Beau-père: ses hauts et ses bas

Auteur: Kari West

beaupereC’était un soir peu après mon mariage avec Richard. Il s’était installé confortablement dans le salon pour lire, sans se rendre compte du regard furieux et des points serrés de ma fille aînée alors qu’elle entrait en trombe dans ma chambre. Il avait cependant entendu ses propos. Elle s’était jetée à plat ventre sur mon lit et avait marmonné: “Ce n’est pas juste, maman! Richard est assis là où mon père devrait être assis. Je ne l’accepterai jamais – et ne t’attends pas à ce que je le fasse un jour.”

Je me demandais si nous n’étions pas voués à l’échec depuis le début, pendant que Richard se demandait si l’avertissement de son ami n’était pas justifié. “Je devrais attendre pour l’épouser que sa fille soit plus grande,” avait-il dit.

“Si c’était moi, je ne m’engagerais pas du tout,” avait répondu l’autre.

Avec en toile de fond des tensions, de la non-acceptation et peu d’aide et de droits légaux, ce célibataire de 42 ans s’était engagé à supporter l’aspect financier et l’éducation de l’enfant d’un autre homme, avec des problèmes irrésolus planant sur chaque domaine de notre vie. Lui-même fils d’un père alcoolique, il était sorti de son enfance cynique, ne pouvant pas faire confiance aux autres et amer. Il n’avait confiance ni en lui, ni en ses capacités d’être un bon père. Et pourtant, il aspirait à une famille aimante et à un foyer paisible. Inutile de dire que le ressentiment de Mélanie l’affectait et plaçait ainsi notre nouvelle famille en péril.

Avec le recul, je crois que la décision la plus sage que nous ayons jamais prise a été de parler de notre relation avec un conseiller chrétien, trois mois avant nos fiançailles. Pendant des semaines, nous avons examiné nos demandes et nos peurs. Individuellement aussi bien qu’en couple, nous avions découvert que nous avions besoin de faire des ajustements: Richard devait être mon numéro un et je devais être son numéro un.

Je me souviens des larmes sur mes joues quand j’avais dit à Mélanie: “Chérie, Richard doit être le premier dans ma vie maintenant. Cela ne veut pas dire que je t’aime moins. Je ne te rejette pas. Je ne te quitte pas. Tu fais partie de notre nouvelle famille. Richard n’essaye pas de prendre la place de ton papa. Il veut être ton ami. Tout ce que je te demande, c’est de le respecter.” Cet engagement a stabilisé notre relation et a apporté de la consistance à notre tache de co-parents. Comme Richard était assuré d’être le numéro un dans ma vie, il pouvait se tenir sur un plan d’égalité avec moi, de sorte que tous les deux nous pouvions présenter un front uni face aux difficiles années d’adolescence en perspective.

Voici ce qu’il a dit:

“Cela me rappelle que Dieu m’a placé dans cette nouvelle famille parce qu’Il voulait que j’y sois. Et rien ni personne n’avait le droit de m’empêcher de faire de mon mieux pour être de meilleur mari et le meilleur beau-père que je pouvais. La lecture d’Ephésiens 6:10-18 m’a appris à ‘revêtir’ l’armure de Dieu et à ‘tenir bon’ et m’a aussi aidé à surmonter la majorité des colères, des impatiences ou des pensées négatives qui m’envahissaient parfois. Je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin de gagner, mais que j’avais juste besoin de rester. C’est ce dont Mélanie a le plus besoin.

“Je n’ai pas hésité à m’impliquer dans ses activités, à venir la voir pendant les matchs, à filmer des concours hippiques, à emmener Mélanie et ses amies manger une glace après les réunions de jeunes de l’église et à m’asseoir dans le siège du passager quand elle apprenait à conduire.”

J’écoutais ce que Mélanie disait, ce qui lui faisait comprendre qu’elle était importante et que je voulais mieux la connaître. Un samedi, alors que nous faisions des courses, une vendeuse s’est exclamée: “Cette jeune femme est-elle votre fille?” et j’ai répondu “Oui” sans hésitation, sans me douter que Mélanie dirait plus tard joyeusement à sa mère: “Il a dit que j’étais sa fille!””

“Par la suite, je me suis rendu compte que l’opposition initiale de Mélanie à mon égard avait été provoqué par un conflit de loyauté. Son père biologique était son idole malgré le fait qu’il avait très vite décidé d’abandonner sa famille. Et pourtant je m’occupais bien mieux d’elle, parce que j’étais là. J‘ai dès le début fait savoir à Mélanie que je voulais être son ami et ne pas prendre la place de son père. Et depuis, Mélanie est devenue mon meilleur supporteur.”

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Une réponse à “Beau-père: ses hauts et ses bas”

  • CHRISTINE says:

    Bonjour,

    Je trouve votre témoinage très touchant.Nous sommes un couple chrétien et je rencontre des difficultés dans le relation beau-père et ma fille. nous avons un projet de mariage et je crains toutes ces difficultés.
    je vous remercie pour ce dialogue.

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