Quand vous traverserez les eaux

Auteur: Darlene McLeod

Il n’est jamais facile d’entendre les mots « vous » et « cancer » associés dans la même phrase. Cela est encore plus compliqué quand cela concerne une personne que vous aimez. Après une série d’examens, le médecin a confirmé que mon mari était atteint d’un cancer malin et difficile à traiter au cerveau. Il est vrai que c’est lui qui était malade, mais le cancer était une réalité que nous devions tous deux affronter.

Entre la peur, les examens et les hôpitaux, de nombreuses questions me traversaient la tête. Que réserve l’avenir à mon mari? À ma famille? Ne devions-nous pas vieillir ensemble? Je n’avais jamais imaginé que je serais une jeune veuve ou une mère seule. Je pense que personne n’envisage une telle éventualité.

 

Au travail

Les dix premières semaines qui ont suivi le diagnostic furent plus occupées que jamais. Ross, agriculteur, était soit à l’hôpital, soit pris par son traitement du cancer entre début août et mi-octobre. La récolte des céréales, notre gagne-pain pour l’année, était devenue ma responsabilité. Je suis très reconnaissante envers mes amis et voisins qui sont venus avec leur équipement pour m’aider à récolter les graines pendant l’automne.

Quand on est confronté à une crise, on voudrait que le monde entier en soit ébranlé. Que tout s’arrête. Mais cela n’est jamais le cas. Il y a des factures à payer et des enfants à nourrir. Je ne devais pas me contenter de vivre. D’une certaine façon, je devais continuer ma vie, comme mon mari luttait pour le sien.

Pendant les quatre prochaines années, la vie est devenue très prévisible. Le traitement a commencé à avoir un effet positif sur son cancer. De fournisseur de soins, je suis devenue une aide.

J’ai continué de jouer un rôle important dans les activités quotidiennes de notre plantation.

Je suis devenu le « garçon de courses » de Ross, car les traitements l’avaient partiellement paralysé. J’ai travaillé d’arrache-pied pour l’aider dans les travaux qu’il ne pouvait pas réaliser tout seul. La « mort » semblait lointaine. Je me suis remise à rêver. Notre avenir nous a-t-il été restauré? Après tout mon mari atteindra-t-il la vieillesse?

 

Affronter un nouvel avenir

Les moments prévisibles arrivèrent bientôt à leur fin. De nouveaux symptômes physiques indiquaient que la tumeur était toujours active. Une fois de plus, le cancer a repris le devant de la scène. Peu de temps après, nous avons constaté que la vie de Ross sur terre serait considérablement abrégée. Nous avons pris des dispositions pour nous préparer à cette éventualité.

Nous avons vendu la plantation familiale pour aller nous installer en ville. Je me suis inscrite à l’université pour faire une licence afin de mieux me préparer à subvenir aux besoins de la famille. Mon mari a rédigé son testament pour que j’hérite de ses biens immobiliers avec le moins de tracasseries possible.

 

Alors que je pensais être occupée après la découverte du cancer de Ross, les choses étaient pires maintenant. Les exigences des cours à l’université, trois enfants à ma charge et un mari en phase terminale de sa maladie m’ont poussé à me surpasser sur les plans physique, émotionnel et spirituel. J’ai appris à gérer mon temps au maximum. Je révisais mes cours en veillant sur les enfants pendant qu’ils jouaient. Je lisais quand les marmites étaient au feu. Je faisais mes devoirs n’importe où et n’importe quand. Dieu m’a donné des capacités surnaturelles pour relever tous ces défis.

Dieu a donné tout ce dont nous avions besoin au bon moment. Quand je me sentais désespérément seule dans cette situation, Dieu m’a envoyé Edith. Ensemble, nous avons soutenu nos maris dans leur lutte contre le cancer du cerveau en phase terminale. Comme bonus, Edith et son mari étaient des chrétiens mûrs dans la foi. Nous avons ainsi pu nous encourager mutuellement dans nos combats.

Plus tard, quand Ross ne pouvait plus rester seul à la maison, je l’ai placé dans une garderie pour adultes. Au début, il n’aimait pas ça, mais au bout de la deuxième semaine, il me suppliait de l’y amener autant de fois que possible. J’ai pu ainsi poursuivre mes études universitaires.

Vers la fin du second semestre de la troisième année, la condition de Ross s’est empirée. Il ne pouvait plus aller à la garderie, ni rester seul à la maison. Des dix jours de cours qu’il me restait, j’ai dû en manquer deux pour m’occuper de lui à la maison.

 

Mes forces renouvelées

 

Malgré ce revirement de situation, j’étais abondamment bénie. Informés de ce que je vivais à la maison, tous mes quatre professeurs m’ont demandé si je voulais qu’on m’accorde plus de jours pour passer mes dernières évaluations. Un professeur et toute une salle de classe ont signé une carte portant le message « Nous pensons à toi », qu’ils m’ont remise le jour de mon retour à l’université. J’étais agréablement surprise de ce soutien qui venait d’une source inattendue.

Le médecin de Ross l’a interné à l’hôpital pour traiter ses symptômes. Pendant un certain temps, rien n’avait été fait pour empêcher la croissance de la tumeur, mais tout était mis en œuvre pour apaiser ses souffrances alors que la fin s’approchait. Son docteur a décidé de le retenir à l’hôpital pendant quelques jours de plus pour me permettre de terminer mes cours. Une fois encore, j’ai été touchée par son attention.

Pendant ces jours, la condition de Ross s’est vite dégradée. En moins d’une semaine, nous avons réalisé qu’il ne pouvait plus rentrer à la maison, mais qu’il devait rester dans une maison de soins infirmiers. Une fois de plus, le médecin a choisi ce qui me conviendrait le mieux en me proposant d’attendre quelques jours pour que je termine mon semestre avant de commencer à chercher une maison de soins infirmiers.

Mes projets avaient encore changé. La condition de mon mari se détériorait si vite qu’en une semaine, il avait déjà besoin d’être interné dans un hôpital. Après six semaines à l’hôpital, Ross est entré dans la présence de son Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, entièrement guéri de toute maladie et totalement libéré des soucis de cette vie.

Dieu m’a montré de plusieurs manières qu’il est tout ce dont j’aurais toujours besoin. Maintes fois, il m’a prouvé la véracité d’Ésaïe 42.2 : « Quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi, et, par les rivières, elles ne te submergeront pas; quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brûlé, et la flamme ne te consumera pas. »

Durant tous moments difficiles, mes plus grands atouts étaient ma relation personnelle avec Dieu à travers Jésus Christ et mes rapports avec les autres. Les prières de mon assemblée locale m’ont soutenu tandis que mes amitiés avec des personnes saines et positives, à l’église et à l’université, m’ont permis de garder le calme avec le train de vie infernal que je menais.

Malgré tout ce que j’avais perdu, j’ai reçu beaucoup de dons de Dieu pendant ces années, dont le plus grand était mon salut et celui de mon mari. La maladie de Ross m’a poussé à chercher Dieu. Avant sa maladie, il ne voulait pas entendre parler de Dieu. Le cancer l’a amené à chercher Dieu et à accepter son salut. Merci Jésus!

Un miracle inattendu

Par la grâce et l’amour de Dieu, Ross a eu une santé relativement bonne pendant les neuf années qui ont suivi le dépistage de son cancer. Il a souffert seulement pendant les cinq derniers mois de sa vie. Après sa mort, l’autopsie a montré que la tumeur avait envahi son cerveau. Son médecin était surpris par ce miracle médical. J’ai glorifié Dieu d’avoir dirigé la croissance de la tumeur de façon à ce qu’elle fasse le moins de mal possible.

Pendant ces moments, j’ai appris à dépendre entièrement de Dieu. Il s’est montré toujours fidèle. Je n’aurais jamais pu m’en sortir autrement durant toutes ces années. Il est devenu ma force quand j’étais faible, ce qui était très souvent le cas. Il a frayé un chemin quand je ne savais plus où aller. Il m’a porté quand j’en avais besoin, et il m’a appris à marcher librement en m’appuyant sur ses puissants bras. Il m’a donné la force d’accomplir tout ce que j’avais à faire chaque jour.

Dieu m’a donné l’espoir et la joie au plus fort de la tornade. À la suite de la mort précoce de mon mari, j’ai eu une joie indescriptible au milieu de la tristesse engendrée par sa perte. J’ai trouvé l’espoir dans la promesse selon laquelle notre séparation n’était que temporaire. Mes amis et ma famille étaient à mes côtés. Après tout, j’ai appris que Dieu est tout ce dont j’avais besoin.

Si vous avez des problèmes qui dépassent vos capacités, soyez encouragés parce que Dieu ne vous laisse pas seul. Confiez-lui votre situation et demandez au Saint-Esprit de vous guider et de vous diriger. Vous pouvez dire cette prière :

Père,

 

Je te remercie parce que tu connais ma situation. Tu me dis maintes fois dans ta parole que tu m’aimes. Je décide d’y croire aujourd’hui. Ma condition dépasse mes capacités. J’ai besoin de ta force pour ce jour. Merci de me rassurer par ta promesse que je ne marcherai jamais seul.

Si vous traversez des eaux, nous aimerions prier pour vous.  Vous pouvez nous contacter ici, et un de nos mentors en ligne vous répondra.

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