saurais vous dire combien de fois je me suis retrouvée dans ma chambre à pleurer le fait que je n’arrivais plus à être la mère, l’épouse, l’amie que je désirais être. J’ai imploré Dieu plus d’une fois de venir me guérir, mais en vain. Il me demandait plutôt de lui faire confiance, en me disant qu’il pouvait accomplir dans ma faiblesse beaucoup plus qu’il ne pouvait accomplir si je demeurais forte (2 Corinthiens 12.9).

Ce n’était pas très réconfortant, surtout au début… mais tranquillement, au fil des ans, j’ai vu Dieu agir dans mon cœur et dans ma vie d’une façon insoupçonnée…

Libérée des attentes humaines

J’ai toujours eu le désir de plaire aux autres, et je m’épuisais souvent à le faire. Cependant, cette douleur chronique est venue limiter de beaucoup l’aide que je pouvais offrir. En fait, j’étais devenue celle qui avait besoin d’aide de la part de mon mari, de mes enfants, de ma mère, de mes amis, de mes voisins… Je trouvais cela difficile, parce que pour demander de l’aide,  je devais me libérer de cette image de femme forte et indépendante que je m’étais forgée.

Un jour que je parlais avec Dieu du fait que je ne pouvais plus rien faire, il m’a dit : « Je te donne toujours la force de faire ce que je veux que tu fasses. Mais es-tu prête à ne faire que ce que je veux? Si tout ce que je veux de toi, c’est que tu te réjouisses en moi, allongée sur ce lit… le ferais-tu? »

En premier, ma réponse à cette question était « NON! » Cette réponse du cœur m’a beaucoup révélé à mon sujet. Adolescente, j’avais ouvert tout grand mon cœur à Jésus en lui disant que j’étais prête à être la personne qu’il voulait que je sois, à faire ce qu’il voulait que je fasse. Mais, ce NON me faisait comprendre que ce que je voulais vraiment dire, c’était que j’étais prête à être celle qu’il voulait que je sois, pour autant que je demeure forte et en santé. Je voulais faire ce qu’il voulait, aussi longtemps que ce travail était important à mes yeux et aux yeux des autres. En m’adaptant tranquillement aux restrictions que ma faiblesse et ma douleur m’imposaient, j’ai appris à abandonner mon désir d’approbation et d’importance aux yeux des autres pour adopter plutôt la vision de Dieu à mon sujet. Il m’aime d’un amour parfait, inconditionnel. Il se réjouit de mon appartenance à sa famille. Il ne cesse jamais de se réjouir en moi. J’ai découvert que son amour, sa joie et sa paix pouvaient remplir mon cœur malgré la douleur  lorsque je choisissais simplement de vivre unie à lui, contente de faire sa volonté, quelle qu’elle soit.

Un regard éternel

Et souvent, au fil des ans, tout ce qu’il demandait de moi, c’était que je m’allonge sur mon lit pour me réjouir en lui. En ces temps de repos, j’ai passé beaucoup de temps à contempler sa beauté et la beauté de l’éternité qu’il nous offre. J’ai découvert la perfection de sa solution à la mort, la souffrance, la maladie, et le péché. Jusqu’à aujourd’hui, je remercie le Seigneur du fait que toute souffrance n’est qu’un point infime sur une ligne infinie.

Des choix sains

La douleur m’apprend aussi une certaine discipline. J’ai découvert que la douleur est moins forte lorsque je guette mon alimentation, m’assure d’assez dormir et me limite à des formes d’exercice qui me conviennent.  En gros, cela m’a amené à adopter un style de vie plus sain et détendu.

Une nouvelle direction

Je ne le savais pas, mais ces années de faiblesse et de douleur me préparaient pour ce que je fais aujourd’hui. Comme écrivaine avec Pouvoir de Changer, je puise constamment dans tout ce que Dieu m’a appris et continue à m’apprendre pendant mes temps de repos passés avec lui. En tant que mentor pour ce site, je réponds aux lettres de gens qui souffrent. Je sais que ma propre expérience avec la souffrance m’aide à prier pour eux avec compassion et à les encourager dans leur cheminement.

Un choix quotidien

Je suis loin d’avoir tout appris. Le choix de trouver ma valeur, ma joie et ma paix en Dieu doit se renouveler constamment. Le choix de me contenter de ne faire que ce qu’il veut, sachant qu’il m’aime et se réjouit en moi en tout temps, est aussi un choix quotidien.

Lorsque je choisis de vivre avec Dieu et pour Dieu en fixant mes yeux sur l’éternité qui m’attend, je peux vivre une vie abondante, malgré la douleur. En fait, je découvre que je deviens presque inconsciente de la douleur dans mes temps d’adoration et de méditation, tellement Dieu remplit alors mes pensées. (En passant, toute forme de distraction est une très belle méthode de réduction de douleur. Lorsque je trouve ma douleur intolérable, je regarde la télé ou des films!)

Si vous vivez avec la douleur, vous n’êtes pas seul. Dieu est là pour vous diriger et vous consoler, et nos mentors sont là aussi, pour prier pour vous, écouter vos partages, et vous encourager dans votre cheminement.

Dieu ne nous promet pas une vie exempte de souffrance, mais il nous promet sa présence tout au long du chemin, avec tous ses détours… et une éternité parfaite pour tous ceux qui veulent bien l’accueillir!

A lire aussi:  Pourquoi moi?

L’histoire de Joni Eareckson Tada:  Une victoire arrachée à la souffrance


[i] http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/080221/dq080221b-fra.htm

 

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