Servir & diriger

Auteur: Kristene Diggins

servirPour la plupart d’entre nous, la notion de servir en dirigeant est un vague concept qui ne signifie pas grand chose dans notre vie quotidienne. On peut envisager ce qu’un tel responsable doit faire ou comment il doit se comporter, mais combien de fois le rencontrons-nous réellement au sein de nos organisations missionnaires?

J’ai eu le privilège d’en être témoin le week-end dernier, d’une manière qui a changé pour toujours l’image que j’en avais. Voici ce qui s’est passé.

Je travaille comme infirmière missionnaire pour le centre d’accueil de la jeunesse “YWAM”, Wycliffe et d’autres centres médicaux missionnaires. Je travaille plus particulièrement auprès des communauté indigènes des rives de l’Amazonie, au nord-est du Brésil.

Répondre à des appels d’urgence fait partie intégrante de la vie de ceux qui soignent les autres, et cet appel n’avait rien d’exceptionnel pour moi. On m’appelait en urgence au dortoir des filles de YWAM à cause de  l’une d’entre elles qui était blessée à la tête. J’ai rassemblé mon matériel médical et je suis allée rapidement jusqu’au dortoir. Je n’étais absolument pas préparée à affronter la scène que j’ai trouvée en arrivant. La jeune femme qui était blessée à la tête gisait là, la tête en sang, sur les genoux de son amie. A côté d’elles, il y avait Braulia, la responsable du centre, ainsi que le président de YWAM Brésil.

J’ai pris en charge la situation et demandé ce qui était arrivé. On m’a dit que cette jeune femme avait passé le week-end dans la rue et qu’elle avait fait une overdose de drogue. Elle était blessée à la tête et tremblait comme une feuille. Je me suis assise à côté d’elle et j’ai essayé de la calmer pendant que je suturais sa blessure. J’étais triste intérieurement en pensant qu’elle servait le Seigneur dans les rues depuis un an avec beaucoup d’amour et de zèle et qu’en un seul week-end, elle était retombée.

Après avoir été recousue, elle commença à sortir de sa torpeur et s’assit sur le lit. Ce qui j’ai vu ensuite m’a grandement touchée. Quand cette jeune femme a aperçu sa responsable et chère amie Braulia à ses côtés, assise sur le lit et lui tenant la main, elle s’est mise à fondre en larmes. Elle s’est agrippée à elle et lui a dit combien elle était désolée pour ce qu’elle avait fait en lui demandant pardon.

Il était clair que cette jeune femme ne considérait pas Braulia comme sa responsable, mais comme une amie. Cette dernière l’aimait comme une sœur, elle lui avait ouvert sa vie et son foyer. La beauté de cette image m’a saisie, car cela m’a fait penser à la façon dont Jésus était l’ami de ceux qu’il aidait. Alors qu’il était Dieu, il est devenu l’ami de ceux qu’il aidait. J’ai pensé à Pierre et à sa tristesse quand il a renié son Seigneur, qui était aussi son ami.

C’est le genre de chef que nous sommes appelés à devenir en tant que disciples de Christ. Quels que soient nos titres et statuts chrétiens, nous sommes appelés à donner nos vies à ceux que Dieu met sur notre route. C’est cela le but des missions: ouvrir nos vies et nos cœurs pour que les gens puissent voir le Saint Esprit en nous. C’est ce dont j’ai été témoin sur ce lit de dortoir YWAM. Il y avait repentance; il y avait pardon; mais encore plus important, il y avait une image  claire de ce que servir en dirigeant signifie dans notre monde actuel. Nous sommes appelés à ne donner pas moins de 100% de nos vies au service des autres, et à nous donner avec amour à Celui qui nous appelle à suivre son exemple.

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