Du deuil, au doute, au dialogue

Auteur: Anne-Marie Montgomery

suicideIl y a de ces chocs qui nous bouleversent jusqu’au plus profond de notre être. À la nouvelle que mon père s’était pendu au sous-sol de notre maison, une douleur intense m’a transpercée. Dans les premiers jours suivant son décès, mon esprit fuyait tout retour vers ce drame en s’écriant : «Non ! Non ! N’y pense pas ! C’est insupportable !»

Ces premiers jours passés sous le choc ont été remplacés par d’autres, plus pénibles encore. La solitude et la souffrance perçantes du deuil m’ont poussée à me poser les questions suivantes :

  • Si Dieu m’aime, pourquoi a-t-il permis cela ?
  • Si Dieu est tout-puissant, pourquoi n’est-il pas intervenu ?
  • Si Dieu est omniscient, pourquoi ne m’a-t-il donné aucun indice du désespoir de mon père ? Pourquoi ne m’a-t-il pas montré comment le rejoindre ?
  • Si Dieu existe, pourquoi n’a-t-il rien fait ?
  • Dieu existe-t-il ?

J’avais confié ma vie à Jésus quelques années auparavant, après avoir compris l’Évangile pour la première fois. La pensée que Jésus était mort pour moi pour me pardonner et me réconcilier avec Dieu m’avait ébahie. Je pouvais entrer en relation avec Dieu ? Je pouvais jouir d’une relation profonde et incessante avec Lui ? Bien sûr que je voulais venir à le connaître ! Et c’est ainsi qu’à seize ans, je l’avais invité à vivre en moi par son Esprit, à me pardonner et à me transformer. Et il avait répondu à cette requête, me remplissant de l’assurance de son amour et de sa présence en moi.

Mais voilà que pour la première fois depuis cette conversion, Dieu m’avait vraiment déçue. Et j’avais l’impression que je l’avais déçu moi aussi. Voyez-vous, mon papa et moi avions passé quelques jours ensemble juste avant sa mort, et il m’avait posé des questions sur Dieu que je me trouvais incapable de répondre. Il m’avait ensuite demandé de retourner au foyer et de poursuivre mes études universitaires chez nous plutôt qu’au loin. J’avais refusé sa demande. Et maintenant, un profond sentiment de culpabilité me tourmentait.

Heureusement, Dieu m’a envoyé une amie précieuse pour m’aider à faire la part des choses. Pendant plus de deux ans, elle m’a rencontrée hebdomadairement pour que je puisse lui en parler. Elle m’a aussi passé des livres qui m’ont aidée à croître dans la foi pendant ce temps de doute. À notre première rencontre, elle a partagé que la vie chrétienne était impossible et que si nous tentions de la vivre par nos propres moyens, l’échec était certain. Elle m’a expliqué clairement que seul Christ pouvait vraiment vivre la vie chrétienne, et qu’il nous donnait son Esprit pour qu’Il vive Sa vie en nous. Pour en faire l’expérience, il suffisait que je lui confie ma vie entière et que je lui fasse confiance pour la force de le suivre et de l’aimer. Nul besoin de me convaincre de mon échec, de mon péché, de mon impuissance ! Je n’en étais que trop consciente. C’est le cœur gros que je lui ai confié tous les détails de ma vie en lui demandant de me remplir de son Esprit.

Et je crois que c’est son Esprit qui m’a accordé la persévérance et la force nécessaires pour que je puisse continuer à venir devant Dieu quotidiennement avec ma douleur et mes questions, afin qu’il me réconforte et parle doucement à mon cœur.

Au cours des prochains mois, j’ai passé de une à deux heures par jour avec Dieu. Parfois, c’était les larmes aux yeux qui je choisissais de lui confier ma journée et que je le remerciais pour le bien qui résulterait de cette souffrance, sans faire semblant que tout allait bien. Par mon étude des psaumes, Dieu m’avait montré que je pouvais tout lui dire, sans arrière-pensée, sans filtre. J’avais donc la liberté d’être tout à fait authentique avec lui. Donc, j’ai partagé avec lui mes doutes quant à son existence et sa bonté. Et il a répondu à mes questions d’une façon inattendue : il m’a montré Jésus.
J’ai demandé :

Dieu, es-tu vraiment là ? Et il m’a encouragé à contempler l’univers dans toute sa complexité et sa beauté en poursuivant mes études en biologie. Mais plus important que ça, il a tourné mes yeux vers Jésus, le Dieu invisible devenu visible. Sa vie, sa mort, sa résurrection, les prophéties qu’il a accomplies, étaient autant de preuves à l’appui de son existence. Et en lisant des livres sur l’apologétique, en étudiant ces prophéties, mes doutes furent remplacés par une foi plus profonde, plus raisonnée, plus fondée sur les faits historiques et scientifiques.

M’aimes-tu ? À maintes reprises, Jésus m’a rappelé son amour profond pour moi. Il avait quitté le ciel pour vivre parmi nous. Comme nous, Il a connu le deuil, la douleur, la solitude. Et un de ses amis, Judas, s’est suicidé. Oui, Jésus me comprenait, parfaitement. Et non seulement cela. Il était mort sur la croix pour moi. Il s’engageait à passer l’éternité avec moi. J’étais sa sœur, la fille de son Père, qu’il avait racheté.  Si je trouvais cela si difficile de me fier à son amour, c’était parce que je ne voyais que la douleur du moment présent, tandis qu’il voyait tout d’un plan éternel. Juste avant sa mort, Jésus a dit à ses disciples : «Comme le Père vous a aimé, je vous ai aussi aimé.» (Jean 15.9) Mais le Père, dans son amour, a permis la souffrance et la douleur dans la vie de Jésus. Comment Jésus pouvait-il être si certain de l’amour du Père en de telles circonstances ? Au chapitre 12 de l’épître aux Hébreux, j’ai trouvé la réponse : «en échange de la joie qui lui était réservée, il a souffert la croix, en méprisant l’ignominie.» Il a enduré la douleur, les yeux fixés sur la joie qui en résulterait, la joie d’offrir le pardon à des milliards d’êtres. Et c’est ainsi que je suis venue à comprendre que si Dieu permet la souffrance dans nos vies, c’est qu’un plus grand bien en résultera. En Romains 8, il promet que toutes choses concourent au bien de ceux qui l’aiment. Je suis venue à comprendre que si Dieu permet la douleur dans ma vie, c’est parce qu’il peut l’utiliser pour me transformer à son image.

Aimais-tu mon papa ? En réponse à cette question, Dieu m’a montré Jésus pleurant sur Jérusalem, plaidant avec son peuple. Il m’a guidé vers d’autres passages qui parlaient de son désir de voir tous les hommes venir à la repentance. Tranquillement, j’ai découvert le cœur brisé de Dieu. Il m’a aidé à comprendre sa douleur, grâce à la mienne. Je comprenais d’une toute nouvelle façon les passages comme Ésaïe 53 qui parlent du Messie comme d’un homme de douleur, habitué à la souffrance. Dieu nous aime tous. Il désire que nous soyons tous réconciliés avec lui.

Mon père est-il en enfer ? C’était la pire des questions qui me hantaient. Je n’avais pas beaucoup pensé à l’enfer avant le décès de mon père. Mais comme je n’avais aucune idée de l’état d’âme de mon père, cette question de l’enfer était des plus pertinentes. Dieu et moi en avons parlé, longuement. Et tranquillement, je suis venue à comprendre que je devais simplement laisser mon père entre les mains de Dieu, en comprenant que son amour pour mon père était infiniment plus profond et plus parfait que le mien. J’ai compris que Dieu ne veut qu’aucun homme ne périsse. L’enfer a été créé pour les démons et non les hommes. Dieu ne nous y envoie pas. C’est plutôt nous qui choisissons d’y aller en rejetant l’amour et le pardon parfaits qu’il nous offre en Jésus-Christ.

Aurais-je pu faire de quoi pour que cela n’arrive pas ? Ce fameux : «Et si seulement…»

Et si seulement j’avais prié d’avantage pour mon père ? Et si seulement j’avais pu répondre à ses questions ? Et si seulement j’avais accepté de retourner au bercail ?  En réponse à ces questions, Dieu m’a fait comprendre deux faits.

Premièrement, il m’a fait comprendre qu’en prenant la responsabilité pour la vie d’une autre personne, je jouais à Dieu. Mon père était le seul responsable de ses actions. Je ne l’étais pas.
Deuxièmement, il m’a fait comprendre que je devais non seulement accepter son pardon pour mes manquements passés, mais que je devais aussi me les pardonner. Un jour, en lisant Romains 8, j’ai lu le verset suivant : « C’est Dieu qui nous justifie : Qui nous condamnera?» J’ai réalisé qu’en refusant de me pardonner, je disais à Dieu que j’étais plus juste que lui. Quel orgueil ! Ce jour-là j’ai accepté pleinement son pardon. Lorsque les sentiments de culpabilité revenaient, je citais ce passage et je disais : «Je ne prétendrai pas être plus juste que Dieu. Il m’a pardonné, et je me pardonne aussi !»

Au début, ce deuil était un poids accablant qui accaparait mes pensées. Mais en continuant à le confier à Dieu à maintes reprises, je l’ai vu prendre cette blessure et la panser, tranquillement, par sa Parole et son Esprit. Aujourd’hui, cette blessure n’est plus qu’un point sensible qui me remplit de compassion pour ceux et celles qui souffrent comme je l’ai fait. Cela m’émerveille de constater que Dieu peut prendre la pire des situations et la transformer en bienfaits, si nous nous fions à Lui pour le faire. Comme Il le dit si bien en Ésaïe 61.3, Il nous donne «un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu…»

Quelles que soient vos questions, vos doutes ou votre souffrance, le Saint-Esprit désire vous consoler. Il nous est impossible de vivre la vie chrétienne sans lui. En effet, Dieu nous invite plutôt à nous soumettre à sa douce direction en lui demandant de nous remplir de son Esprit, de nous guider et de nous accorder sa puissance. Pourquoi ne pas prier cette simple prière pour exprimer votre désir sincère de marcher avec lui et par lui ?  Il promet de le faire si nous le lui demandons (Luc 11.13).

Cher Père, j’ai besoin de toi. Je reconnais que j’ai péché contre toi en dirigeant ma vie comme je l’entends. Je te remercie d’avoir pardonné mes péchés par la mort de Christ sur la croix. J’invite maintenant Christ à reprendre sa place sur le trône de ma vie. Par la foi, je te demande de me remplir de ton Esprit Saint selon ton commandement et ta promesse qui se trouvent dans ta Parole. Je prie ceci dans le nom de Jésus. Comme expression de ma confiance, je te remercie d’avoir repris la direction de ma vie et de me remplir du Saint-Esprit. Amen.

Si vous avez fait cette prière, nous aimerions être informés de votre décision.  Cliquez sur le bouton suivant, et nous vous enverrons de l’information par courriel pour vous aider à croître dans votre vie spirituelle. Il nous fera plaisir de répondre à vos questions.

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