Déménagement, troisième partie–Le cas particulier de l’épouse du pasteur

Auteur: Anne Bersot

Le déménagement et le changement d’église sont une épreuve particulièrement stressante pour les épouses de pasteurs. Celles qui me lisent sauront de quoi je parle. Non seulement il faut s’adapter comme tout le monde à sa nouvelle ville, aux écoles, aux nouveaux voisins, reprendre ses marques, mais en plus, la prise de contact avec la nouvelle église est une épreuve redoutable.

-Le test de passage :

Même si les gens sont a priori bienveillants à notre égard, et ravis d’avoir une nouvelle famille pastorale qui débarque, c’est un examen de passage terrible. La première prise de contact est très impressionnante et stressante : tout le monde nous regarde, nous détaille de la tête aux pieds. Pendant le premier culte, ça chuchote dur dans notre dos. Nos louanges, nos attitudes, nos paroles sont écoutées avec soin, décortiquées, évaluées : « mais qu’a-t-elle dans le ventre la nouvelle ? ». Nos enfants sont détaillés, questionnés, évalués, et les commentaires vont bon train : « ils ont l’air comme-ci, ils ont l’air comme ça…. ». C’est une réaction tout à fait compréhensible, les gens sont curieux de connaître leur nouveau berger et sa famille, mais quel stress !

Immanquablement, ils vont comparer avec la famille pastorale précédente. Certains étaient très attachés au prédécesseur et ont du mal à se faire à l’idée que le berger a changé, d’autres étaient ravis de voir l’ancien pasteur et sa famille partir et attendent tout du nouveau : la barre est haute ! D’autres encore enquêtent : « il paraît qu’ils sont comme-ci et comme-ça ».  La pression est énorme et il faut vraiment faire un gros effort pour se confier entièrement en Dieu, rester naturelle et soi-même (respirez un coup, ce n’est qu’un mauvais moment à passer, dans queques mois, ces gens vous seront familiers et sympatiques).

En quelques semaines, il va falloir mémoriser des centaines de noms et prénoms, les liens de parentés, qui sont les enfants de qui, qui sont les cousins, les anciens, les nouveaux, les responsables de services, les petites histoires et grandes tragédies que l’on nous raconte entre deux portes…Il y a intérêt à ne pas manquer de phosphore pour tout mémoriser et ne pas faire de gaffe en appelant la soeur Gertrude, Simone!  A chaque changement d’église, je me suis fait tout de suite des petites fiches par famille, et de petits arbres généalogiques. En saluant les gens, je prenais soin de prononcer leur nom à voix haute pour les fixer dans ma mémoire (malheureusement, les gens ne portent pas de badge ni de pancarte autour du coup comme à l’école maternelle!!!). Bonjour Madame Untel, bonjour Philippe, Bonjour Mama Kapi. ..

Quand les gens font allusion à une histoire qu’ils m’ont racontée entre deux portes alors que quelqu’un d’autre me parlait dans l’oreille gauche, ils seraient trop vexés que je ne m’en souvienne pas, alors j’écoute sans rien dire et je souris en acquiescant. Tout le monde est content, et moi, je recollerai les morceaux du puzzle plus tard.  Chaque personne est importante et son histoire l’est aussi, alors l’effort vaut la peine d’être fait. Prenez courage, même si le dimanche soir, vous êtes sous “tente à oxygène”, dans quelques temps, vous connaitrez tout le monde.  C’est un vrai sujet de prière et il faut compter sur la grâce de Dieu car on sait que les premières impressions qu’on laisse sont fondamentales pour la suite de l’intégration.

Ne soyez pas trop inquiète, cette église sera très différente de la précédente, et les attentes aussi, mais avec la grâce de Dieu, on avance pas à pas, et on entre dans ces nouvelles œuvres. Courage ! Il y a du bon dans toute situation !

-L’accueil d’une nouvelle famille pastorale:

Si vous accueillez une nouvelle famille pastorale dans votre église, faites tout pour les mettre à l’aise et proposez-leur votre aide. Ne leur sautez pas dessus pour les accabler de vos problèmes, laissez-les arriver. Ils prennent soin des autres toute l’année, alors pour une fois, chouchoutez-les un peu et inversez les rôles : bénissez-les. Ne les jugez pas trop vite, prenez le temps d’apprendre à les connaître et s’ils vous font une mauvaise impression de départ, ou que vous ayez eu de mauvais échos à leur sujet, laissez-leur une chance de vous montrer à quel point ce sont de bonnes personnes…

C’est vraiment tout un défi de déménager, et il faut être bien préparée et déterminée à s’adapter coûte que coûte. La réussite de l’adaptation dépendra à 10% des circonstances réelles, et à 90% de la façon dont on prendra les choses….alors mieux vaut prendre le taureau par les cornes et mettre toutes les chances de notre côté !  L’adaptation, ça se choisit et ça se décide ! Alors à vous de jouer!

Bon emménagement !

Première partie:  Réussir son adaptation

Deuxième partie:  S’intéger dans sa nouvelle église

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