Le pouvoir guérissant du pardon

Auteur: Karen O'Connor

Comment pouvais-je pardonner à la femme qui avait séduit mon mari pour ensuite l’épouser?

Je pensais à elle. Je rêvais à elle. Chaque femme que je rencontrais me faisait penser à elle. Certaines portaient son nom, Cathy. D’autres avaient ses profonds yeux bleus ou ses cheveux foncés et bouclés. La moindre ressemblance me donnait un coup dans l’estomac.

Je me sentais piégée par mes pensées

Les jours, les semaines, les mois passèrent. Ne serais-je jamais libérée de cette femme qui avait séduit mon mari et qui l’avait finalement épousé? Je ne pouvais pas continuer comme ça. Les rages sans fin, le ressentiment, la culpabilité et la colère m’envahissaient. Je suis allée en thérapie. J’ai assisté à des cours, des séminaires et des ateliers sur l’autosuffisance. J’ai lu des livres. J’ai parlé à tous ceux qui voulaient bien m’écouter.

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J’ai couru. J’ai marché sur la plage. J’ai roulé des kilomètres sans but. J’ai hurlé la nuit dans mon oreiller. J’ai médité. J’ai prié. Je me suis blâmée. J’ai fait tout ce que je savais pouvoir faire — sauf capituler.

Un certain samedi, j’ai choisi de participer à une journée de réflexion organisée dans une église locale sur le thème du pouvoir guérissant du pardon. Après quelques discussions et échanges, les participants durent fermer les yeux puis trouver une personne dans leur vie à laquelle ils n’avaient pas pardonné — quelle qu’en soit la raison.

Je ne voulais pas lui pardonner

Ensuite, l’animateur nous a demandé d’examiner si nous voulions pardonner à cette personne ou non. Ma première pensée a été pour Cathy. Mon estomac était bouleversé. Mes mains sont devenues moites et ma tête s’est mise à tourner. Je voulais sortir de cette pièce, mais quelque chose me laissait clouée sur place.

Comment pouvais-je pardonner à quelqu’un comme Cathy? Elle avait fait du tort, non seulement à moi-même, mais aussi à mes enfants. Alors, j’ai tourné mon attention vers d’autres personnes dans ma vie. Ma mère. Elle serait facile à pardonner. Ou mon amie Ann, ou mon ancienne prof d’anglais à l’école. N’importe qui sauf Cathy. Mais je ne pouvais m’esquiver de la volonté de Dieu. Son nom était toujours là et son visage devenait de plus en plus prononcé dans mes pensées.

C’est alors qu’une petite voix intérieure m’a demandé gentiment, « Es-tu prête à laisser aller tout cela? À la libérer? À te pardonner à toi-même, aussi? »

Mon refus de pardonner était en train de me détruire

J’avais alternativement chaud et froid. J’ai commencé à trembler. J’étais certaine que tous ceux qui m’entouraient entendaient battre mon cœur. Oui, je voulais m’en libérer. Je ne pouvais plus supporter ma colère. Elle était en train de me tuer à petit feu. C’est à cet instant qu’une transformation incroyable s’est effectuée en moi. J’ai simplement lâché prise.

Quelle liberté! 

Je ne peux pas décrire cet instant. Je ne sais pas ce qui est arrivé ou ce qui m’a poussée à décider à ce moment précis de cesser de résister à Dieu. Tout ce que je sais, c’est que, pour la première fois depuis quatre ans, je m’étais totalement abandonnée au Saint-Esprit. J’ai remis Cathy, mon ex-mari et moi-même entre les mains de Dieu, décidée de me fier à lui pour la capacité de laisser aller ma colère, et elle s’est envolée.

En quelques secondes, j’ai repris de l’énergie. Mon esprit est devenu alerte; mon cœur s’est éclairci. J’ai soudain compris qu’aussi longtemps que je refusais de pardonner ne serait-ce qu’à une seule personne, je cessais de marcher avec Dieu.

Comme j’avais été rigoureuse! Combien arrogante et possessive! Comme il avait été important pour moi d’avoir raison, quel qu’en soit le prix. Et ça m’avait coûté bien cher — ma santé, ma spontanéité, ma vivacité.

Je n’avais aucune idée de ce qui allait suivre cette décision, mais ça n’avait pas d’importance. Cette nuit-là, j’ai dormi jusqu’au matin. Sans rêves. Sans que son visage me hante. Sans réminiscences.

Si ça n’avait été que de moi, je ne pense pas que j’aurais eu le courage ou la générosité de faire le premier pas. Mais ça n’était pas que de moi. Maintenant que j’obéissais à sa volonté en me fiant à sa puissance, le Saint-Esprit agissait en moi sans obstacle.

Une lettre de réconciliation

Le lundi suivant, je suis allé dans mon bureau pour écrire une lettre à Cathy. Les mots venaient sans effort.

« Chère Cathy, » commençais-je. « Samedi matin…, » et je lui ai raconté tout ce qui était arrivé.

Le mercredi après-midi de cette même semaine, le téléphone a sonné

« Karen? »

Il n’y avait aucun doute sur l’identité de la voix.

« C’est Cathy, » dit-elle doucement.

À mon étonnement, mon esprit et mon corps restèrent calmes. Ma voix était ferme et assurée. J’écoutais plus que je ne parlais — chose inhabituelle chez moi. En fait, je trouvais que ce que Cathy avait à dire était intéressant.

Elle m’a remercié pour ma lettre en reconnaissant le courage que cela a exigé de ma part. Elle m’a ensuite avoué à quel point elle était désolée — pour tout. Elle m’a parlé brièvement de ses regrets et de sa tristesse et de bien d’autres choses encore. Elle m’a dit ce jour-là tout ce que j’avais toujours voulu entendre de sa part.

La paix de Dieu

En raccrochant le combiné, j’ai découvert que, aussi agréable qu’il était d’entendre ses paroles de regret, elles pâlissaient devant ce que Dieu avait fait pour moi. La vérité que j’avais cherchée toute ma vie s’était révélée dans le traumatisme de mon divorce. Dieu est ma source, ma force, mon vrai soutien. Il est le seul capable de guérir mon âme. Pendant quatre ans, j’avais été sous l’emprise de l’extérieur, des raisons, des mensonges, des excuses, de la jalousie, de la colère. Maintenant, je savais vraiment qu’aucune blessure n’était insurmontable si je continuais à me fier pleinement aux ressources que Dieu me donne par son Esprit. Personne ne peut me voler ma vie — à moins que je ne les y autorise.

Ma vie appartient à Christ. Toute expérience, aussi douloureuse ou déroutante qu’elle puisse être, peut servir à ma croissance spirituelle si je marche dans la puissance de l’Esprit par la foi (Romains 8).

J’ai depuis commencé une nouvelle vie dans une autre ville, libérée de ces entraves que sont la jalousie, la colère et le ressentiment et prête à goûter à tout ce que Dieu a pour moi. « Car la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite » (Romains 12.2).

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2 réponses à “Le pouvoir guérissant du pardon”

  • je suis très heureux de recevoir des témoignages édifiant permettant de grandir spirituellement ma fois en Jésus Christ

  • DAVID Guy says:

    ou http://forum.centre-de-vie.com
    Bonjour de France.
    je suis sonné par votre témoignage, d’autant plus que la semaine dernière en tant qu’ancien, j’ai préché sur le thème ” les bienfaits du Pardon” Comme vous, marié et chrétiens tous les deux j’ai été trahi par une épouse infidèle, comme vous, je ne pouvais pas pardonner mais après un long moment de lutte, mais je devais lui pardonner pour être agréable à Dieu. Meurtri j’en ai même quitté l’église 12 années, mais le Seigneur est venu me rechercher pour que j’apporte la bonne Parole de Dieu à mes frères et soeurs en Christ.LE Seigneur par sa grandeur et son Amour, m’a montré très souvent que nous avons besoin d’être d’avantage à son écoute,car lorsque je priais, mes prières étaient que basées sur des demandes, mais par contre mon tord, et je le reconnais, je ne savais pas rester dans sa Présence et dans le silence afin d’attendre qu’il me réponde.
    Voilà au moins une leçon que j’ai gravé sur les tablettes de mon coeur. Que Dieu vous bénisse.
    pseudo verdacg
    Guy.
    PS: je fréquente l’église pentecôtiste nommée “centre évangélique de Béthune” située dans le nord de la France.
    Ma position dans l’église Ancien
    Au plaisir de pouvoir vous lire.

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