Redécouvrir les promesses de Dieu

Auteur: Heather Isaak

Je suis une mère, mais sans enfant à serrer dans les bras. Je ne puis pas me vanter des premiers pas de mes enfants, ni de leur premier jour à l’école, ni de la collation des grades. Je n’ai aucune photo. Mais je suis une mère. Mes enfants sont au ciel.

Après seulement deux mois d’essai, mon mari et moi avions reçu la belle nouvelle que nous attendions un enfant. Nous avions de la difficulté à croire notre bonne fortune. De fortes nausées ont marqué mon premier trimestre de grossesse; malgré cela, nous avons continué de nous enthousiasmer devant cette nouvelle étape de la vie.

La vie et la mort

J’ai vu mon ventre s’arrondir très rapidement à mon deuxième trimestre. À 18 semaines, nous avons été soulagés — et étonnés — d’apprendre que nous attendions non pas un enfant, mais deux. Nous avons accueilli cette bonne nouvelle avec joie, même si cela représentait un virage important. Les choses venaient de se compliquer. Heureusement, nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait au bout du chemin.

Perte impensable : fausse couche

Vers 20 semaines de gestation, seulement deux semaines après la nouvelle que nous attendions des jumelles, la rupture prématurée des eaux a provoqué l’accouchement. Les mots que j’ai entendus ce soir-là sont gravés à ma mémoire.

« Désolé, il n’y a rien à faire. »

Ce soir-là, j’ai tenu mes jumelles dans mes bras pour la première et la dernière fois.

Tout perdre

Après la perte de nos filles, Avery et Sophie, ma vie se limitait à la simple survie. Je me promenais les bras et le cœur vides. Mon estomac mou et mes seins gonflés et endoloris étaient deux rappels parmi d’autres des rêves qui venaient de s’évanouir en fumée.

Dans les mois suivants, j’ai continué à fonctionner à un certain niveau, mais avec l’impression que je me noyais et que rien ne pouvait me retirer des eaux profondes qui m’envahissaient. J’étais fâchée, perplexe. Je cherchais à surmonter le deuil. Je me sentais très seule.

Tout ce qui venait autrefois confirmer ma valeur ne suffisait plus. J’ai perdu tout intérêt pour mon emploi. Par le passé, j’en parlais avec enthousiasme, car il m’intéressait beaucoup. Maintenant, ce n’était plus qu’un boulot; une obligation plutôt qu’une source de joie.

J’avais un mari, mais cela n’a pas aidé à diminuer ma souffrance. Mon mari s’était engagé à travailler à l’autre bout du pays pour six mois. J’étais en couple, mais je me retrouvais seule. Et il était seul aussi, vivant son deuil dans une situation nouvelle qui exigeait beaucoup de son temps et de son énergie.

Ce que je connaissais de Dieu

Dans cette situation si triste, je me suis retrouvée en train de me poser des questions sur Dieu pour la première fois de ma vie. Je suis une personne logique, et j’ai toujours vécu de cette façon. Pour moi, si Dieu le dit, c’est vrai. Donc, les questions n’ont pas leur place.   Mais dans les mois qui ont suivi la perte de nos filles, j’ai trouvé cela très difficile de concilier ce que je connaissais sur Dieu et ce que mes sentiments me disaient à son sujet.

Je savais qu’il m’aimait et qu’il avait un plan pour ma vie (Jérémie 29.11). Je savais qu’il avait promis de ne jamais m’abandonner ou me délaisser (Josué 1.5). Cependant, mes sentiments me disaient le contraire. Je croyais que si je doutais ainsi de lui, il m’abandonnerait sûrement, si ce n’était pas déjà fait.

J’ai constaté que j’ajoutais un gros « si » à ses promesses dans ma tête. Sans le vouloir, je voyais ces promesses comme conditionnelles. Dieu ne me quitterait jamais et ne m’abandonnerait jamais, si je ne me fâchais pas contre lui. Il ne me tournerait pas le dos si je ne lui lançais pas de question.

Comme je me trouvais dans une situation où je ne manifestais que la colère et le doute envers Dieu, j’étais certaine qu’il m’avait tourné le dos. Selon moi, il avait raison de le faire. Mon journal intime de l’époque est rempli d’émotions fortes, de rage et d’angoisse.

Les promesses de Dieu ne changent pas

Avec le temps, Dieu m’a montré clairement qu’il ne m’avait jamais laissé. Il s’attendait plutôt à ce que je sois prête à l’accueillir. Il m’a montré qu’il voulait passer par cette vallée avec moi. Ce n’est qu’alors que j’ai constaté toute l’étendue de ses promesses.

Non seulement a-t-il refusé de me quitter, il a partagé mon vécu. Il pleurait lorsque je me lamentais. Il m’abritait lorsque je n’en pouvais plus. Il me chuchotait des encouragements lorsque je me trouvais étendue sur le lit, seule dans la nuit. Ce n’était que lorsque je m’éloignais de lui que je me sentais séparée de lui. C’est moi qui ai créé la distance entre nous. Il ne l’a jamais fait.

Les promesses de Dieu ne sont pas conditionnelles. Sa promesse se fonde sur ce qu’il peut et veut accomplir et non sur ce que je peux faire. Je peux choisir de m’éloigner de Dieu. Je peux refuser de confesser mon péché et ainsi m’éloigner de lui, mais je ne peux d’aucune façon influencer la fiabilité de ses promesses. Mes questions ne peuvent nullement menacer sa personne. Mes doutes ne peuvent point diminuer sa puissance.

Je comprends maintenant que lorsque mon cœur exprime sa souffrance intolérable, il ne s’enfuit pas au son de mes cris. Il vient plutôt se rapprocher de moi pour me chuchoter les promesses que j’ai lues si souvent, mais que je ne commence qu’à comprendre vraiment. Je ne puis même pas imaginer à quel point il m’aime. Il ne me quittera jamais.

En vivant notre deuil ces dix-huit derniers mois, mon mari et moi découvrons que Dieu nous accompagne à chaque pas du trajet. Il était avec nous pendant le choc et la douleur écrasante de ces premiers moments de perte. Il était là avec nous lorsqu’une deuxième fausse couche est venue nous secouer. Il continue à nous accompagner maintenant que nous passons par une troisième grossesse. Nous savons qu’il continuera de cheminer avec nous, quels que soient les résultats de celle-ci. Dieu est plus grand que mes doutes. Ses promesses ne changent jamais. En lui confiant ma vie, je sais que je ne serai point déçue.

Vous connaissez la souffrance de l’infertilité ou du deuil? Vous aimeriez en parler avec quelqu’un, mais vous ne savez pas vers qui vous tourner? Envoyez un message électronique à un de nos mentors. C’est un service tout à fait gratuit et confidentiel!

Note de l’éditeur:  En automne, 2009, Heather a eu un petit garçon en très bonne santé!

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Une réponse à “Redécouvrir les promesses de Dieu”

  • edjeme espérance says:

    je connais la soufrance de l’infécondité
    le temoignage de Heather est édifiant
    je suis mariée depuis le 03 novembre 2007,et je n’ai pas d’enfants avec mon mari qui souffre d’oligoasthénospermie sévère,et moi de peu de folliculles
    je suis dejà en contact permanent avec un mentor mais je ne sais pas si c’est la même équipe
    j’ai besoin qu’on continue de prier pour mon couple afin que le Seigneur nous donne la joie d’être parents
    je signale néanmoins que j’ai une fille de 7ans que jai eu avant de connaitre mon mari
    Priez pour nous
    Merci et que Dieu vous Bénisse et Bénisse votre ministère
    Espérance

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