Renouveau

Auteur: Linda Bauman

renouveauCet article, publié il y a quelques années, demeure toujours d’actualité

Par  Linda Baumann, traduit de l’anglais par Alix Rouvinez

Aujourd’hui j’ai fait quelque chose que je pensais ne jamais faire une deuxième fois. Je me suis achetée une robe de mariée.  La soie couleur champagne est ornée de juste assez de dentelle et de perles brillantes pour l’occasion.  Même mes filles sont d’accord avec moi.

Il y a quelques années je n’aurais jamais pu imaginer cela.  J’ai récemment commencé à relire le journal intime que j’avais écris après le suicide de mon mari il y a maintenant presque cinq ans. Un paragraphe datant du 17 février 2002 a attiré mon attention : « Cette semaine n’en finissait pas…  Je ressens la solitude et le choc presque aussi intensément que les premiers jours.  Cette semaine j’ai pleuré plus que depuis longtemps…  « Détresse » décrit bien mon état d’âme. »

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Je me souviens d’une semaine où je suppliais le Seigneur au travers de mes larmes de m’aider à simplement traverser les cinq prochaines minutes. La date du premier anniversaire de la mort de Bill approchait, et pour une raison ou pour une autre je pensais qu’après un an, les choses iraient mieux et que les gens s’attendraient aussi à ce que j’aille mieux.  Mais je commençais à peine à me rendre compte à quel point j’avais été ébranlée, et il me semblait impossible qu’un jour je puisse à nouveau me sentir moi-même. Ma vie, et toute impression de contrôle dessus, m’apparaissaient hors de portée, voire illusoire.

Je rendais souvent visite à mon thérapeute ces jours-là et, assise dans la salle d’attente, j’aimais examiner la photographie murale d’un vieux chêne dénué de toute feuille.  La silhouette de tout nœud et de tout bourgeon déformé se dessinaient contre le ciel pâle d’une fin de journée.  Quelle image de ma vie, me disais-je.  Mon chagrin et ses répercussions étaient semblables à un vent d’automne glacé qui avait emporté les feuilles qui avaient longtemps camouflé le secret de mes doutes, de mes peurs et de mon manque de foi. Maintenant, le tout était visible.

Ce n’est pas que j’avais été complètement inconsciente de ces facettes cachées de ma vie.  C’est seulement que je ne pouvais pas leur donner mon attention lorsque mon arbre était recouvert de feuilles.  Et la vie avait été jusqu’alors assez remplie de bonnes choses pour que je ne me fasse pas de soucis à leur sujet.  L’existence de toutes ces peurs cachées me semblait inconséquente, puisque Bill était toujours là pour s’occuper de tout.

Mais ce qui ne me semblait pas être important l’était pour Dieu.  Bien que je ne croie pas que Bill soit mort parce que Dieu voulait opérer des changements dans mon cœur, Dieu ne gaspille pas de telles occasions. Un matin lorsque je me levai, je L’entendis me chuchoter « Je vais t’emmener au cœur de tes peurs. » J’en ai quasiment eu le souffle coupé.  J’étais stupéfiée qu’Il m’ait donné un message aussi clair, et en même temps, j’étais effrayée des ses implications.

Après avoir vécu une perte aussi grande, j’espérais que Dieu allait maintenant « y aller doucement » avec moi.  Mes souffrances me semblaient déjà à leur comble.  Mais les cinq dernières années ont été remplies d’évènements et de circonstances qui m’ont forcée à confronter l’ennemi qui dit  « Tu es seule…  Tu ne pourras jamais accomplir cela…  Qu’est-ce que tu as de bon à offrir, de toutes façons ?…  et Pourquoi les autres t’aimeraient-ils ? »

Dieu a utilisé bien des circonstances, petites ou grandes, pour exposer de telles pensées pour les mensonges qu’elles sont, et faire passer le message qu’elles ne doivent pas être tolérées.  Lorsque ma fille a reçu le diagnostic d’une tumeur de grande taille au cerveau, hausser les épaules en me disant « Je ne peux rien accomplir de toutes façons » ne faisait pas partie des options.  Dieu m’a montré de façon dramatique que je n’étais pas seule. Et Il a indiqué le sentier médical que nous devions suivre avec tellement de clarté que je me suis rendue compte que la question ne tournait pas autour de mes compétences à prendre des décisions critiques, mais autour de notre résolution à suivre la direction qu’Il indiquait le long du chemin.

Une des raisons pour lesquelles le paragraphe que j’avais écrit le 17 février 2002 a attiré mon regard, c’est qu’exactement trois ans plus tard, le 17 février 2005, j’ai rencontré l’homme qui deviendra bientôt mon époux. Il est gentil, doux, et nous aime moi et ma famille.  Dieu aurait pu, à l’époque, me donner l’assurance que cela se passerait ainsi, mais Il ne l’a pas fait.  Cela ne m’aurait pas permis de grandir.  Même si je ne choisirais pas de la traverser de moi-même, la souffrance peut devenir un sol très fertile.

Alors toute ma souffrance a-t-elle disparu  maintenant que je vais me remarier?  Non, en fait, même les fiançailles m’ont dévoilé une autre facette de la souffrance. J’ai commencé à voir de façon concrète que mon avenir allait être très différent de ce que je j’avais toujours imaginé.  Un autre genre de perte – la perte des années de vieillesse en compagnie de l’homme qui avait brûlé avec entrain tous les feux rouges qui nous séparaient de l’hôpital alors que j’inspirais-expirais de mon mieux, prête à accoucher d’une minute à l’autre.  Mais je me marie avec un homme qui comprend les choses que je traverse, puisque lui aussi a perdu l’épouse avec laquelle il allait passer le reste de ses jours. J’ai quelqu’un avec qui partager ces pensées, et pour lequel je déborde de reconnaissance.  Ensemble nous pouvons créer et savourer de nouveaux souvenirs.  Je sens déjà que quelques feuilles ont repoussé sur mon arbre.

Je suis sûre que je me tiens en bonne compagnie.  Je ne peux pas me souvenir d’un personnage biblique dont Dieu n’ait interrompu la vie et redirigé l’avenir. Dieu ne souhaite pas de jolies petites vies chrétiennes bien rangées.  Il veut faire grandir et restaurer nos cœurs, qui lui appartiennent.

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