Militante anti-zizanie

Auteur: Anne Bersot

L’autre jour, mon amie Claudine monte dans le bus, sourire aux lèvres, et comme toujours pimpante et avenante. Elle avise une place libre, et s’y installe, saluant d’un hochement de tête la dame assise à côté d’elle. Soudain, sans sommation, la dame se redresse comme piquée par une aiguille et d’un ton vinaigré lui assène un « Vous n’avez pas honte d’être si grosse ?» (je vous entends d’ici dire Hôô !!!!! d’indigna-tion). Mon amie arrondit deux yeux comme des soucoupes et bafouille, mi-indignée, mi-décomposée, «M’enfin Madame ! ». La dame se repique de nouveau et achève sa victime avec un terrible « Et en plus vous êtes française ! » Le moment de perplexité passé, Claudine se ressaisit et d’un ton désarmant lui répond « Madame, vous devez être quelqu’un de bien malheureux pour dire des choses pareilles ! ».

Souvent, les gens qui piquent sont des gens malheureux, ceux qui blessent, sont des gens blessés, et ceux qui font mal, sont des gens qui vont mal. Dans l’église, ou dans notre entourage quotidien, nous sommes parfois confrontées à ce genre d’attaque surréaliste, et le diable, qui n’a qu’un but, mettre la zizanie, se précipite sur l’occasion comme un charognard, pour faire des dégâts. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça arrive toujours au moment où l’on s’y attend le moins.

Nous sommes des femmes, notre première réaction, typiquement féminine, va être de prendre le coup en pleine face et de passer le reste de la semaine à se torturer la tête : «Mais qu’est-ce que je lui ai fait ?»,  «qu’est-ce qu’elle a contre moi ?».

Notre deuxième réaction, typique, après avoir mijoté plusieurs jours, c’est d’avoir du ressentiment et de sortir les griffes: « j’aurais dû lui répondre ça ! », « Elle va voir ce qu’elle va voir ! ». Le résultat est accablant ! Nous avons été tourmentées toute la semaine, nous avons mal dormi, nous avons marmonné dans notre cuisine en rejouant la scène, et nous avons perdu la paix, notre communion avec Dieu est perturbée.

Respirons un coup ! Nous n’empêcherons jamais les gens d’être méchants, ou simplement de mauvaise humeur et maladroits.

Voici notre plan de survie :

  1. Je garde mon sang-froid.
  2. Je souris et j’esquive par un mot d’humour ou en changeant de conversation.
  3. Je m’interdis de repenser, mijoter, et marmonner toute la semaine. Après tout, cette personne a peut-être de gros soucis, ou elle a des problèmes de santé, ce sont ses hormones qui lui jouent des tours, elle s’est levée du pied gauche ??? De toute façon, il y a 90% de chances que ce ne soit pas MOI le problème ! Et puis peut-être qu’elle regrette déjà amèrement ce qu’elle a dit, je ne sais pas ce qui ce passe dans son cœur !
  4. Je m’interdis de lui faire la tête et de sortir la grosse artillerie. C’est bête, ça ne sert à rien, si ce n’est à donner du grain à moudre à notre Ennemi.
  5. Alors je vais dominer la situation avec intelligence : je vais prier pour elle et demander à Dieu de m’aider à continuer à l’aimer, et à lui pardonner.

Jésus, quand il était attaqué par les Pharisiens, ne sortait pas les griffes, il répondait avec intelligence et finesse. Alors appliquons-nous à être des femmes de paix, des militantes anti-zizanie ! Ne tombons pas dans ce piège, protégeons-nous, et protégeons la paix de l’église ! Ma sœur, si tu as été blessée, prends du recul, protège-toi, veille sur ton cœur, et ne laisse pas les coups de griffes te blesser.
Non la zizanie ne passera pas !

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